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Les Français sont généreux, mais moins qu’en 2018

La 2ème édition de l’Observatoire national et régional des générosités, une initiative de Leetchi.com, acteur européen des cagnottes en ligne, réalisée avec l’institut Odoxa, révèle une baisse de la générosité des Français qui s’étend à l’ensemble du territoire. Si 33% affirment avoir revu leurs dons à la baisse par manque de pouvoir d’achat, les Français accordent cependant plus d’importance à de nouvelles causes, notamment l’environnement et les causes animales. L’exigence accrue de transparence dans les dons poussent également 87% des Français à privilégier les dons directs.

Créé afin d’étudier les manifestations de générosité des Français sur le territoire, l’Observatoire national et régional des générosités a vocation à produire des études annuelles afin d’analyser les facteurs qui incitent les Français à donner de l’argent, du temps ou des biens à des causes solidaires.


Les Français sont généreux … mais moins qu’en 2018 !

Dans un climat social en tension, les Français se sont montrés moins généreux cette année, 225€ contre 246€ l’an passé. De leur propre aveu, 33% de nos concitoyens nous indiquent avoir moins donné. Le sentiment d’un pouvoir d’achat en berne et le besoin de transparence sur l’utilisation de leur don expliquent cette tendance.

- 40% ont fait don d’une somme allant de 1 à 50€, 24% de 51 à 101€ et 20% de 101 à 300€. Les plus généreux (4%) dépassent même les 1 000€ sur une année.

- Le montant du don annuel est très corrélé à la catégorie sociale et à l’âge des Français. Les plus jeunes donnent en moyenne 168€ quand les Français âgés de plus de 65 ans ont fait don de 294€. Les foyers ayant les plus hauts revenus (+3 500€ par mois) ont donné en moyenne 384€ cette année, quand le montant tombe à 126€ chez les foyers les plus modestes (moins de 1 500€ par mois).

- Au-delà des disparités sociales, nous relevons aussi des différences régionales importantes. En tête du classement : les régions Île-de-France et PACA.


Les associations et les fondations restent les premiers bénéficiaires de la générosité des Français

41% d’entre eux nous affirment faire un don au moins une fois par an à ces organismes. 8% le font même chaque mois. L’entourage est ensuite le deuxième bénéficiaire. 34% de Français indiquent faire un don au moins une fois par an à l’un de ses proches en difficulté.

Cependant, cette catégorie de bénéficiaire est la première touchée par la baisse de dons. L’an passé, 52% des Français déclaraient avoir fait un don à ses proches. Avec 34%, c’est 18 points de moins cette année.

Si 3 Français sur 4 font toujours des dons de biens matériels (vêtements, jouets, nourriture…), ces derniers sont également en baisse de 7 points.


Le pouvoir d’achat : premier facteur de la baisse des dons

33% de Français confirme avoir fait moins de dons que l’an passé. Les réformes fiscales (ISF, CSG…) sont régulièrement citées comme responsables de la baisse de la générosité. Le pouvoir d’achat est également pointé du doigt : 74% des Français ayant moins donné cette année affirment que c’est parce qu’ils pouvaient moins se le permettre qu’auparavant.

Après le pouvoir d’achat, la transparence est le deuxième facteur expliquant la baisse des dons

59% des Français ayant moins donné cette année le justifient par leurs doutes sur l’utilisation qui est faite des dons. Lorsqu’on les interroge sur les éléments qui les inciteraient le plus à faire des dons à une cause qui leur tient à cœur, 42% des Français citent en effet la transparence sur l’utilisation des fonds. Les Français exigent ensuite de bien savoir où et à qui leur don sera versé (37%) et ils sont 33% à faire part de leur souhait de savoir quel sera l’impact concret du don.


Changements de comportements : de nouvelles causes qui émergent

La recherche médicale et la lutte contre les maladies constituent les causes préférées des Français en matière de dons (41%). Elles devancent un peloton constitué de la lutte contre la pauvreté (31%), la protection de l’enfance (30%), la protection des animaux (30%), l’aide aux personnes malades ou handicapées (28%) et la protection de l’environnement (26%).

Au-delà du classement « brut », il est aussi intéressant de constater des évolutions importantes parmi les causes préférées des Français. Dans un contexte où les Français sont de plus en plus conscients des problématiques climatiques et environnementales, la protection des animaux et celle de l’environnement progressent en effet respectivement de 4 et 6 points.

En Bourgogne-Franche-Comté, on relève par exemple une cagnotte destinée au refuge de la SPA de Belfort qui, face à d’importantes difficultés financières, a pu collecter plus de 4 290€ par l’intermédiaire de 160 donateurs.

En Occitanie, les entrepreneurs Yann et Alexandre ont reconduit leur « Projet Silva », un projet dont le but est de favoriser la biodiversité par la création d’une 2ème forêt indigène dans le Tarn. Cette cagnotte a déjà été soutenu par près de 120 donateurs !

Les Français sont en revanche moins sensibles à la protection du patrimoine (-9 points), à la protection de l’enfance (-6), à l’aide aux personnes malades ou handicapées (-5), à la lutte contre la pauvreté (-4) et à l’aide d’urgence aux victimes de catastrophes naturelles ou d’attentats (-4).


87% des Français ont tendance à privilégier davantage les dons plus directs

Conséquence de leur exigence de transparence, les Français changent leurs comportements pour effectuer des dons plus ciblés et plus directs. 51% ont ainsi plus tendance qu’auparavant à faire des dons à des personnes en difficulté de leur entourage, 50% optent désormais plus souvent pour des associations locales plutôt que pour de grandes associations, 47% privilégient désormais des causes très ciblées. Ils sont aussi 38% à faire plus qu’avant des dons directement transmis à des personnes qu’à des organismes. Au total, 87% des Français ont changé au moins un de ces comportements de don.

Notons enfin que les Français préfèrent très majoritairement faire des dons de petites sommes fréquemment (88%) que donner de grosses sommes une fois de temps en temps (9%).

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