L’actualité récente
d’ArcelorMittal, marquée à la fois par les débats avec les syndicats sur la
décarbonation des sites européens et par le lancement du premier four
électrique pour l’acier, illustre les mutations en cours dans la sidérurgie
européenne.
En parallèle, la
liquidation de NovAsco et la fermeture de plusieurs aciéries françaises posent
une question centrale : l’Europe peut-elle atteindre ses objectifs de
décarbonation industrielle tout en préservant une filière acier compétitive et
souveraine ?
Ces événements mettent en lumière les fragilités d’un modèle encore largement dépendant d’investissements privés incertains, alors même que le Pacte vert européen impose une transformation rapide des procédés métallurgiques.
Le mécanisme
d’ajustement carbone aux frontières (MACF), censé limiter la concurrence de
l’acier importé à forte intensité carbone, ne suffira pas à lui seul à
sécuriser la filière.
Alors que l’acier bas-carbone devient un enjeu stratégique mondial avec un marché estimé à près de
200 milliards de dollars d’ici 2033, l’Europe risque de perdre du terrain
face aux États-Unis et à l’Asie. Dans ce contexte, la trajectoire
d’ArcelorMittal et les projets européens de « Green Steel » apparaissent
déterminants, le secteur représentant à lui seul 5 à 6% des émissions de gaz à
effet de serre de l’Union européenne.
Solène Garcin-Charcosset, Directrice Conseil ESG / Carbone chez Tennaxia, conclut : « La décarbonation de l’acier est une opportunité industrielle majeure pour l’Europe, à condition qu’elle s’appuie sur une filière solide. Sans cadre clair, sans investissements crédibles et sans vision industrielle, la transition risque de rester un objectif politique plutôt qu’une réalité économique. »


