Connexion
/ Inscription
Mon espace
Tribunes & Témoignages
ABONNÉS
Partager par Linked-In
Partager par Xing
Partager par Facebook
Partager par email
Suivez-nous sur feedly

[Expertises] L’incertitude géopolitique et les menaces cyber, principaux risques RCMS en 2026

Rapport Allianz Commercial sur l’assurance RCMS.

 

Partout dans le monde, l’incertitude politique, économique et sociale est en hausse. Elle peut avoir un impact sur tous les aspects de l’activité d’une entreprise, mais aussi entraîner des changements importants dans l’environnement financier, réglementaire et juridique.

En l’absence d’anticipation et d’adaptation, les entreprises s’exposent à des risques de défaillance opérationnelle, de perte financière et d’atteinte à leur réputation, qui auront des répercussions sur leurs administrateurs et dirigeants.

 

Selon le rapport d’Allianz Commercial sur l’assurance RCMS, intitulé Directors and officers (D&O) insurance insights, les mandataires sociaux peuvent être tenus pour responsables de ne pas avoir évalué correctement l’impact des événements géopolitiques sur l’activité de leur entreprise ou de ne pas s’être parfaitement conformés aux dispositions légales et réglementaires en vigueur dans différents pays. Ainsi, les entreprises, ainsi que leurs décideurs, à titre personnel, peuvent faire l’objet d’actions engagées par les actionnaires ou de sanctions prononcées par les régulateurs.

 

Parallèlement, les risques cyber en RCMS ont fortement augmenté ces dernières années. En effet, les obligations des conseils d’administration en matière de cybersécurité se sont durcies. Les litiges en justice et les mesures administratives se sont multipliés. Les risques auxquels sont exposés les mandataires sociaux concernent généralement le devoir de vigilance relatif à la cybersécurité de l’entreprise. De nombreux événements peuvent déclencher un sinistre, notamment les violations de données, les attaques par rançongiciel et même les problèmes techniques. Les attaques par rançongiciel ont représenté environ 60 % du montant des grands sinistres cyber (> 1 million d’euros) constatés par Allianz Commercial au cours du premier semestre 2025, selon son rapport annuel intitulé Cyber security resilience outlook. Lorsqu’un incident cyber entraîne des pertes financières, les actionnaires, les clients ou les fournisseurs peuvent intenter des actions, s’ils considèrent que le conseil d’administration n’a pas mis en place les contrôles de risque et les plans de continuité d’activité appropriés.

 

« Le marché de l’assurance responsabilité civile des mandataires sociaux continue de se développer rapidement, dans un contexte réglementaire et contentieux en pleine évolution, un paysage des risques de plus en plus complexe et un environnement géopolitique et économique incertain, explique Jarrod Schlesinger, directeur mondial de l’assurance lignes financières et cyber chez Allianz Commercial. Dans ce contexte, la fréquence des nouveaux sinistres touchant les administrateurs est en constante augmentation. Elle atteint ou dépasse les niveaux antérieurs à la-pandémie dans la plupart des régions du monde. Parallèlement, la gravité des sinistres reste une préoccupation majeure, notamment en Amérique du Nord. »

 

Pauline Vacher, directrice de l’assurance lignes financières et cyber chez Allianz Commercial France, poursuit : « En France, le marché de l’assurance responsabilité civile des mandataires sociaux est concurrentiel depuis quelques années, et affiche un bon taux de fidélisation en termes de nombre de clients. Nos assurés sont toujours confrontés à d’importantes pressions sur les coûts, et l’assurance est l’un des domaines dans lesquels beaucoup cherchent à réduire leurs dépenses. En ce qui concerne les sinistres, nous avons constaté une augmentation des cas de faillite chez les grandes entreprises, ce qui n’était plus le cas depuis un certain temps, ainsi que chez les entreprises de taille moyenne. Le segment des grandes entreprises est un marché relativement mature en France, et les perspectives de croissance ne sont pas aussi importantes que celles du marché des entreprises de taille moyenne. De nombreuses entreprises de taille moyenne n’ont encore souscrit aucune solution D&O, mais nous anticipons une demande accrue à l’avenir. »

