Résultats 2025 de
l’Observatoire du deux-roues Solly Azar – AAA Data & persona du motard
Alors que la saison de
la moto laissait présager une éclaircie pour le marché du deux-roues, sur
l’ensemble de l’année le constat reste amer pour l’ensemble du secteur, avec
une baisse de 7% en 2025 par rapport à 2024, déjà en baisse de 9% par rapport à
2023. En 2025, seul le marché de la moto d’occasion reste stable et les plus
fortes baisses sont du côté du neuf, avec -19% sur l’année.
Le marché des
deux-roues neufs enregistre une baisse de 19% (227 031 unités immatriculées en 2025
vs. 280 478 en 2024). De son côté, le marché de l’occasion subit également un
repli en 2025, même s’il reste plus léger, à -3% (763 369 unités contre 788 236
en 2024). Une tendance qui s’est inversée par rapport à 2024, où l’occasion
était en chute nette et le neuf dans une dynamique positive. Représentant
désormais 77% du volume total des immatriculations, le marché de l'occasion
fait preuve d'une résilience qui permet d'appréhender le repli global avec un
certain optimisme. Cette solidité relative amortit la contraction du secteur et
met en lumière une nouvelle tendance de fond, à savoir un allongement de la
durée de conservation des véhicules par les usagers.
Du côté de l’électrique (-7%) qui représente 36 332 véhicules immatriculées en 2025 (vs. 39 205 en 2024), le marché peine à trouver son public, en particulier du côté du neuf (-35% cyclo et -28% moto).
De l’autre côté, celui de l’occasion progresse fortement
en 2024 (+27% cyclo et +52% moto), avec une offre de seconde main qui
s’enrichit.
Pour la 2nde année
consécutive, le marché des cyclos affiche une baisse de 17% par rapport à la
période précédente, juste au-dessus de la barre des 200 000 unités
immatriculées (211 454 unités immatriculées en 2025 vs. 254 422 en 2024). Le
déséquilibre de ce segment est causé par plusieurs facteurs, allant de l’arrêt
progressif de la production de modèles thermiques, à une offre électrique qui
peine à convaincre et encore trop chère, ainsi qu’à l’arrivée d’alternatives
plus accessibles à la mobilité telles que les trottinettes électriques. Des
effets qui s’observent tant sur le marché du neuf (-28% avec 47 078 unités) que
de l’occasion (-13% avec 164 376 unités).
Sur l’ensemble de
l’année, le marché des motos est également en baisse (-4% avec 778 946 unités).
Malgré un début d’année agité (-8% sur le 1er semestre), le marché des motos
semble trouver une certaine forme de stabilité. Une tendance particulièrement observable
du côté de l’occasion, où le marché est stable (-0,1% à 598 993 unités), alors
que le neuf chute de 16% (179 953 unités). Cette contre-performance du neuf est
à lire comme un "effet de miroir" : elle résulte en grande partie
d'une base de comparaison élevée l'an dernier, dopée artificiellement par
d'importantes immatriculations tactiques en fin d'exercice.
Les plus grosses
cylindrées, de plus de 400cc, représentent à la fois le segment le plus porteur
(6 motos immatriculées sur 10) mais aussi le plus résilient, avec -2% (VO+VN),
contre -7% pour les 50-125cc et -13% pour les 126-400cc. Du côté des plus grosses
cylindrées, les typologies de motos les plus recherchées en 2025 sont les
roadsters (163 438 unités, +1%), les trails (80 097 unités, +6%), les scooters
(43 853 unités, -1%) et les sportives (37 806 unités, +11%) boostées par
l’arrivée de nouveaux modèles en début d’année.
Les 3 motos d’occasion
les plus vendues en 2025 sont : Yamaha MT 07, Yamaha XMAX 125 et Honda
NSS125AD. Et les 3 motos neuves les plus vendues sur cette période sont : Honda
NSS125AD, la Yamaha XMAX 125 et la B.M.W. R1300GS.
« Le marché du
deux-roues marque le pas en 2025. La dynamique positive que nous observions au
retour du Covid laisse place à une contraction globale, principalement portée
par la chute des immatriculations neuves. Cette année 2025 marque une rupture :
le marché ne se contente plus de ralentir, il se réorganise autour de la
seconde main face à des enjeux réglementaires et économiques de plus en plus
contraignants », explique
Marie-Laure Nivot, Head of Automotive Market Analysis de AAA Data.
