Le Groupe BEI investit 13 milliards d’euros en France en 2025
pour le climat, la sécurité et l’innovation
Le Groupe BEI a connu
une activité très soutenue l’an dernier en France, avec 13 milliards d’euros de
financements à long terme accordés directement ou indirectement aux entreprises
de toutes tailles du secteur privé et aux entités du secteur public : 10,6
milliards d’euros issus de la Banque européenne d’investissement (BEI) et 2,4
milliards d’euros du Fonds européen d’investissement (FEI), sa filiale
spécialisée dans le financement aux PME et à l’innovation. En 2025, la France a
été, comme en 2024, le premier pays bénéficiaire des financements du Groupe
BEI.
Au niveau mondial, le Groupe BEI a enregistré en 2025 un volume annuel de financement record de
100
milliards d’euros.
« Dans un contexte
marqué par l’incertitude géopolitique, le Groupe BEI a mis le cap sur le
renforcement de l'autonomie stratégique européenne et les projets améliorant la
vie quotidienne des citoyens. La France, avec des financements en progression à
13 milliards d’euros, est le premier pays d’opération du Groupe BEI », explique Ambroise
Fayolle, vice-président de la BEI. « Avec trois particularités : i) une
part très élevée (61 %) en faveur du climat ; ii) 30 % de financements pour
l’innovation ; iii) 670 millions d’euros pour la sécurité et la défense. »
« Le FEI est devenu un
acteur incontournable du soutien à l’innovation en France », ajoute Marjut
Falkstedt, directrice générale du Fonds européen d’investissement. «
Nous investissons dans les technologies de demain, que ce soit dans le climat,
la santé ou la défense. En 2025, les financements en faveur de jeunes
entreprises françaises, à travers les fonds dans lesquels nous avons investi,
ont fait de la France, comme en 2024, le premier pays d’activité du FEI ».
Climat et énergie
Le Groupe BEI est la
banque du climat de l’Union européenne. La France confirme son rang de premier
pays bénéficiaire des financements pour le climat : 8 milliards d’euros (un
record), soit 61% du total du Groupe BEI en France (près de 68% pour la seule
BEI) sont allés en 2025 à des projets ayant un impact positif pour l’action
climatique et l’environnement. La transition et la sécurité énergétiques
occupent une place centrale : 4,5 milliards d’euros de financements.
Les opérations
réalisées incluent un prêt de 500 millions d’euros à Enedis pour la
modernisation du réseau électrique, des accords avec Crédit Agricole et BPCE
(500 millions et 250 millions d’euros respectivement) pour soutenir les
fabricants d’éoliennes, ou encore un prêt de 100 millions d’euros à Bpifrance
pour soutenir le secteur privé dans des projets d’énergies renouvelables. La
BEI a également accordé un prêt de 400 millions d’euros à Orano pour accroître
de 30% ses capacités d’enrichissement de l’uranium destiné aux centrales
nucléaires.
Projet transfrontalier
emblématique et d’intérêt stratégique pour l’Europe, l’interconnexion
électrique entre la France et l’Espagne dans le Golfe de Gascogne a bénéficié
d’un financement majeur de 1,6 milliard d’euros, réparti à parts égales entre
le gestionnaire français RTE et l’espagnol Red Electrica. Il permettra
d’améliorer la fiabilité de l’approvisionnement en électricité entre la France,
l’Espagne et le Portugal, avec des bénéfices pour l’ensemble du territoire
européen.
La décarbonation passe
également par un soutien accru à la mobilité durable, ou à la rénovation
énergétique des bâtiments publics, des écoles et des lycées. Elle concerne
également la filière agricole : le prêt de 70 millions d’euros à Sodiaal,
première coopérative laitière de France et troisième d’Europe, en est une
illustration concrète puisqu’il vise à réduire ses émissions de CO2 en même
temps qu’il contribue à préserver notre sécurité alimentaire.
Sécurité et défense
En 2025, le Groupe BEI
a multiplié par quatre ses financements dans la sécurité et la défense, en les
portant à plus de 4 milliards d’euros au niveau européen, soit près de 5% de
son activité totale. En France, le Groupe BEI a financé un montant record de
670 millions d’euros grâce à plusieurs opérations inédites, dont un prêt de 400
millions d’euros à Thales pour soutenir la R&D dans l’aéronautique et les
radars. Cette opération marque le premier financement de l’histoire de la BEI
en faveur de ce leader mondial des technologies de défense.
Un financement de 150
millions d’euros à Banque Populaire Caisse d’Épargne (BPCE), afin de soutenir
la base industrielle et technologique de défense (BITD), représente le premier
accord de ce type avec une banque française. La BEI a par ailleurs accordé un
financement de 37 millions d’euros à Cailabs, spécialiste des communications
laser entre les satellites et les stations terrestres, et de 25 millions
d’euros à Gatewatcher, spécialiste de la cybersécurité.
Le FEI, de son côté, a
investi 30 millions d’euros dans le fonds Sienna IM Héphaïstos, entièrement
dédié aux PME du secteur de la défense.
Compétitivité,
innovation, R&D
Les financements en
faveur de l’innovation, du numérique et du capital humain ont atteint 4
milliards d’euros en France en 2025, soit 30 % du total engagé dans l’Hexagone.
