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[Etude] Le secteur financier Luxembourgeois résilient dans la crise sanitaire

La stabilité économique du Luxembourg et l'expertise de son écosystème spécialisé continuent d'attirer les sociétés financières mondiales même dans le contexte de la pandémie de Covid-19, avec 82 nouvelles entités autorisées à opérer par les deux régulateurs financiers du pays en 2020. 

Le Grand-Duché a accordé des licences à 5 nouvelles banques, 11 nouvelles sociétés de gestion, 4 nouvelles entreprises d'investissement, 4 réassureurs et d'autres tels que des PSF de support et des PSF spécialisés, des établissements de paiement et des établissements de monnaie électronique. Le Luxembourg continue d'être particulièrement attrayant pour les gestionnaires de fonds d'investissement alternatifs (AIFM), avec 18 nouveaux AIFM et 31 nouveaux AIFM "souples" agréés dans l'année.

Nicolas Mackel, directeur général de Luxembourg for Finance, a déclaré "L'année écoulée est unique dans l'histoire récente. Le secteur financier a réussi en quelques jours seulement à fonctionner en télétravail. Plus important encore, il a fait preuve de résilience. Cela est certainement dû en grande partie aux mesures de soutien extraordinaires que les gouvernements et les banques centrales ont mises à la disposition de nos économies. C'est également dû aux mesures réglementaires adoptées après la dernière crise.

Contrairement à 2008 où les problèmes provenaient de la finance, cette fois-ci, les services financiers font partie de la solution et joueront un rôle important dans notre relance une fois que nous aurons atteint la fin de cette crise. Ainsi, il est important de veiller à ce que les capitaux puissent circuler librement depuis les investisseurs du monde entier vers les entreprises et les projets qui ont besoin de financement. La croissance continue du financement durable au Luxembourg laisse entrevoir l'avenir du domaine de la finance. Le Luxembourg est très fier d'apporter l'expertise de son écosystème au programme "Build Back “Better"".

"2020, c'est aussi l'année du Brexit, même si la plupart des sociétés financières étaient déjà bien préparées d'un point de vue opérationnel. Si les services financiers ne sont pas couverts par l'accord commercial annoncé la veille de Noël, le simple fait qu'il y ait eu un accord est essentiel pour d'autres questions touchant directement le secteur, comme l'octroi d'équivalences".


Les banques déjouent la tendance

Malgré une tendance générale à la consolidation du secteur bancaire européen, 5 nouvelles banques se sont établies au Luxembourg en 2020. Goldman Sachs Bank Europe souhaite continuer à accompagner ses clients au sein de l’UE en ouvrant une nouvelle succursale au Luxembourg pour soutenir leurs activités d'investissement et de gestion de patrimoine. La banque privée espagnole Caixa Bank a établi ses opérations de gestion de patrimoine pour l’UE au Grand-Duché, rejoignant ainsi un une industrie de la banque privée de 466 Mds€ au Luxembourg. Elavon Financial Services, une division de U.S. Bank, a ouvert une antenne spécialisée dans les services de conservation de fonds, tandis que le groupe canadien CIBC a créé une société bancaire spécialisée dans les entreprises et les marchés de capitaux. La principale banque grecque, Alpha Bank, a également ouvert une nouvelle succursale dans le pays.


La gestion d'actifs résiste malgré l’instabilité mondiale

Dans le secteur des fonds d'investissement, les actifs sous gestion ont continué de croître après le fléchissement observé au début de l'année. Tant les performances que les flux nets ont été largement positifs pour l'année, ce qui montre l'attrait et la qualité des fonds domiciliés au Luxembourg. Compte tenu de la tendance observée en fin d'année, le total des actifs devrait atteindre pour la première fois 5 000 Mds€ à la fin de 2020, confirmant la position du Luxembourg comme premier domicile européen de fonds et second au niveau mondial. Plus de 3 600 fonds ont été créés par plus de 500 gestionnaires au Luxembourg. Ces fonds sont vendus à des investisseurs dans 77 juridictions, ce qui fait des fonds domiciliés au Luxembourg le véhicule d'investissement le plus largement distribué et reconnu au niveau mondial. 


