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[Etudes] 1er Baromètre du bilan énergétique des fermes françaises

À l’occasion du Salon de l’agriculture édition 2026, Fabacéé, premier et unique programme agricole CEE qui accompagne les agriculteurs vers la réduction de leur consommation d’énergie, a dévoilé son premier “Baromètre du bilan énergétique des fermes françaises”.

 

Cette étude exclusive, menée auprès de 1 000 exploitations parmi les 3 000 ayant rejoint le programme en 2025, propose une analyse de leurs consommations d’énergie directe et indirecte, des dépenses engagées par les agriculteurs et des leviers d’économies identifiés à l’échelle des exploitations.

Elle est complétée par des focus sectoriels consacrés aux grandes cultures, à l’élevage bovin lait et à la viticulture.


Alors, quels sont les principaux enseignements de cette étude ? Quel est le coût énergétique moyen d’une ferme française en 2026 ? Quels postes se révèlent les plus énergivores ? Et surtout, quels leviers d’optimisation peuvent être activés ? Éléments de réponse ci-après.

 

Des niveaux de consommation qui pèsent sur les charges des exploitations

 

À l’issue de la phase de diagnostic réalisée en 2025 par les animateurs financés par le programme auprès des 1 000 premières exploitations ayant rejoint le programme, Fabacéé révèle que les fermes analysées consomment une moyenne de 331 420 kWh par ferme (soit l’équivalent de l’électricité annuelle d’environ 70 foyers français). Rapportée en euros, cette consommation représente une dépense moyenne de 38 000 euros par exploitation et par an, soit 20% du chiffre d'affaires moyen d’une exploitation.

 

Derrière cette moyenne se cachent toutefois de fortes disparités selon les systèmes de production.

Avec 779 482 kWh consommés par exploitation et par an, les fermes en grandes cultures apparaissent de loin comme les plus énergivores. Elles consomment deux fois plus que les élevages bovins laitiers

(349 948 kWh par ferme et par an) et près de sept fois plus que les exploitations viticoles

(92 518 kWh par ferme et par an).

 

Logiquement, les budgets énergétiques suivent la même tendance, avec une dépense annuelle estimée à 65 130 € pour les grandes cultures, 38 500 € pour les élevages bovins laitiers et 20 715 € pour la viticulture.

 

GNR et engrais au oeur des charges

 

Les diagnostics de Fabacéé révèlent un constat clair : la consommation énergétique des exploitations agricoles s’articule autour du GNR (Gaz Non Routier utilisé pour alimenter tous les travaux mécanisés) et des engrais, A eux deux, ces postes comptent entre 50 et 75% de la conso des fermes représentées dans l'échantillon

 

Dans les exploitations en grandes cultures, les engrais représentent à eux seuls 50 % de la consommation énergétique, devant le GNR (23 %) ). Dans les élevages bovins laitiers, la consommation se répartit principalement entre le GNR (34 %), l’alimentation animale (29 %), les engrais (17 %) et l’électricité (12 %). En viticulture, le GNR constitue également le premier poste (37 %), suivi des engrais (33 %) et des autres intrants, comme les produits phytosanitaires et les emballages (26 %).

 

Plus de 10% d’économies possibles grâce à des leviers ciblés

 

À l’issue de cette première phase, pour réduire la consommation énergétique des exploitations diagnostiquées, les 140 animateurs ainsi que les groupes d’agriculteurs bénéficiaires du programme Fabacéé ont identifié plusieurs leviers d’action concrets et dont l’impact est chiffré. Le principal poste de réduction concerne le GNR : grâce à l’éco-conduite, et aux changements dans les itinéraires techniques (dont la réduction du travail du sol), des économies significatives peuvent être réalisées. Leur poids est estimé entre 45 % et 75 % du potentiel total d’économie d’énergie selon les filières.

 

Les actions agissant sur la consommation d’engrais minéraux (des leviers de pilotage de l’azote - via OAD et matériel d’épandage - jusqu’aux leviers d'amélioration de la fertilité des sols - travail du sol et introduction de légumineuses) permettrait de réaliser 20 % à 40 % du total du potentiel d’économies envisagé. Par ailleurs, les actions améliorant l’autonomie fourragère (gestion de l’herbe et du pâturage, augmentation de la quantité de légumineuses dans les rations) contribuerait à une diminution de la consommation d’énergie pouvant aller de 7 % pour les grandes cultures à 17 % pour l’élevage bovins lait.

 

Enfin, l’amélioration de l’efficacité énergétique des équipements électriques (chauffe-eau solaire, récupérateur de chaleur, pré-refroidisseur de lait) offrirait plus de 15 % de gains supplémentaires dans les élevages laitiers.


Au total, les leviers identifiés par Fabacéé permettraient aux exploitations de réduire de plus de 10% leur consommation énergétique globale, directe comme indirecte. Il est également intéressant de constater que cet objectif d’économie est aussi possible sur des fermes embarquées dans le programme déjà optimisées au niveau énergétique.

 

Romain Behaghel, Responsable du programme Fabacéé, indique : « Les résultats de ce baromètre sont le fruit du travail de terrain mené par les 140 animateurs du collectif aux côtés des agriculteurs engagés dans notre programme. Ils démontrent que chaque exploitation dispose d’un potentiel pour diminuer sa consommation d’énergie Dans un contexte agricole sous tension, où le modèle économique de certaines filières est fragilisé, le constat que nous dressons aujourd’hui doit être un moteur de confiance et d’action. » 


Bonne nouvelle : les plans d’action d’économie d’énergie de ces 1000 premières exploitations agricoles engagées dans le programme vont permettre d’économiser un volume d’énergie de 0,32 TWhc, soit l’équivalent de 5% de la production d’un réacteur nucléaire en France, ce qui correspond à 25% de l’objectif total d’économie d’énergie d’ici à fin 2027 de ce premier programme CEE financé pour le secteur de l’agriculture.

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