 

L’insolvabilité, principale cause de sinistres RCMS dans le monde

 

Les défaillances et les sanctions administratives font partie des principales causes de sinistres RCMS visant les dirigeants d’entreprises non cotées. Les allégations de manquement aux obligations des mandataires sociaux, pour divulgation d’informations trompeuses ou inexactes, ou pour négligence, peuvent aussi entraîner des sinistres. Selon Allianz Research, les défaillances d’entreprises dans le monde devraient augmenter de 6 % en 2025 et de 5% en 2026. L’année prochaine enregistrera une hausse ininterrompue sur cinq ans, avec un nombre record de défaillances, supérieur de 24% à la moyenne d’avant la pandémie. Les risques d’insolvabilité sont particulièrement concentrés dans les secteurs de l’automobile, de la construction, du commerce de détail et des biens de consommation.

Le contexte économique difficile est marqué par la hausse des droits de douane, la faiblesse de la demande, l’augmentation des coûts, la transformation technologique, la croissance de la concurrence et les évolutions réglementaires. Ces différents facteurs accroissent les risques de sinistres RCMS. On constate également depuis peu aux États-Unis une multiplication des « méga-faillites », c’est-à-dire des défaillances d’entreprises dont les actifs déclarés sont supérieurs à 1 milliard de dollars. Le premier semestre 2025 a enregistré 17 « mega-faillites », un record depuis la pandémie de Covid-19, dont

32 dans les 12 derniers mois, un chiffre bien supérieur à la moyenne historique.

 

Dan Holloway, directeur mondial de l’assurance RCMS chez Allianz Commercial, souligne : « La gestion d’une multinationale n’a jamais été aussi difficile. En effet, les dirigeants se trouvent pris entre des priorités et des politiques gouvernementales contradictoires, à travers le monde. Les tensions commerciales et les pressions fiscales pèsent également sur l’économie. Il est important que les mandataires sociaux comprennent l’étendue de leurs obligations en cas d’insolvabilité, sollicitent l’avis d’experts et tiennent un registre détaillé de toutes les décisions clés. Ces informations s’avéreront essentielles s’ils font face à des allégations de mauvaise gestion ou de conflits d’intérêt ».  

 

Hausse des sinistres sur un marché de l’assurance RCMS très dynamique

 

Au cours des trois dernières années, la fréquence des nouveaux sinistres RCMS n’a cessé d’augmenter. Aujourd’hui, elle atteint ou dépasse les niveaux avant pandémie, dans la plupart des régions du monde. La gravité des sinistres reste une question majeure en Amérique du Nord. Pour les assureurs RCMS, le marché américain est particulièrement complexe, compte tenu de la fréquence des actions collectives en matière boursière et du montant moyen de règlement, qui a bondi de 27 % au premier semestre 2025, pour atteindre 56 millions de dollars. Parallèlement, l’évolution des politiques des États-Unis et de certains pays européens sur les questions de DEI (diversité, équité et inclusion), d’ESG (environnement, social et gouvernance) et d’IA (intelligence artificielle) ont compliqué la tâche des conseils d’administration.

 

« Au seuil de 2026, le climat des affaires reste marqué par la convergence de l’incertitude économique, des bouleversements technologiques et de l’évolution des exigences réglementaires. Dans les domaines en rapide mutation, comme les droits de douane et l’intelligence artificielle, les risques sont difficiles à gérer, mais aussi à prévoir et à quantifier. Il est essentiel de disposer d’une gouvernance et d’une gestion du risque solides. Dans ce climat instable, les conseils d’administration doivent aussi recourir aux outils et à l’expertise nécessaires pour identifier et gérer les risques futurs, et en informer les parties prenantes », conclut Jarrod Schlesinger.

Lire la suite...


Articles en relation