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Des jeunes Français en quête d’une entreprise plus sociétale

A l’occasion de la 8e édition du « Millennials Survey », Deloitte s’interroge sur les attentes des jeunes dans un monde en pleine mutation. Les Gen Y (ou Millennials) et Gen Z, en référence à la période à laquelle ils sont nés, constituent un groupe de personnes auquel il faut être attentif pour capter, anticiper et comprendre les évolutions en cours.

Dans cette nouvelle édition, les attentes des Millennials envers le monde du travail et leurs comportements en matière d’emploi et de consommation sont annonciatrices d’une transformation du modèle d’entreprise. Les jeunes pressent les organisations privées à changer pour relever les défis d’un monde qui va de plus en plus vite et interrogent leur capacité à muter vers une entreprise sociétale.


Une conscience aiguë des opportunités et risques associés aux transformations à l’œuvre

Parmi les principaux marqueurs qui ressortent de l’étude, les jeunes semblent conscients des mutations en cours. 53% des Gen Y et 48% des Gen Z français actuellement en emploi pensent qu’avec l’industrie 4.0, il sera plus difficile d’obtenir un emploi ou d’en changer à l’avenir. La main d’œuvre augmentée reste un concept nouveau et encore difficile à appréhender.

Dans le même sens, ils s’avèrent lucides sur les atouts et les limites des réseaux sociaux, bien que les Gen Z se démarquent de leurs aînés par une moindre méfiance : 62% des Gen Y et 56% des Gen Z français considèrent que, dans l’ensemble, les réseaux sociaux font plus de mal que de bien et environ 50% d’entre eux considèrent que les bénéfices des nouvelles technologies contrebalancent les risques associés au partage des données personnelles.

Dans ce contexte, les Millennials français ont des attentes fortes envers les entreprises : 20% d’entre eux pensent qu’elles sont les plus à mêmes de résoudre les défis mondiaux les plus urgents, dont le changement climatique, la répartition des richesses ou encore la protection des données. Une confiance proche de celle qu’ils placent dans les gouvernements (28%) et dans les ONG (21%). Pour autant, s’ils sont 42% à considérer que les entreprises en général ont un impact positif sur la société, 83% des Gen Y et 75% des Gen Z sont d’accord avec l’idée qu’elles privilégient l’atteinte de leurs propres objectifs plutôt que de prendre en compte l’ensemble de la société. Pour Deloitte, cette dissonance s’interprète davantage comme un appel à une entreprise plus sociétale. 


Un pessimisme plus fort en France marqué par un climat social tendu

Pour Deloitte, le décalage entre la rapidité et l’ampleur des transformations en cours et la perception d’une adaptation lente des entreprises est à l’origine des inquiétudes et du scepticisme des jeunes. Dans le monde, 26% d’entre eux pensent que la situation économique va s’améliorer dans les 12 mois. Seuls 12% des Millennials et 14% de la Gen Z interrogés en France y croient (contre 33% en 2018). Si la France s’inscrit dans les tendances mondiales, il existe un écart entre elle et le reste du monde, caractérisé par une négativité plus forte sur la plupart des sujets. Cela se traduit notamment dans « l’humeur générale » des Gen Y et Gen Z qui atteint à peine respectivement 23 et 27 points sur 100, contre 48 points pour les pays émergents et 32 points pour les pays matures. Le mouvement des Gilets jaunes et le climat social tendu des derniers mois ont pu influencer les répondants. Pour autant, les Gen Z français se démarquent aussi par un fort optimisme : 65% d’entre eux sont d’accord avec l’idée qu’il n’y a pas de barrières les empêchant d’atteindre leurs ambitions de carrière contre 58% des Gen Z dans le monde et 53% des Millennials français.


Vers un nouveau modèle d’entreprise

Les attentes pressantes envers elles et le scepticisme qui les accompagne interrogent la capacité des organisations privées à se convertir à l’entreprise sociétale. Pour Deloitte, répondre aux attentes des Millennials, c’est transformer le modèle d’entreprise à trois niveaux : maximiser son impact sociétal, interagir avec son écosystème et construire un environnement de travail positif.

En ce sens, en France, 40% des consommateurs Y et 36% des consommateurs Z ont entamé ou approfondi une relation avec une entreprise dont les produits ont un impact positif sur l’environnement ou la société. Les attentes des jeunes révèlent que, aujourd’hui, les entreprises sont jugées sur leur capacité à générer un impact sociétal positif à travers la nature des produits et des services qu’elles conçoivent.

Cette recherche de sens passe également par les emplois alternatifs : 76% des Gen Y et 80% des Gen Z envisagent de rejoindre la gig economy, qui semble offrir la flexibilité et l’autonomie auxquelles aspirent les jeunes. 45% des Gen Y et 58% des Gen Z français s’attendent à quitter leur employeur actuel dans les 2 ans. Plus qu’une question de loyauté, ce chiffre révèle, selon Deloitte, une transformation du modèle d’emploi. Cette tendance doit inciter les organisations à se questionner sur leur capacité à interagir au-delà de leurs frontières « contractuelles » et à engager avec leurs propres talents une relation où le développement professionnel est envisagé de manière plus large. Toutefois, si l’Open ‘talent’ bouleverse les schémas traditionnels, elle préfigure aussi une possible précarisation économique et sociale.

A l’opposé d’une organisation désincarnée, les Millennials aspirent à un modèle plus humain et à un management qui leur ressemble redonnant à chaque individu le pouvoir d’action et de décision. Le modèle sociétal propose de faire de l’entreprise un lieu de vie dont le mode d’organisation est fondé sur une collaboration accrue entre des équipes pluridisciplinaires et autonomes participant à une aventure collective.

« Les jeunes disruptent le monde d’aujourd’hui autant qu’ils sont disruptés. Leurs comportements et leur adaptation sont les signes de transformations profondes des modèles d’entreprise, d’emploi et de consommation, qui traversent en réalité toutes les catégories d’âge. Ils pressent fortement les organisations privées de changer pour relever les défis d’un monde qui va de plus en plus vite. Observer les tendances qui émergent chez les jeunes doit inciter les entreprises à s’interroger sur leur raison d’être et leur capacité à muter vers une organisation sociétale dont le rapport de force avec ses parties prenantes se rééquilibre », conclut Laurence Monnet-Vernier, Human Resources Partner chez Deloitte.

Plus d'informations sur l'étude ici.

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