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Euro 2016 : le pronostic boursier de la Société Générale

ER - Acteurs du secteur financier
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La Société Générale n’a pas attendu que s’ouvre le 15e Championnat d’Europe de foot pour dire quelles sont les valeurs qui devraient tirer parti de l’événement organisé par l’Union des associations européennes de football et qui se tiendra, en France, du 10 juin au 10 juillet. Ils livrent une sélection de vingt-trois compétitrices.

 

Bière et ballon rond

Les analystes de Société Générale Corporate & Investment Banking, Roland Kaloyan, Charles De Boissezon et Kevin Redureau, ont choisi onze actions « titulaires » (players) et douze actions « remplaçantes » (substitutes), et ce dans différents secteurs d’actovoté. Les compagnies aériennes font naturellement partie des titulaires. Il s’agit d’Air France (plusieurs dizaines de destinations), du britannique Easyjet et de l’irlandais Ryanair Holdings. La foule des supporters devra se rendre dans les dix villes (Bordeaux, Lens Agglo, Lille Métropole, Lyon, Marseille, Nice, Paris-Saint-Denis, Saint-Etienne, Toulouse) où se joueront les matches. Beaucoup d’amateurs opteront pour le transport en avion.

Les hôtels, quant à eux, auront aussi un taux de fréquentation en hausse. Ce sera le cas de la chaîne AccorHotels, qui fait partie de la liste de la banque. L’établissement n’a pas oublié les paris en ligne, les plus téméraires des aficionados n’hésitant pas à encourager leurs équipes favorites et tenter, au passage, d’en retirer quelque bénéfice en espèces sonnantes et trébuchantes. C’est l’irlandais Paddy Power Betfair, l’un des leaders des paris sportifs (ou non sportifs), qui a été retenu pour illustrer ce thème.

L’image d’Epinal qui veut que l’on associe bière et ballon rond a la vie dure ! Le danois Carlsberg (Carlsberg, mais aussi Tuborg, 1664, Kronenbourg, Holsten…), partenaire officiel de la manifestation, et le néerlandais Heineken (Heineken plus, entre autres marques, Desperados, Affligem, Pelforth, Fischer, « 33 » Export, Amstel…) figurent parmi les valeurs titulaires. Bien entendu, les matches seront retransmis à la télévision, ce qui devrait booster les audiences d’ITV, premier groupe audiovisuel britannique. Les trois derniers titres qui, pour filer la métaphore, seront sur le terrain (et non sur le banc des remplaçants) sont Vinci, Eiffage, spécialistes de la construction de stades et des infrastructures, et l’allemand Adidas, en lice parmi les nombreux sponsors de l’Euro 2016.

 

2,5 millions de spectateurs

Le staff des valeurs remplaçantes rassemble deux autres fleurons de la télévision, TF1 (vingt-deux matches à retransmettre) et M6 (onze matches). Sont également représentés le gréco-britannique Coca-Cola Hellenic Bottling Company, Groupe ADP (ex-Aéroports de Paris), Eucopcar, le franco-britannique Groupe Eurotunnel (détenu à près de 40 % par… des actionnaires américains), Groupe Fnac et Darty. Notons que le groupe adossé à Vivendi a dernièrement pris le contrôle de la marque au « contrat de confiance », cotée à Londres, au terme d’une bataille pleine de rebondissements avec Conforama, enseigne que détient le sud-africain Steinhoff International. Les quatre autres titres remplaçants, également liés par des intérêts commerciaux à l’Euro 2016, sont le britannique GVC Holdings (Sportingbet, bwin, Party gaming), Elior, Kering et le britannique Punch Taverns.

L’Euro 2016 devrait attirer jusqu’à 2,5 millions de spectateurs, dont environ 1,5 million de visiteurs étrangers. Précisons que vingt-quatre équipes (cinquante-quatre avant les épreuves qualificatives) seront sur la ligne de départ. Les retombées pour la France pourraient s’élever de 1 milliard à plus de 1,5 milliard d’euros, selon les estimations (avec au moins 150 millions de recettes fiscales à la clé). Selon le Centre de droit et d’économie du sport de Limoges (CDES), les fans étrangers dépenseraient près de 800 millions d’euros à l’occasion de l’événement, soit plus de 500 € par personne. Les V.I.P. (Very Important Persons) débourseraient en moyenne 1.500 €.

Les experts du CDES tablent sur une stimulation générée par l’Euro 2016 de 0,2 % pour le PIB tricolore. Selon l’UEFA (Union of European Football Associations), le chiffre d’affaires des droits audiovisuels pourrait atteindre 1 milliard d’euros. Cent vingt groupes audiovisuels sont concernés sur l’ensemble de la planète. Pour la billetterie et l’hôtellerie-restauration, les ventes s’élèveraient à 500 millions d’euros. Quant au sponsoring, il porterait sur 400 millions d’euros. En 2012, en moyenne par retransmission, près de 150 millions de téléspectateurs étaient devant leurs écrans. L’audience globale a dépassé les 8 milliards de personnes ! Enfin, pour ceux qui l’ignoreraient, précisons que la mascotte du tournoi 2016 s’appelle… Super Victor.

Michel Lemosof

 

L’avis de la rédaction

La liste de vingt-trois valeurs de Société Générale Corporate & Investment Banking ne constitue pas une incitation à acheter des titres, et ce d’autant moins que la plupart sont déjà correctement valorisés par le marché, car ce sont des valeurs de standing. En 2010, avant la Coupe du monde de football qui s’était déroulée en Afrique du Sud, la Société Générale avait lancé un certificat 100 % foot qui regroupait seize valeurs européennes.

De son côté, BNP Paribas avait aussi lancé un certificat 100 % foot à durée de vie limitée. Ce produit financier permettait de s’intéresser à un « panier » de douze entreprises : Adidas, Beiersdorf (Nivea, Eucerin, La Prairie, Labello, Hansaplast), Coca-Cola, Continental, Danone, Heineken, MTN Group (télécommunications en Afrique), Nestlé, Nike, Puma, Sony et Visa. S’y ajoutait le tracker Easy ETF South Africa FTSE/JSE Top 40. Sans doute faute de succès ou de résultats probants, de telles expériences n’ont pas été renouvelées. En Bourse, lors de précédentes coupes du monde, l’agroalimentaire, les services et la distribution, par exemple, s’étaient relativement mieux comportés que les médias et l’hôtellerie…

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