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L'Open Banking : un nouveau monde pour les banques traditionnelles

Tandis que de nouvelles tendances sociétales, de nouveaux outils technologiques, de nouvelles réglementations et concurrences, incitent les banques à repenser en profondeur leur modèle, la révolution de l’Open Banking représente un risque pour le secteur traditionnel, mais aussi une opportunité, explique Deloitte, dans sa dernière étude sur le sujet.

« Depuis la création des tout premiers systèmes bancaires, les banques se sont adaptées aux changements politiques et sociétaux et ont su faire évoluer leurs offres. Pour autant, le cœur de métier de la banque n’a pas radicalement changé au cours des siècles. Nous sommes convaincus qu’avec l’Open Banking, ce passage d’un écosystème fermé à un écosystème ouvert, l’industrie bancaire est aujourd’hui au bord d’une révolution majeure qui touchera l’ensemble des produits et services. Toutefois, et malgré la concurrence exercée par les nouveaux acteurs que sont les Fintechs et Mégatechs, nous estimons que les banques traditionnelles ont toutes les cartes en mains pour s’assurer une place de choix dans ce nouveau système bancaire », estime Julien Maldonato, Associé Conseil Industrie Financière chez Deloitte.


L’Open Banking conduit la concurrence vers de nouveaux champs de compétences

Dans le système actuel, les institutions se concurrencent et gagnent leurs parts de marché en misant sur une offre de produits de qualité, ainsi que sur la protection des données, des algorithmes et des transactions. Demain, dans un système de banque ouverte, les différences se joueront autour d’une offre d’outils et de solutions digitales, ainsi que sur la qualité du partage des données, des algorithmes et des transactions au sein d’un écosystème de partenaires.

Depuis leur arrivée sur le marché en 2005, les Fintech ont bouleversé la banque. Elles ont changé la manière avec laquelle les services bancaires sont conçus et consommés en définissant la forme et le rythme de l’innovation des services financiers, en redistribuant les attentes et les valeurs des clients, et en augmentant le niveau d’exigence des clients vis-à-vis de leur expérience utilisateur. D’ailleurs, 81% des français jugent ces nouveaux acteurs innovants.

« Si aujourd’hui, une minorité de banques a franchi le cap de l’Open Banking, 90% d’entre elles l’envisagent d’ici 3 ans. Cela montre qu’elles ont pris conscience de l’ampleur du changement, mais que des réticences demeurent. Cette défiance est d’abord d’ordre culturel pour 29%, avant d’être d’ordre sécuritaire pour 26% », explique Julien Maldonato.


Les sérieux atouts des banques traditionnelles pour prendre une place de choix dans l’écosystème de l’Open Banking

Dans ce nouvel environnement, les banques traditionnelles ne manquent pas d’atouts. 78% des français ne souhaitent d’ailleurs pas remplacer leur banque par une FinTech1. Les banques peuvent donc :
- Mettre à profit leur expérience, leur gestion des risques et leur caractère social.
- Profiter de l’augmentation et de la diversité des Fintechs pour bâtir de nombreux partenariats (utilisation de leurs APIs, échange de données, plateformes communes…)
- Devenir l’intermédiaire essentiel entre les parties prenantes, ce que les Fintechs peinent à devenir.

Les banques disposent de trois atouts majeurs : la confiance accordée à l’institution, la capacité à gérer le risque, et un réseau physique qui incarne la proximité.

Dans ce contexte, 3 rôles stratégiques s’offrent aux banques pour profiter de l’Open Banking :
1/ Producteur : La banque abandonne le contrôle de l'interface client et se différencie en utilisant les forces de ses produits pour accéder aux clients via des plates-formes tierces et concurrentes.
2/ Fournisseur : La banque génère des revenus de la fourniture de services d’infrastructures aux interfaces bancaires et aux producteurs de services bancaires.
3/ Interface : La banque conserve l'interface client et reste le principal point d'interaction pour les clients et leurs finances. Cependant, elle ne fournit plus de produits et de services bancaires exclusifs aux clients. Au lieu de cela, elle offre des produits et services via son interface à partir de différents producteurs, y compris les banques historiques, challengers et FinTechs.

« Les banques traditionnelles ont de nombreux atouts pour prendre le virage de l’Open Banking. Inscrites dans le paysage, avec un réseau physique conséquent et un nombre élevé de collaborateurs, elles ont construit leur image autour du coffre-fort, symbole de leur rôle de garant des avoirs de leurs clients. A l’heure du numérique et des nouveaux acteurs, la banque garde un capital-confiance solide. Tout l’enjeu pour les banques sera de garder cet avantage sur les Fintechs et les Mégatechs, tout en s’ouvrant à l’écosystème né de l’Open Banking », conclut Julien Maldonato.

www2.deloitte.com/

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