Trois questions à Thomas
Lefebvre, Vice-Président Data du Groupe SeLoger - Meilleurs Agents.
1/ L’année 2025
a-t-elle marqué l’entrée du marché immobilier dans un nouvel équilibre ?
• Le nombre de
transactions
atteint environ 929 000 ventes sur les douze derniers mois à fin octobre 2025,
soit +11% sur un an ;
• Côté prix, les évolutions
restent modérées, mais positives sur un an sur l’ensemble des segments de
marché ;
• La quasi-totalité du
Top 10
est dans le vert, même si les évolutions restent limitées. Parmi les grandes
villes, seule Nice (+5% sur un an, alors que la majorité des grandes villes
évoluent plus près de +1 à +3%) se démarque, tandis que Toulouse, Bordeaux,
Marseille ou Montpellier affichent des hausses plus contenues. À l’inverse,
Nantes reste une exception, avec des prix encore en baisse ;
• Sur le marché
locatif,
la situation s’améliore légèrement sur le plan des loyers (+1,3% sur un an,
contre près de +3% un an plus tôt). Ce ralentissement de la hausse s’explique
notamment par le retour sur le marché de l’achat d’une partie des ménages
jusqu’ici contraints de rester locataires.
2/ Quelles sont vos
anticipations pour 2026, en particulier sur les taux de crédit et l’évolution
du marché ?
• Le nouveau cadre
du
DPE
pourrait sortir environ 850 000 logements
du statut de passoires
énergétiques, contribuant
à détendre
légèrement le marché locatif ;
• Dans ce contexte, nos hypothèses pour
2026 sont les suivantes :
- Taux de crédit : autour de 3,5%
- Nombre de ventes : proche de 980 000
transactions
- Prix de l’immobilier : une hausse modérée, de
+2 à +3% sur l’année
3/ Au-delà des
chiffres, dans quelle mesure le contexte politique influence-t-il aujourd’hui
le marché du logement ?
• La France traverse
toujours une crise du logement profonde, aux conséquences multiples : difficultés d’accès
au logement, frein à la mobilité résidentielle et professionnelle, tensions
sur le recrutement dans certaines zones, creusement des déséquilibres
territoriaux. Dans les zones tendues, la difficulté ;
• Un point positif est
à souligner :
le logement est redevenu un sujet central du débat public, mais cette prise de
conscience peine encore à se traduire par une stratégie claire, cohérente et
stable ;
• Les professionnels du secteur sont pourtant unanimes : sans cadre stable pour l’investissement et la production de logements, la crise ne pourra pas se résorber durablement.