La finance durable au centre de l'attention

La finance durable a véritablement atteint sa maturité en 2020, à la fois comme réponse à la pandémie de Covid-19 et aux préoccupations croissantes en matière de durabilité dans le monde entier. La pandémie a vu une importance accrue accordée à la dimension sociale de l'ESG, avec une hausse notable des émissions d'obligations sociales et durables. Le Luxembourg a été choisi comme lieu de cotation pour la première obligation sociale de l’UE, émise dans le cadre du programme SURE (Support to mitigate Unemployment Risks in an Emergency) de l'UE. L'obligation de 17 Mds€ a été sursouscrite de plus de 13 fois, la demande dépassant les 233 Mds€, ce qui reflète le soutien de la communauté des investisseurs pour une obligation qui contribuera à préserver l'emploi et à lutter contre la hausse du chômage liée à la crise sanitaire.

Tout au long de l'année 2020, la Bourse du Luxembourg a accueilli 407 nouveaux titres durables, pour un total de 186 Mds€ à la Luxembourg Green Exchange (LGX), soit une augmentation de 134% en termes de valeur totale par rapport à 2019. Dans la même période, le nombre de titres ajoutés sur la LGX a augmenté de plus de 50% par rapport à l'année précédente. Le LGX affiche désormais plus de 900 titres d'une valeur de 388 Mds€. Enfin, les catégories d'obligations sociales et durables combinées ont, pour la première fois, dépassé les obligations vertes sur la plateforme en termes de valeur totale. 

Les produits d'investissement labellisés LuxFLAG (Luxembourg Financial Labelling Agency) ont connu une croissance de 76% en 2020, allant jusqu'à 144% pour les fonds labellisés ESG, pour atteindre 322 produits d'investissement labellisés dans 10 juridictions et représentant 135,4 Mds€ d'actifs sous gestion. Des gestionnaires de 17 pays différents gèrent ces produits, ce qui souligne l'importance des qualifications ESG pour les gestionnaires au niveau international.  


La crise sanitaire stimule la croissance des paiements numériques

Conformément aux tendances observées fin 2019, l'année 2020 a vu un afflux continu de sociétés de paiement électronique hébergeant leurs opérations au Luxembourg. Monex et JoomPay sont désormais autorisés à opérer au Grand-Duché et rejoignent d'autres sociétés telles que Amazon Pay, PayPal, Alipay, Banking Circle, Six Payment Services et d'autres, qui ont choisi le Luxembourg comme plaque tournante du marché européen. PPRO et PingPong, déjà établis au Grand-Duché, ont reçu des licences supplémentaires leur permettant d'étendre leurs services transfrontaliers au sein du marché unique.  

La Luxembourg House of Financial Technology (LHoFT) a vu le nombre de FinTechs qu'elle héberge, passer de 67 à 76. La plateforme dédiée aux FinTechs s'est également développée, avec un total de 156 membres, contre 142 l'année précédente. 


Les primes d'assurance en difficulté

Après la forte croissance observée ces dernières années, due en grande partie aux délocalisations de Brexit, le secteur des assurances est resté stable en termes de nombre d'entreprises. L'année a vu 3 nouvelles autorisations nettes dans le secteur de la réassurance, 2 entreprises d'assurance-dommages ayant renoncé à leur licence. 

Le Covid-19 continue cependant à avoir un impact, les investisseurs adoptant une approche prudente. Les trois premiers trimestres de l'année ont vu les primes globales baisser de 20,78% par rapport à la même période en 2019. Une grande partie de cette baisse provient du secteur de l'assurance-vie, qui a connu une chute globale de 33,99%, mais elle dépend fortement des produits. Les produits garantis, qui tombaient déjà en désuétude, ont connu une baisse significative de 62,51%, tandis que les produits en unités de compte sont restés beaucoup plus résistants et ont vu leurs primes baisser de 10,91%.

En revanche, l’assurance IARD a été nettement moins touchée par la crise, avec une hausse des primes de 7,49%. Une grande partie de cette croissance est attribuable aux primes provenant des transferts de Brexit, qui ont augmenté de 10,02%.

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