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[Etude] La digitalisation en berne pour les TPE ?

Alors que la crise sanitaire a servi d’amorce à la digitalisation des entreprises, les chiffres du dernier baromètre Ifop pour Mastercard tendent à montrer qu’une fois la continuité de l’activité assurée, les TPE ne font plus du numérique une priorité. C’est parce que la cible spécifique des très petites structures (indépendants et entreprises jusqu’à 9 salariés) réagit différemment et qu’il existe peu de données les concernant, que cette analyse leur est consacrée. Les principaux enseignements de cette enquête soulignent :

  • Une baisse significative de la proportion de chefs d’entreprise prêts à investir cette année dans un projet de digitalisation. 28% de dirigeants ne souhaitent pas consacrer d’argent à la digitalisation contre 15% l’année passée

  • Le faible potentiel de croissance peut s’expliquer par la fin du traitement médiatique soulignant l’urgence pour les très petites entreprises de se numériser afin de survivre à la crise.

  • 63% des dirigeants perçoivent encore la digitalisation comme une contrainte

  • Sécurité informatique : moins d’un dirigeant sur deux affirme mettre en place des mesures pour prévenir ce type d’attaque. 

La nécessité accrue de renforcer la sensibilisation aux outils numériques pour assurer aux chefs d'entreprise la réussite de leur activité : seule une minorité de TPE affirment avoir des projets de digitalisation

Si une majorité de très petites structures dispose de plusieurs équipements digitaux, très peu de dirigeants affirment avoir des projets d’équipements. Il apparaît donc crucial de poursuivre la sensibilisation et de fournir des outils pour assurer le succès des entrepreneurs dans leur activité.

Ils sont en effet 28% de dirigeants à ne pas consacrer d’argent à la digitalisation contre 15% l’année passée. Et toujours parmi ceux qui ont des projets, 34% souhaitent consacrer moins de 1 000€ (+6pts). Par ailleurs, 18% des dirigeants ayant au moins un projet de digitalisation en cours, se déclarent prêt à investir entre 1 000€ et 2 500€ et 3% entre 2 500 et 5 000€, soit un total de 21% (-6pts). Enfin par rapport à la vague précédente, moitié moins de dirigeants souhaitent consacrer à ces projets plus de 5 000€ (6%, -7pts).  

Quant au niveau de connaissance des dirigeants sur le sujet, il est relativement stable : 84% connaissent au moins un dispositif digital (-2 pts). Cette croissance freinée s’explique par une baisse d’attention des dirigeants à ce sujet, la première édition du baromètre ayant été réalisée à l'issue de 2 confinements stricts. A cette période, l’actualité médiatique soulignait l’urgence pour beaucoup de petites entreprises d’adopter ces dispositifs pour pouvoir continuer à exercer. 

Le niveau de connaissance des dirigeants de petites entreprises françaises est inégal selon les dispositifs digitaux testés, surtout lorsque ce dernier est technique. Le référencement d’une page Internet est identifié par 77% des dirigeants interrogés (-4 pts), et ils sont même 59% à déclarer savoir précisément de quoi il s’agit. Les outils d’aide à la création de site Internet bénéficient également d’une notoriété relativement élevée (53% contre 55% la vague précédente). Seuls 26% déclarent savoir ce que sont les logiciels de « cloud computing » et ils ne sont plus que 22% à connaître les logiciels en S.a.a.S, un taux qui a connu une légère amélioration (+3pts). 

A noter que les TPE implantées en Ile-de-France semblent davantage maîtriser le sujet, 87% des dirigeants franciliens connaissant au moins un dispositif, contre 83% des dirigeants d’entreprises implantées en province. Lorsqu’on monte en complexité, les dirigeants d’entreprise plus grandes (6 à 9 salariés) apparaissent davantage experts. 

Les équipements digitaux les plus basiques permettant aux TPE de se faire connaître en ligne demeurent largement répandus malgré une croissance freinée. Près des deux tiers possèdent en effet un site internet vitrine (65%, -2pts) et 62% une page professionnelle sur les réseaux sociaux (-1pt). Toujours en ce qui concerne les équipements : 65% disposent d’un logiciel de gestion, comptabilité ou RH (-3pts) et 55% d’un logiciel de gestion commerciale (-3pts). 

Si la crise sanitaire avait mis en lumière l’utilité des dispositifs numériques conduisant à une généralisation des équipements digitaux dans tous les secteurs, aujourd’hui les dispositifs permettant d’optimiser la vente de produits ou de services (site e-commerce, click & collect, référencement) sont surtout, et sans surprise, mobilisés par les TPE dont le cœur d’activité est le commerce. L’équipement d’un site Internet de e-commerce est emblématique de ce constat. Seules les entreprises du retail conservent un taux d’équipement constant (35% en 2020 et 36% en 2022), avec un score qui enregistre une chute dans trois autres secteurs (-8pts pour le BTP, -17pts pour l’industrie et -8pts pour le service). 

