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[Etude] Éco-anxiété : les jeunes face au dérèglement climatique 

Marie Caillaud, Rémi Lauwerier et Théo Verdier publient avec la Fondation Jean-Jaurès et le Forum français de la jeunesse une vaste enquête qualitative sur l’éco-anxiété chez les jeunes Français de 18 à 30 ans.
L’étude a pour ambition de mieux saisir l’état d’esprit des jeunes éco-anxieux et la manière dont ils perçoivent l’aspect personnel, intime, collectif et politique de l’imminence du réchauffement et de ses conséquences.

La colère face aux dirigeants

La colère constitue l’émotion la plus partagée par les éco-anxieux du panel. Cette « éco-colère » naît de la dichotomie entre, d’une part, le sentiment d’urgence des répondants ainsi que leur engagement personnel et, d’autre part, le constat qu’ils font d’une relative inaction à l’échelle collective, dans leur cercle proche, sur leur lieu de travail et dans la vie publique. Leur irritation se dirige principalement contre « ceux qui ont le pouvoir », décideurs publics et privés.

Un « bruit de fond » latent depuis l’enfance : permanence des enjeux climatiques à l’esprit des 18-30 ans

Les entretiens conduits par les auteurs de ce rapport ont permis d’illustrer la diversité de parcours et d’expérience qui fait croître la préoccupation climatique des individus du panel. Certains font état d’un déclic soudain, comme l’émergence du mouvement Fridays for future en 2018. La majorité du panel souligne toutefois la montée progressive de leur préoccupation au regard de la prégnance des enjeux climatiques depuis l’enfance dans leur cercle familial, leur parcours scolaire et l’actualité, sur les réseaux sociaux et les médias traditionnels. La moitié du panel fait état du rôle de leurs parents dans leur sensibilisation aux enjeux environnementaux.

« Dans quel monde va vivre mon enfant ? »

En France, 37% des 16-25 ans hésitent à avoir des enfants face à la perspective du changement climatique. Une indécision largement présente dans notre panel, où trois arguments sont cités en faveur d’une renonciation au projet parental. Il s’agit tout d’abord de préserver les « générations futures » et ses enfants à naître d’un monde aux conditions de vie incertaines. Puis de limiter sa propre empreinte sur le climat, la naissance d’un enfant étant perçue comme une contribution potentielle à la surpopulation. Enfin, près d’un tiers du groupe d’étude, en viennent à interroger les raisons qui les amènent à souhaiter avoir des enfants : face aux conséquences du dérèglement climatique, le désir de fonder une famille apparait alors « égoïste », relevant de la satisfaction d’un besoin personnel.

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