France
Assureurs et Argos, l’organisme professionnel affilié à la Fédération qui lutte
contre le vol de véhicules, publient leur Palmarès 2025 des véhicules volés.
Cette analyse est fondée sur les déclarations de vols de véhicules reçues par
les 55 assureurs adhérents d’Argos, qui représentent environ 99% du marché de
l’assurance automobile en France ; soit 34 millions de véhicules assurés contre
le vol sur un total de 45,5 millions de véhicules immatriculés.
En 2025, les vols sont
en baisse, sauf pour les engins de chantier et agricoles
En 2025, 64 088 véhicules ont été volés, soit une baisse de 9%. Dans le détail, les vols de voitures diminuent de 6% (44 104 voitures volées), ceux de véhicules deux roues de 17%, ce qui représente
15 975 deux roues volés. Les vols de
véhicules utilitaires baissent de 9% (2 480 véhicules). Seuls les vols d’engins
de chantier et agricoles sont en forte hausse de 14%, soit 1 529 véhicules.
Après une hausse continue depuis plusieurs années (+5% en 2024 et +11% en
2023), l’année 2025 marque un retournement de tendance significatif.
En 2025, 18% des vols
de véhicules ont été enregistrés dans trois département seulement : les Bouches-du-Rhône,
puis le Nord et enfin le Rhône. Au total, 14 départements concentrent plus de
la moitié des vols. Cette concentration s’explique par la localisation des vols
dans des territoires qui offrent des conditions logistiques favorables à la
revente dans d’autres pays (proximité de ports, de grands axes autoroutiers ou
de frontières) ainsi que par l’implantation locale de réseaux criminels
structurés, capables d’organiser le vol et la revente.
Pour les voitures, la
Toyota RAV4 V arrive en tête du classement, suivie par la Hyundai Tucson IV
puis la Toyota C-HR.
Sans surprise, ce sont les véhicules les plus recherchés lors de la revente qui
sont aussi les plus volés, l’offre répondant à la demande. L’absence notable de
voitures électriques dans les 10 premières places du classement, s’explique
notamment par les difficultés de revente dans de nombreux pays où les
infrastructures de recharges sont encore inexistantes. On remarque aussi dans
le Palmarès l’absence des modèles les plus haut de gamme, au niveau de
sécurisation souvent supérieur.
Le parc automobile
évolue et le vol se professionnalise
En 2010, les vols avec effraction représentaient 80 % des cas, contre seulement 30% en 2025.
Des outils mécaniques et électroniques, en vente libre sur internet, permettent en effet désormais de voler un véhicule sans effraction visible, par exemple avec un brouilleur empêchant la fermeture de la porte ou le piratage de la télécommande du véhicule. Ces outils dont le coût est conséquent – entre 4 000 et
5 000 euros – sont
majoritairement utilisés par des réseaux criminels organisés, transnationaux,
pour lesquels le vol de véhicules est une activité connexe à d’autres trafics
(stupéfiants, armes, etc.). Très souvent, les vols sont réalisés sur commande
et les véhicules ensuite revendus dans d’autres pays, très loin du traditionnel
vol « d’opportunité ».
Par ailleurs, trois
mutations en cours du parc automobile français contribuent à la baisse des vols
de voitures et de camions. D’abord, la proportion de véhicules électriques, moins
prisés par les voleurs, est en augmentation. Par ailleurs, la remise en
circulation des véhicules volés gagne en complexité. Enfin, le développement du
leasing renouvelle le parc automobile avec des véhicules haut de gamme de plus
en plus sécurisés, ce qui explique d’ailleurs que certains malfaiteurs se
tournent vers le détournement de véhicules en leasing, facilité par les failles
du système d’immatriculation (SIV).
En revanche, les vols
d’engins agricoles et de chantier, plus faciles à dérober, sont en forte hausse
de 14%.
C’est pourquoi les assureurs sont parties prenantes de la commission « Halte
aux vols » qui rassemble Argos, France Assureurs, les forces de l’ordre et la
fédération DLR pour créer un référencement permettant d’assurer la traçabilité
des engins et de faciliter leur identification.
Les forces de l’ordre,
en partenariat avec les assureurs, retrouvent 40 % des voitures volées
La collaboration entre
assureurs et forces de l’ordre permet de retrouver 40% des voitures volées, un
quart des deux-roues et un véhicule utilitaire sur 10. Parmi les voitures
retrouvées, 1/3 le sont en moins d’une semaine et 2/3 en moins d’un mois. Il
est nécessaire d'agir vite car les véhicules traversent de plus en plus rapidement
les frontières. Pour y parvenir, en 2025, Argos a formé 4 000 policiers et
gendarmes à la lutte contre le vol. L’association d’assureurs fournit également
aux forces de l’ordre des outils et des données nécessaires à leurs enquêtes.
Elle a créé une plate-forme, ARGOS Tracking, qui transmet en temps réel aux centres
de commandement de police et gendarmerie les données de géolocalisation des
véhicules volés. Argos entretient aussi un dialogue suivi avec les
constructeurs pour mieux lutter contre le vol et maximiser la sécurité des
modèles dès leur conception.
Cependant contre le vol
de véhicules, la prévention reste la meilleure protection. Il est essentiel de
multiplier les systèmes de protection, depuis l’antivol labellisé SRA,
c’est-à-dire agréé par les assureurs, jusqu’à l’alarme ou le traceur GPS. Et
surtout d’adopter quelques réflexes :
• si vous stationnez en dehors d’un lieu fermé,
privilégiez une rue passante et bien éclairée ou un parking sous
vidéosurveillance ;
• évitez de garer votre véhicule toujours au
même endroit
sur la voie publique ou dans un parking ;
• ne laissez aucun objet visible dans le véhicule ;
• ne laissez jamais les clés dans le véhicule.
Florence Lustman, présidente de France Assureurs, rappelle : « Le vol de véhicules est un fléau mais ce n’est pas une fatalité. L’ensemble de l’écosystème de l’assurance est mobilisé, via Argos, pour lutter contre ce phénomène dont le coût est supporté avant tout par la communauté des assurés. Ce Palmarès des véhicules volés nous permet d’objectiver les tendances à l’œuvre pour trouver des solutions pérennes face aux réseaux mafieux qui, de plus en plus, volent et utilisent ces véhicules pour d’autres trafics. Avec les constructeurs automobiles, nous avons un intérêt commun à travailler ensemble pour une meilleure sécurisation des véhicules. Mais la prévention reste la première ligne de défense face au vol : nous voulons donc aussi faire œuvre de pédagogie au service de nos assurés. »


