Chiffres pour le 4ème trimestre 2025
UN TAUX MOYEN QUI
PROGRESSE PLUS NETTEMENT
En décembre 2025, le
taux moyen des crédits du secteur concurrentiel s’est établi à 3,17%, portant
la moyenne du 4ème trimestre à 3,14%.
Après un 1er trimestre
sous le signe de la baisse des taux (de 23 points de base – pdb), la stabilité
s’est installée durant 5 mois jusqu’à la fin de l’été.
Mais dès septembre, le
taux moyen est reparti à la hausse : entre juin et décembre, il a repris 11
pdb, de 3,06% à 3,17%.
Dans un contexte où la
demande de crédits souffre d’un léger repli, les banques ont dû passer d’un
ajustement des taux d’abord mesuré pour préserver leur activité de prêteur, à
une hausse plus nette pour renforcer leurs fonds propres. La prudence est de mise
dans un paysage politico-économique où l’incertitude persiste et un contexte de
taux obligataires orientés à la hausse sans que la BCE ait bougé ses taux de
refinancement depuis juin.
Après un semestre d’un
ajustement prudent, les taux des prêts à 25 ans ont finalement bondi de 13 pdb
durant le 2nd semestre et ceux à 20 ans de 10 pdb, alors que les taux des prêts
à 15 ans ont augmenté moins vite, de 8 pdb

UNE DURÉE MOYENNE
ÉLEVÉE POUR COMPENSER
En décembre 2025, comme
au 4ème trimestre, la durée moyenne des prêts accordés était de 250 mois.
La durée moyenne des
crédits octroyés reste très élevée depuis plus d’un an.
Les banques s’efforcent
de compenser la remontée du coût des opérations financées pour préserver la
solvabilité des emprunteurs, alors que la hausse des taux alourdit les
mensualités de remboursement.
L’annuité de
remboursement moyenne pour un emprunt de 100 K€ est stable depuis le début de
l’année. Elle est inférieure de 11.1% à celle de décembre 2023, mais elle
reste plus élevée de 18.5% par rapport à décembre 2021.
Cette stratégie des banques pour soutenir le marché atteint ses limites face à la montée de l’incertitude. Dans le détail de la structure de production, on voit moins de prêts longs avec un recul en proportion des prêts de 25 ans et plus, qui diminue de 45,4% en décembre contre 51,9% au 1er trimestre 2025. Dans cette situation, les jeunes seront les premiers candidats au crédit affecté par cette évolution quand on sait que 87,7% des emprunteurs de moins de 35 ans ont bénéficié d’un prêt d’une durée d’au moins 20 ans.

UNE MONTÉE DES PRIX QUI
IMPACTE L’ACCÈS AU CRÉDIT
La transformation des
catégories d’emprunteurs vers des ménages plus aisés se perçoit dans
l’augmentation nette des revenus (+2.4% en 2025, après +1.4% en 2024).
L’accès au crédit reste
plus compliqué pour les emprunteurs modestes faiblement dotés en apport
personnel. Les tensions sur les prix des logements sur tout le territoire,
notamment sur des marchés où l’offre est insuffisante, contribuent à une
remontée rapide du coût des opérations (+ 4.8% en 2025). Le coût relatif
s’établit à 4.2 années de revenus au 4ème trimestre 2025. Néanmoins il a
nettement reculé depuis 3 ans, compte tenu de la transformation des profils
emprunteurs.
Depuis trois ans, le
niveau moyen de l’apport personnel s’est stabilisé : les capacités de
mobilisation de ressources propres par les nouveaux acheteurs semblent avoir
atteint leurs limites. Et le niveau de l’apport moyen a fortement cru depuis
2019 (de 41.3%, au total), en réponse à l’instauration d’un plafonnement du
taux d’effort des emprunteurs.
UN RYTHME DE REPRISE
QUI RALENTIT
Depuis le début de
2025, le marché a fait preuve d’une activité très dynamique. Après un début
d’été qui a enregistré l’activité la plus soutenue de l’année, la suite a vu un
affaiblissement de la production de crédits. La conjoncture du marché doit composer
avec la dégradation du marché de l’emploi et du cadre politico-économique, le
resserrement de l’accès au crédit et l’affaiblissement des intentions d’achats
immobiliers.
Ajouté à cet
environnement peu favorable, la remontée des taux impacte aussi le rythme de
progression de l’activité, qui commence à fléchir. Au-delà des effets de
saisonnalité, le rythme de progression de l’activité reste positif mais est
maintenant 3 fois moins rapide qu’en mars : avec pour la production de crédits
mesurée en niveau trimestriel glissant, + 13.9 % en décembre 2025 en GA, contre
+ 48.4% en mars ; et + 20.1% pour le nombre de prêts accordés, contre + 52.8% en mars. L’atterrissage de la reprise est notable.
La production de
crédits s’est toutefois ressaisie depuis le printemps 2024. Tous les
indicateurs le confirment : mais les hésitations des intentions d’achats et de
la demande de crédits ont progressivement pesé sur les bons rythmes de
progression que l’on observait au 1er semestre 2025. L’activité progresse
encore mais les indicateurs analysés illustrent le ralentissement en cours. Les
évolutions se font moins rapides, annonçant un atterrissage de la conjoncture.
Il ne s’agit encore que d’un atterrissage, pas d’un retournement



