Connexion
/ Inscription
Mon espace
Etudes & Enquêtes
ABONNÉS
Partager par Linked-In
Partager par Xing
Partager par Facebook
Partager par email
Suivez-nous sur feedly

[Expertises] Engagement des patients : l’Impact Tank rend public son rapport

Le 13 avril 2026, à l’occasion du 4e Sommet de la Mesure d’Impact, l’Impact Tank, premier think-and-do-tank dédié à la mesure d’impact et aux innovations sociales créé à l’initiative du Groupe SOS et quatre universités (Sciences Po, Sorbonne Université, Conservatoire National des Arts et Métiers, Paris Dauphine-PSL), publie son rapport « Repenser la place du patient dans le système de santé : impact du partenariat en santé ».

 

Fruit d’un travail collectif, ce rapport a fédéré une vingtaine de personnes représentant plusieurs acteurs associatifs, publics et privés tels que la Fondation de France, l’Hôpital Paul Guiraud, l’Institut Imagine, Novo Nordisk, Patient Conseil, Pfizer et bien d’autres. Il a été rédigé sous la responsabilité de

Tony Bernard, directeur général de l’Impact Tank, et Mathilde Chevalier-Pruvo, philosophe du soin et de la santé et Directrice Vision de la santé et Affaires Publiques chez Withings. Le rapport livre un état des lieux de l’engagement des patients en France, recense un large panel d’initiatives sur le sujet, propose un référentiel d’indicateurs d’impact commun, et formule des recommandations concrètes pour inscrire le savoir expérientiel des patients au cœur des politiques de santé.


La perception du patient dans le parcours de soin est passée, au cours du XXe siècle (notamment avec l’association de lutte contre le SIDA ACT UP dans les années 1980), d’un rôle passif à une figure active et déterminante pour la qualité de la prise en charge.

 

On note plusieurs niveaux d’engagement et d’inclusion du patient dans l’écosystème de soins, qui vont de la simple éducation thérapeutique jusqu’au partenariat, qui place le patient en co-acteur et co-constructeur de son parcours de soin, et valorise ses savoirs et ses compétences.

 

Le partenariat, l’engagement et l’expertise des patients gagnent progressivement en crédibilité aux yeux du corps médical et des acteurs traditionnels du monde de la santé en France, notamment par l’intermédiaire de nombreuses initiatives portées par des acteurs associatifs, privés et publics, que ce rapport recense de manière non-exhaustive.

 

Chiffres clés sur les initiatives recensées


     176 initiatives, portées par 172 structures, favorisant l’engagement des patients recensées par le groupe de travail.

     Le secteur associatif compte pour près de deux tiers (65%) des structures de l’échantillon. Les établissements publics représentent 17%.

     Près de la moitié des actions (49%) s’adressent aux patients, usagers, et personnes concernées par une vulnérabilité. 30% s’adressent à des pairs-aidants (actuels ou souhaitant le devenir) et des proches de patients, et 12% à des professionnels ou étudiants en santé.

     Plus de la moitié (52%) agissent à l’échelle nationale, contre 30% en local et 18% en régional.

 

Parmi les initiatives recensées par le groupe de travail, 8 ont particulièrement retenu l’attention des auteurs du rapport, pour leur capacité à prouver leur impact et la diversité des publics qu’elles touchent et des problématiques auxquelles elles répondent, dont :

     Arcat – association du Groupe SOS engagée depuis plus de 40 ans dans la lutte contre le VIH et les hépatites virales. Elle est notamment active auprès de communautés de ressortissants d’Amérique latine et de Chine, mais aussi de personnes migrantes en situation de précarité, exposées au VIH ou vivant avec le VIH. L’association soutient le parcours de professionnalisation de plus de 800 médiateurs et autres professionnels de santé chaque année, et accompagne plus de 3000 personnes par an.

     Clubhouse France - association qui accompagne les personnes souffrant d'un trouble psychique (schizophrénie, bipolarité, dépression sévère) dans leur réinsertion sociale et professionnelle. Après une première expérimentation réussie à Paris en 2011, 12 espaces en France accompagnent des centaines de bénéficiaires dans un cadre stable, non-médicalisé, dans une logique de bienveillance, d'autodétermination et d'émancipation.

     Jeune & Rose - association de patientes pour des jeunes femmes atteintes d'un cancer du sein. Proposant un réseau d'entraide et de prévention, des espaces de parole réguliers en présentiel ou a distance, l'association lutte contre l'isolement des jeunes patientes et sensibilise le grand public à mieux connaître cette pathologie pour mieux s'en prémunir. Elle a été fondée en 2017 par deux jeunes mères qui se rencontrent au cours de leurs parcours de soins, et a sensibilisé près de 26 000 personnes et accompagné près de 2000 jeunes femmes.

 

Pour conclure le rapport, le groupe de travail formule 21 recommandations qui ont pour objectif de favoriser le déploiement de la pair-aidance, renforcer l’engagement des patients partenaires dans la recherche et l’innovation, améliorer la démocratie en santé et structurer la place des patients partenaires. Parmi ces recommandations :

     Organiser des États généraux du partenariat en santé pour une vision partagée et un cadre national cohérent, qui devront mettre autour de la table patients partenaires et leurs associations, professionnels de santé, institutions académiques et de recherche, autorités de santé, organismes de financement et acteurs du secteur privé.

     Etablir un statut juridique et administratif clair pour sécuriser et pérenniser l’engagement des patients, dont l’absence est actuellement une source majeure de précarité et de blocage au niveaux administratif, financier et légal. Un cadre à l’échelle nationale permettrait aux institutions d’intégrer les patients partenaires sous différentes formes (bénévolat, indemnisation, salariat).

     Évaluer et valoriser l’impact de l’intégration des patients partenaires pairs-aidants, non seulement sur le bien-être des patients (amélioration de la qualité de vie, de l’adhésion thérapeutique), mais aussi sur celui des équipes soignantes (réduction de la charge émotionnelle, satisfaction au travail) et sur l’organisation des soins (fluidité du parcours de soins, réduction des réhospitalisations).

 

« La richesse du savoir expérientiel que peut apporter le patient au parcours de soin et à la recherche commence à occuper une place non-négligeable dans la prise en charge médicale en France », explique Tony Bernard, Directeur général de l’Impact Tank. « Les initiatives que nous avons recensées illustrent la vitalité du terrain sur ce sujet ; il faut à présent généraliser les pratiques de mesure d’impact fiables et partagées, inscrire l’engagement des patients dans les structures, les statuts et les gouvernances des organisations, afin d’institutionnaliser l’engagement du patient dans le parcours de soins et poser les jalons d’une démocratie en santé. »

Lire la suite...


Articles en relation