Au global, 92% des dirigeants interrogés déclarent être équipés ou avoir pour projet de s’équiper d’au moins un des dispositifs de digitalisation cités. Cependant, la proportion de répondants affirmant que ces éléments sont en projet, est marginale. Seules 15% des personnes interrogées déclarent avoir un projet de digitalisation en cours (-7pts). 

La perception générale des projets de digitalisation tend à s'améliorer. Toutefois, 63% des dirigeants la considèrent toujours comme une contrainte

Si les dirigeants sont capables d’identifier les avantages directs liés à la digitalisation, ils ne se sentent cependant pas concernés personnellement. La situation sanitaire a évolué depuis décembre 2020, et avec elle, les bénéfices perçus de la digitalisation, moins directement liés au besoin de « survie ». On note en effet que les bénéfices directement liés à l’activité commerciale des TPE sont moins cités en premier, contrairement à d’autres dont la plus-value est plus immédiate.

Le gain de nouveaux clients lié à l’accroissement de la notoriété demeure le premier avantage cité par les dirigeants de TPE (27%, -5 pts). Cependant, pour un tiers des TPE du secteur du commerce (34%) et des TPE de 6 à 9 salariés (31%) ce gain de nouveaux clients constitue le principal atout lié à la digitalisation. 

Deux bénéfices emportent davantage cette année l’adhésion des dirigeants : le gain de temps (17%, +4pts) et la facilitation de la communication interne et externe (15%, +6pts). 

Les raisons expliquant l'absence ou le faible nombre de projets de digitalisation sont diverses. Cependant deux motifs principaux se dégagent : l’absence de nécessité pour l’entreprise (57%, +6pts) et un niveau d’équipements déjà suffisant (44%, + 12pts). 

Des actions de sensibilisation et de formation restent nécessaires : une majorité de dirigeants de très petites entreprises (51%) déclarent ne pas se sentir suffisamment concernés par une cyber-attaque pour prendre des mesures préventives

Près des trois quarts des dirigeants (71%) ont été victimes d'une cyber-attaque ou se sentent menacés par une telle attaque, ne serait-ce que légèrement.

Seulement moins d’un dirigeant sur deux affirme avoir mis en place des mesures pour prévenir ce type d'attaque, ou envisager de le faire, et il s’agit le plus souvent des protections les plus élémentaires. 

Cette absence de mesures se retrouve particulièrement parmi les entreprises du BTP (55%, +4 pts par rapport à la moyenne), pour qui les outils digitaux peuvent être moins au centre de leur activité, comparativement à des TPE de services (53%) ou de commerce (49%).  La taille semble également une variable importante : 67% des dirigeants de TPE de 6 à 9 salariés ont mis en place des mesures de prévention ou vont le faire, contre seulement 43% des TPE de 1 à 2 salariés. Et naturellement, les TPE n’ayant jamais subi une cyberattaque prennent moins de précautions (44%). 

Ainsi, 4% des personnes interrogées ont en projet la mise en place de mesures de prévention à ce sujet. Et seuls 8% des répondants estiment qu’il existe une forte probabilité d’être visé par une cyberattaque, dont 3% une très forte probabilité. Paradoxalement, les TPE de province, qui se disent plus que la moyenne avoir été victimes de cyberattaques (14%), ne se sentent pas beaucoup plus en danger que leurs homologues franciliens (8% contre 6%). 

Le grand enseignement de cette 2e édition du Baromètre de la digitalisation des indépendants et des très petites structures est que, face à l’urgence de la situation sanitaire, les dirigeants se sont tournés vers les outils numériques afin de trouver des solutions leur permettant d’assurer la poursuite de leur activité. Mais après avoir répondu à l’urgence de la situation, il semble qu’ils aient pour beaucoup dépriorisé ce sujet.
Il est donc essentiel de poursuivre les actions de sensibilisation et la mise à disposition d’outils pour assurer aux chefs d’entreprise le succès dans leur activité et une protection face aux cyberattaques.  La mobilisation de tous les acteurs publics et privés pour les accompagner dans ce processus demeure plus que jamais nécessaire.” déclare Solenne Marquet, Director - Product Development Consumers and Small Businesses chez Mastercard.  « C’est dans cet esprit que nous avons uni nos expertises et compétences avec les Digiteurs de la CCI IdF pour proposer un programme de sensibilisation des TPE-PME. »

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