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[Tribune] La performance RSE, vecteur d’impact et création de valeur

Alors que l’ESG devient une donnée essentielle de la stratégie et du pilotage des entreprises, KPMG France publie les résultats de son étude « Mesure d’impact et de création de valeur » menée auprès d’un panel d’entreprises situées en majorité en France. Cette enquête inédite relève une progression de la place de la performance extra-financière dans le pilotage, mais une place encore réduite faite à la mesure d’impact et à la création de valeur par les initiatives ESG.

Une professionnalisation de la gestion de l’ESG

Même si des efforts de fond restent encore nécessaires, l’étude souligne que la majorité des entreprises analysées fait preuve d'une maturité croissante quant à la performance extra-financière, attestant d’un poids croissant de la RSE dans la prise de décision stratégique, pour les directions générales comme pour les directions financières.

A fortiori, l’ESG s’affirme comme un axe de travail de plus en plus transversal au sein des organisations, avec une collaboration de 5 directions ou plus dans 50% des entreprises sondées. Le plus souvent, cette collaboration concerne les ressources humaines (79%) et la finance (77%), mais aussi les achats (66%), la communication (64%) et la conformité (58%).

Une priorité qui reste donnée à la communication extra-financière

Il existe aujourd’hui une multitude d’outils pour rendre compte de la performance extra-financière. Le rapport RSE reste le principal support auquel ont recours les sociétés (81%), soit parce qu’obligatoire dans le cadre de la Déclaration de Performance Extra-Financière (DPEF), soit parce que sélectionné volontairement. Dans une moindre mesure, sont également utilisés les rapports intégrés (11%) ou encore les rapports de mission (9%).

Malgré l’implication des acteurs sondés, beaucoup relèvent encore d’importants écueils dans la qualité de leur restitution ESG. Parmi eux, reviennent le plus fréquemment le manque de référentiel commun (58%), la redondance perçue du reporting ESG vis-à-vis d’autres communications (58%), la faible accessibilité et qualité des données mobilisées (57%) et le manque de temps et de ressources pour établir ces rapports (57%).

Pour autant, les acteurs de l’échantillon évoquent une utilisation active de ces reportings à des fins de communication externe auprès des parties prenantes (79%), de communication interne pour engager les collaborateurs (68%) et d’aide à la décision stratégique (58%) et financière (40%).

Une sophistication progressive de la méthodologie

Afin de gagner en précision et en exhaustivité dans leur prise de décision et leur reporting, certaines entreprises commencent à développer de nouveaux outils d’analyse et de comptabilité pour mieux intégrer leur performance extra-financière. L’étude révèle ainsi que 13% des entreprises ont recours à l’analyse d’impact de leur activité, en intégrant, par exemple, des données telles que l’empreinte socio-économique sur les territoires d’implantation.

En parallèle, une part minoritaire d’entreprises (8%) commence à expérimenter la comptabilité « multi-capitaux » qui prend en compte la performance globale de l’entreprise, tenant compte de la consommation de capital financier, environnemental et social. En partant du modèle financier « classique », elle y agrège l'humain et l'environnement au sein même des états financiers (compte de résultats et / ou bilan) pour obtenir une vision holistique de la consommation de ressources et de la création de valeur par l’entreprise. Sur cette question qui suscite des attentes fortes des entreprises interrogées, notamment pour la prise de décision (49% des sociétés ayant connaissance de ces méthodes), près de la moitié des répondants souhaite une plus grande collaboration entre académiques et professionnels (43%) pour une plus grande diffusion des pratiques (55%). Et attendent une clarification des normes pour avancer (71%).

Jérémie Joos, Associé, Co-Responsable du Centre d’Excellence ESG de KPMG France, conclut : « Les expérimentations que nous observons pour rendre compte de manière toujours plus holistique de la performance des entreprises sur le plan financier, mais également environnemental, social et en matière de gouvernance, sont la traduction d’un cadre réglementaire plus homogène, ainsi que d’une volonté des acteurs de faire de l’ESG un vecteur stratégique et de création de valeur. D’importants chantiers méthodologiques sont aujourd’hui en cours. Néanmoins, il y a fort à parier que dans les mois et les années à venir, le degré de maturité des sociétés se renforcera au profit de stratégies d’impact toujours plus efficientes, au service d’une croissance responsable et durable de l’économie. »

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