« Dans ce contexte
morose, la résilience du marché de l’occasion est le véritable signal positif
de l'année. Pour 2026, l'enjeu sera d'accompagner cette tendance de fond : les
Français gardent leurs véhicules plus longtemps et soignent leur budget. Chez Solly
Azar, nous restons optimistes pour l'année à venir, car le besoin de mobilité
de proximité, qu'il soit passion ou nécessité, demeure intact. En tant
qu'assureur, notre rôle est d'adapter nos solutions à ce parc vieillissant mais
plus que jamais utilisé, en garantissant une protection accessible pour ces
usagers qui font le choix de la pérennité », poursuit Maëlle Faure, Cheffe
Produits Auto et Moto chez Solly Azar.
Focus sur le marché des
Voitures Sans Permis (VSP)
Le secteur français de
la VSP a enregistré 67 382 immatriculations en 2025, soit un repli de 5%. Cette
baisse modérée cache pourtant une réalité interne contrastée, calquée sur celle
des deux-roues électriques. La demande se déplace massivement vers la seconde
main, qui domine désormais l'activité avec 63% des volumes et une croissance
robuste de 7% (42 379 immatriculations).
Ce basculement
s'explique par un double verrou économique et réglementaire. La fin du bonus
écologique pour les modèles électriques en décembre 2024, couplée aux exigences
techniques de la norme Euro 5+, a renchéri le coût d'accès au neuf. Dans ce
contexte, l’occasion s’impose comme une véritable « valeur refuge », permettant
aux usagers de concilier mobilité de proximité et impératifs financiers.
À l'inverse, le segment
du neuf subit un coup d'arrêt brutal avec une chute de 21% (25 003
immatriculations). Ce désengagement souligne un arbitrage radical des
consommateurs face à un cadre normatif de plus en plus complexe. Pour les
constructeurs, l’enjeu de 2026 sera de restaurer l’attractivité de leurs
modèles récents par l’innovation ou des solutions de financement capables de
rivaliser avec un marché de l'occasion devenu compétitif.
« Au-delà des chiffres,
nous observons une véritable mutation des comportements. Si le marché
traditionnel ralentit, l'aspiration des Français à une mobilité plus agile et
économique, notamment en zone urbaine, reste intacte. Après le VSP, l'essor des
mobilités douces comme la trottinette électrique en est la preuve. Cette
transition vers des solutions plus accessibles impose de nouveaux réflexes de
protection : qu'il s'agisse de pérenniser un véhicule d'occasion ou d'adopter
un nouveau mode de déplacement urbain, la sécurité et l'assurance doivent
rester au cœur de l'usage », analyse Philippe Saby, Directeur Général de
Solly Azar.
Focus sur la
sinistralité du marché du deux-roues
Au-delà des dynamiques
de marché, l’Observatoire Solly Azar – AAA Data dresse un bilan contrasté de la
sinistralité en 2025.
Les accidents de la circulation constituent désormais la quasi-totalité des interventions, représentant
79% des sinistres, une part en progression constante par rapport à
2024 (76%) :
• Dans 42% des cas, l'accident de la
circulation entraîne des blessures. Si ce taux stagne, la vulnérabilité des
conducteurs de deux-roues reste préoccupante : ils représentent 68% des blessés
lors des collisions.
• Le risque s'est déplacé vers la ville. 73% des accidents se produisent désormais en milieu urbain
(+2 points), avec une
concentration critique dans les métropoles de Paris, Marseille et Toulouse. Par
ailleurs, il faut noter que 76% des sinistres surviennent à moins de 10 km du
domicile, prouvant que la connaissance du trajet n'exclut pas le danger.
• Si l'environnement et les autres usagers
(changement de voie, ouverture de portière) restent la cause n°1 (57% des cas),
les défauts de maîtrise (trajectoire, choc arrière) sont en hausse et
concernent désormais 39% des accidents.
Si la sinistralité routière s'aggrave, les sinistres liés au vol enregistre des nouvelles encourageantes, avec une part qui atteint 16% des sinistres en 2025 (-2 points vs. 2024). Quant au nombre total de vols
(y compris les véhicules retrouvés),
il a même diminué de 2% par rapport à 2024 et de 8% en 4 ans.
L'amélioration des
dispositifs de sécurité porte ses fruits puisque 23% des véhicules volés sont
désormais retrouvés et restitués à leur propriétaire (+6 points depuis 2021).
Cette progression souligne l'efficacité croissante des traceurs GPS et des nouveaux
dispositifs antivol intégrés.
Par ailleurs, la
résistance des équipements de protection est à ne pas négliger, puisqu’ils
permettent l’échec de près d’1 vol sur 5 (19%), un taux qui se stabilise après
plusieurs années de progression.
Enfin, les autres causes de sinistres (incendies, vandalisme, événements climatiques) connaissent une baisse significative, ne représentant plus que 5% de la sinistralité globale contre 6% l'année précédente.


