Dans une période d’incertitude et de défiance où les organisations doivent décider vite tout en rassurant, l’Observatoire B2V des Mémoires a mené un travail de fond avec plusieurs entreprises partenaires pour comprendre comment la mémoire agit comme un stabilisateur essentiel.
Leur
retour d’expérience montre que l’histoire, les savoir-faire et les valeurs
partagées constituent aujourd’hui des repères structurants pour renforcer
l’attractivité, fluidifier les transformations et consolider la cohérence interne.
Trois organisations :
L’Institut Pasteur de Lille, Okaïdi et SNCF en montrent les effets concrets,
parfois là où on ne les attend pas.
Mémoire : force
silencieuse au cœur des organisations
« Dans la plupart des
organisations, la mémoire agit comme une force silencieuse : elle structure les
pratiques, éclaire les décisions et façonne les liens, souvent sans être nommée, observe Anne
Kieffer, responsable partenariats à l’Observatoire B2V des Mémoires. Notre
travail montre qu’elle influence directement la manière dont les équipes vivent
les transformations, s’engagent et se projettent. »
En révélant cette
dimension invisible mais décisive, l’Observatoire B2V des Mémoires met en
lumière une réalité simple : la mémoire n’est pas un capital dormant, mais un
moteur d’action, qui crée de la stabilité là où l’environnement impose de la
vitesse. Et c’est précisément ce que démontrent trois organisations, chacune
sur un terrain différent.
Institut Pasteur de
Lille : la mémoire comme levier de confiance, de transmission et d’attractivité
À l’Institut Pasteur de
Lille, la mémoire n’est pas un simple héritage : elle est un socle vivant qui
structure la confiance avec les chercheurs, les talents, les partenaires et les
donateurs. L’histoire de Pasteur, Calmette et Guérin, tout autant scientifique
qu’humaniste, continue d’inspirer nos équipes et d’orienter nos engagements.
Cet héritage se
matérialise notamment dans un riche patrimoine documentaire, des archives
scientifiques régulièrement mobilisées par les chercheurs et un musée hybride,
conçu comme un espace de transmission, de curiosité et de pédagogie. Certaines
pièces, parmi les plus précieuses, viennent d’être confiées aux Archives
départementales afin d’en assurer la conservation et la valorisation.
Cette mémoire nourrit
notre mission, renforce notre crédibilité scientifique et contribue à fédérer
l’ensemble du campus Pasteur Lille autour d’une vision commune : comprendre,
prévenir et agir pour la santé de toutes et tous.
IDKIDS groupe : La
mémoire comme boussole intergénérationnelle
Depuis 30 ans, le
groupe IDKIDS fonde son développement sur son projet We Act For Kids : “Agir
pour que le monde progresse au service de l’enfant qui grandit.” Une vision
stable, transgénérationnelle, qui guide les choix stratégiques et structure la
culture interne.
Cette mémoire
collective s’incarne dans l’expérience collaborateur : transmission des
valeurs, fondamentaux et pratiques partagés, culture de l’engagement. Dans un
marché de l’emploi marqué par la mobilité, elle devient un repère identitaire
durable, un marqueur qui accompagne chaque collaborateur, même de passage.
Face aux attentes d’une
génération plus participative et plus sensible aux expériences directes, le
groupe réinvente ses codes, sans perdre son fil rouge :une mémoire vivante qui
fédère et oriente.
SNCF : La mémoire comme
lien territorial et moteur de cohésion
À la SNCF, la mémoire
prend racine dans les territoires. Le chemin de fer a façonné villes, emplois
et dynamiques économiques ; les gares sont devenues des lieux de passage, mais
aussi des lieux de vie, chargés de récits individuels et collectifs. Aujourd’hui,
l’entreprise valorise activement ce patrimoine en transformant ses gares en
espaces culturels et sociaux : expositions, concours, initiatives locales…
autant d’actions qui réactivent un lien essentiel entre SNCF, territoires et
communautés. La mémoire y nourrit l’appartenance, soutient l’attractivité et
renforce la cohésion sociale.
La plupart des organisations cherchent de nouveaux leviers pour rassurer, engager et décider. Or l’un des plus puissants est déjà là : leur mémoire. En révélant ce capital longtemps sous-estimé, l’Observatoire B2V des Mémoires montre qu’il ne s’agit pas d’honorer le passé, mais d’activer un avantage décisif pour l’avenir.


