Instance rattachée au
Comité national de l’eau (CNE), le Comité d’anticipation et de suivi
hydrologique (CASH), s’est réuni lundi 18 mai sous la présidence de Jean
Launay, en présence de Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de
la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature
et de Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique.
Cette réunion marque le
lancement du cycle 2026 du CASH, créé en 2021 afin de renforcer l’anticipation
des épisodes de sécheresse et d’accompagner les territoires dans l’adaptation
aux effets du changement climatique.
À quelques semaines de
la période estivale, les échanges ont permis de dresser un état de la ressource
en eau et des perspectives hydrologiques pour les prochains mois, grâce aux
contributions des services et opérateurs mobilisés sur le suivi météorologique,
hydrologique et environnemental.
Sur la saison de
recharge, les précipitations ont été globalement excédentaires sur le
territoire avec un mois de février exceptionnellement pluvieux et des cumuls
particulièrement élevés en Bretagne, PACA, Corse ainsi que dans plusieurs
régions du centre et du sud-ouest. À l’inverse, le mois d’avril 2026 a été
marqué par un déficit pluviométrique de 70 % à l’échelle nationale, se classant
au quatrième rang des mois d’avril les plus secs depuis 1959.
Les pluies observées
depuis le début du mois de mai ont toutefois permis une amélioration de la
situation hydrique sur une grande partie du territoire, même si une bande
allant du nord de la Nouvelle-Aquitaine au nord-est du pays demeure plus sèche
que les normales saisonnières.
Le bilan de
l’enneigement présenté par Météo-France fait apparaître une fin de saison
fortement déficitaire dans les Alpes et les Pyrénées, malgré des situations
plus favorables au cœur de l’hiver. En Corse, l’enneigement, plus tardif, est
resté excédentaire tout au long de la saison.
Les membres du CASH ont
également examiné la situation des nappes souterraines suivies par le Bureau de
Recherches Géologiques et Minières (BRGM). La recharge hivernale, soutenue
notamment par les épisodes pluvieux de février, a permis une amélioration des
nappes inertielles sur plusieurs secteurs du territoire, tandis que les nappes
réactives présentent des situations plus contrastées.
Au 1er mai 2026, 66 % des nappes affichent des niveaux au-dessus ou proches des normales et
26 % des
niveaux proches des normales. Les situations les plus favorables concernent
notamment la Beauce, l’Armagnac, le Sundgau, l’est lyonnais ainsi qu’une partie
du sud-ouest et du pourtour méditerranéen. Toutefois, plusieurs secteurs du
Cotentin, du Massif central, de Lorraine ou encore des Vosges présentent des
niveaux modérément inférieurs aux normales. Les nappes des Pyrénées-Orientales
ont quant à elles retrouvé des niveaux proches, voire supérieurs, aux normales.
Les travaux ont
également porté sur les enseignements tirés de la sécheresse de 2025, marquée
par des épisodes de canicule particulièrement intenses et une multiplication
des restrictions d’usage de l’eau sur le territoire national. Les membres du
CASH ont rappelé que les sécheresses répétées observées ces dernières années
confirment l’installation durable d’une pression accrue sur la ressource en
eau.
À cette occasion, les
participants ont souligné la nécessité de poursuivre les efforts engagés pour
renforcer la résilience des territoires et adapter durablement les usages de
l’eau aux conséquences du changement climatique.
Les échanges ont
notamment permis d’aborder :
• L’amélioration de la connaissance de l’état
des ressources en eau et des prélèvements ;
• La gestion structurelle des déficits
quantitatifs ;
• Les évolutions des outils de gouvernance
territoriale de l’eau ;
• Le développement d’approches plus
participatives dans la gestion de la sécheresse ;
• Ainsi que les dispositifs d’anticipation et
d’aide à la décision à destination des préfets et des acteurs locaux.
Les membres du CASH ont
enfin rappelé l’importance de poursuivre les actions engagées dans le cadre du
Plan Eau afin de réduire durablement les prélèvements, renforcer la sobriété
des usages et mieux anticiper les crises à venir.
Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature conclut : « Ce qui relevait autrefois de l’aléa ponctuel devient progressivement une réalité structurelle. Gérer l’eau aujourd’hui, ce n’est plus seulement faire face à une crise saisonnière : c’est préparer durablement l’avenir, en garantissant une répartition équitable d’une ressource devenue plus rare et plus précieuse. »


