Un
accompagnement de proximité renforcé, au plus près des besoins des chefs d’entreprise.
En 2025, le Médiateur des entreprises enregistre une progression soutenue
de son activité, signe des tensions qui traversent l’économie mais aussi d’une
évolution plus profonde : la médiation est de mieux en mieux identifiée comme
mode de résolution des différends. En 2026, dans un contexte économique qui
fragilise de nombreuses entreprises et met sous tension les relations entre
partenaires, le Médiateur des entreprises est pleinement mobilisé dans le cadre
de la réponse portée par les pouvoirs publics, avec une mission particulière
confiée par le Gouvernement auprès du secteur des transports de marchandises.
Pour cela, il met à disposition son savoir-faire, son expérience du dialogue et
ses moyens d’action pour accompagner les filières économiques, restaurer la
confiance et aider entreprises et organisations, en particulier les plus
fragiles, à traverser cette période. Son action repose sur une conviction : la
sortie des tensions passe aussi par une solidarité intelligente entre donneurs
d’ordre et fournisseurs — car l’égoïsme, lui, est souvent perdant.
Une appropriation croissante de la pratique de la médiation par les
entreprises
Avec 2 101 demandes de médiation enregistrées en 2025, soit une
progression de +10,5 % par rapport à 2024, l’activité du Médiateur des
entreprises atteint son plus haut niveau hors période de crise sanitaire. Cette hausse reflète à la fois les tensions économiques auxquelles les
entreprises sont confrontées, mais révèle aussi une évolution plus structurelle
: la médiation s’ancre progressivement
comme un réflexe de résolution des différends, identifiée par un nombre
croissant d’acteurs économiques comme une solution concrète, rapide et
confidentielle. Le taux de succès des médiations continue de s’établir à 70 %.
Pour Pierre Pelouzet, médiateur des entreprises : « La hausse du nombre de saisines en 2025 reflète les tensions
contractuelles auxquelles les entreprises sont confrontées. Mais elle peut
aussi traduire une évolution plus profonde : dans les moments de tension, le
recours à la médiation traduit une volonté croissante de rechercher des
solutions par le dialogue plutôt que par la rupture et le repli sur soi. C’est
une forme de solidarité économique concrète qui prend toute sa valeur dans le
contexte actuel — une solidarité intelligente, car face à la crise, l’égoïsme
est le plus souvent perdant. Cette dynamique s’accentue depuis début 2026. Dans
ce contexte, nous devons plus que jamais renforcer notre rôle d’accompagnement
des entreprises. »
En 2025, les conditions de paiement restent le premier motif de litige
(27%), confirmant que les tensions de trésorerie demeurent un point de tension
majeur, en particulier pour les plus petites structures. Par ailleurs, la part
des saisines concernant les litiges avec l’administration (hors marché public)
et les différends hors contrat, a fortement augmenté, passant de 7% à 12% du
total en 2025. Cette évolution traduit une appropriation plus large de la
médiation par les acteurs économiques, y compris dans des situations qui
dépassent le seul cadre contractuel classique. Elle confirme la place
croissante du dialogue comme mode de résolution des différends entre
entreprises et sphère publique. Enfin, le secteur des services continue de
représenter le premier foyer de litiges (58,4%), suivi de l’industrie (19%) et
du commerce (15%).
Une reconnaissance accrue de la médiation par les TPE et PME
Le Médiateur des entreprises s’impose de plus en plus comme un recours
naturel pour les petites entreprises :
• 80% des saisines émanent
d’entreprises de moins de 25 salariés (+7% par rapport à 2024)
• Les entreprises unipersonnelles
représentent une part croissante des demandes, passant de
29,1% à 37,4%
Cette évolution constitue l’un des marqueurs les plus nets de l’ancrage
progressif de la culture de la médiation dans le tissu entrepreneurial.
Pour Nicolas Mohr, directeur général du Médiateur des entreprises : « Les TPE et PME, et plus particulièrement les entreprises
unipersonnelles, sont de plus en nombreuses à se tourner vers notre service
pour être entendues et accompagnées. L’augmentation des saisines émanant de ces
structures en 2025 témoigne à la fois des difficultés qu’elles peuvent
rencontrer, mais aussi de la confiance qu’elles accordent à notre dispositif.
Être à leurs côtés constitue une responsabilité particulière : celle
d’accompagner un tissu entrepreneurial qui fait la vitalité du territoire et de
notre économie. Cela suppose aussi d’adapter en permanence notre action, au
plus près des réalités du moment, en suivant étroitement l’évolution de la
conjoncture et les signaux faibles remontés du terrain. »
Une stratégie de proximité renforcée : « aller vers » les entreprises
Le Médiateur des entreprises a intensifié en 2025 sa stratégie de
terrain, fondée sur une logique d’aller au devant des chefs d’entreprise. Cette
dynamique s’est articulée autour de 3 actions principales :
• Le tour de France des médiateurs : 25 déplacements sur tout le
territoire qui ont contribué au renforcement de la visibilité des dispositifs
d’accompagnement et de soutien dont les entreprises peuvent bénéficier. Ces
déplacements ont notamment permis de diffuser largement la « boîte à outils du
dirigeant » (BAO) ;
• La Charte de confiance : issue du rapport des médiateurs au
Gouvernement et portée par la Médiation du Crédit. Signée par plus de 35
acteurs privés, publics et associatifs, ce document vise à passer d’une logique
de réaction à une logique d’anticipation dans la détection précoce des
fragilités rencontrées par les entreprises ;
• Le renforcement des coopérations avec les acteurs institutionnels et
économiques clés.
Une montée en puissance en matière d’achats responsables de la part des
entreprises
Le changement d’échelle de la culture du dialogue ne se limite pas au
traitement des différends. Il s’observe également dans l’évolution des
comportements d’achats et dans la diffusion de pratiques plus responsables au
sein des acteurs publics et privés.
Dans ce contexte de transformation des pratiques économiques, la
dynamique autour de la charte et du label Relations Fournisseurs et Achats
Responsables (RFAR) s’est nettement accélérée :
• 3 080 organisations signataires de la charte (+9 % en un an) ;
• 136 organisations labellisées (+14 %) ;
• Les labellisés représentent 186 milliards d’euros de volume d’achat
annue.
Elle s’inscrit également dans une performance globale reconnue des
entreprises françaises. En effet, selon la 6ème étude réalisée conjointement
avec EcoVadis, la France se classe 3ᵉ mondiale en matière de RSE, faisant des
achats responsables un levier clé de compétitivité.
Un réseau d’une centaine de médiateurs engagés sur tout le territoire
Derrière ces résultats, le Médiateur des entreprises s’appuie avant tout sur un collectif de plus d’une centaine de femmes et d’hommes engagés sur l’ensemble du territoire. Par leur expertise, leur connaissance des réalités économiques locales et leur capacité à recréer les conditions du dialogue, ils constituent l’infrastructure humaine de cette culture de la médiation en expansion. Le bilan 2025 met aussi en lumière leurs regards et leurs expériences de terrain, à travers des thématiques variées – des enjeux énergétiques à la filière navale, de la définition d’une médiation réussie aux pratiques à l’ère du numérique – illustrant une mobilisation humaine constante au service du dialogue et de la confiance.