Le Groupe BEI a réuni les financements dans l’innovation et les nouvelles
technologies sous le programme TechEU, doté d’une enveloppe de 70 milliards
d’euros visant à mobiliser 250 milliards d’euros d’ici à 2027.
En France, parmi les
opérations marquantes, figurent les financements à Nexans (250 millions
d’euros) pour la production de câbles et le recyclage du cuivre (dans le même
secteur, un financement à Prysmian aura également des retombées positives sur
la production dans l’Hexagone), et à Technip Energies (40 millions d’euros)
pour soutenir la R&D dans les technologies de décarbonation. Le financement
de la recherche-développement participant à l’industrialisation de demain
comprend des prêts accordés à Arcelor et Renault, ainsi qu’au fabricant
franco-italien de semiconducteurs STM Microelectronics (500 millions répartis
entre les sites des deux pays).
Ces opérations visent à
renforcer les chaines de valeur européennes, afin de préserver notre autonomie
stratégique dans les secteurs clés. Un soutien majeur a également été apporté
au développement du capital humain via l’éducation et la santé.
Plusieurs jeunes
entreprises innovantes ont également bénéficié d’un appui déterminant de la
BEI, notamment dans le domaine médical, avec MAAT Pharma et EDAP, ou encore
dans la bio-agriculture à travers le financement d‘Eranova (production de
plastique recyclable à partir d’algues marines).
Dans le cadre de
l’Initiative pour les champions technologiques européens (ICTE), soutenue par
six pays de l’UE, dont la France, le FEI est par ailleurs devenu l’investisseur
de référence du fonds « deep-tech » Jolt Capital V, avec un apport de 260 millions
d’euros.
Collectivités
territoriales, infrastructures sociales
Environ 4 milliards
d’euros ont été mobilisés en faveur des collectivités territoriales et autres
entités publiques, en faveur de projets visant le développement du capital
humain (éducation, santé…) et l’amélioration de la vie quotidienne des
citoyens.
Quelques exemples :
Éducation (1,07 milliard
d’euros) : la BEI accompagne la rénovation ou la construction d’établissements
scolaires de tous niveaux : écoles (Marseille), collèges (Départements de la
Somme, du Puy-de-Dôme et de la Seine-et-Marne) et lycées (Région Sud). C’est
près d’un enfant sur cinq qui bénéficiera de l’intervention de la BEI dans la
zone des projets.
Santé (550 millions d’euros)
: le secteur hospitalier bénéficie d’un soutien significatif avec quatre
opérations portant sur l’hôpital de Lens, la modernisation des CHU de Bordeaux
et Montpellier et la construction de Saint-Ouen Paris Nord (AP-HP). Ce sont plus
de 4,7 millions de personnes qui bénéficieront de services de soins améliorés à
la suite de l’intervention de la BEI.
Logement (656 millions d’euros)
: cinq opérations avec le secteur public pour le logement intermédiaire et la
rénovation énergétique des bâtiments via trois opérations avec le groupe CDC,
INLI et Bordeaux Métropole Énergies. Ce sont plus de 15 000 logements sociaux
et intermédiaires qui seront construits ou rénovés grâce à l’intervention de la
BEI en 2025. La France est le premier bénéficiaire des financements BEI en
Europe pour le logement au cours des 5 dernières années, avec 3,4 milliards
d’euros.
Efficacité énergétique
: un
prêt de 90 millions d’euros a été accordé à Bordeaux Métropole Énergies afin de
soutenir un programme de développement des énergies renouvelables en milieu
urbain et rural et de rénovation des bâtiments.
Transport et mobilité
durable
(1,2 milliard d’euros) : Plan rail Région Bretagne et Région Pays de la Loire,
renouvellement du matériel roulant pour les lignes de métro de Paris, autobus à
Clermont-Ferrand… Ce sont plus de 97 millions de passagers par an qui
bénéficieront de services améliorés de transport. La BEI a aussi participé à plusieurs
émissions d’obligations vertes, dont celles d’Ile-de-France Mobilité et de la
SNCF.
Les financements aux
collectivités territoriales et entités publiques jouent un rôle déterminant
pour le développement local, la cohésion économique et sociale, ainsi que
l’égalité d’accès aux services essentiels. En 2025, 55 % des financements du
Groupe BEI en France ont ainsi été orientés vers des projets dans des
territoires relevant de la politique de cohésion de l’Union européenne.
Financements aux PME et
ETI
L’effort combiné de la
BEI et du FEI a permis d’allouer près de 4 milliards d’euros aux petites et
moyennes entreprises (PME) et aux entreprises de taille intermédiaire (ETI),
tous secteurs confondus. Le Groupe BEI dans son ensemble aura ainsi contribué au
financement de près de 60 000 PME et ETI françaises et soutenu 849 000 emplois.
Le rôle de la BEI
Plus de 1,7 milliard
d’euros ont été alloués par la BEI aux PME et aux ETI à travers des
financements intermédiés aux banques commerciales et autres établissements
financiers. Ces opérations constituent un levier central de l’action du Groupe
BEI en faveur de l’économie réelle, en permettant aux entreprises d’accéder à
des financements de long terme à des conditions attractives, tout en renforçant
la capacité de distribution de crédit des établissements partenaires.
En France, la BEI et le
FEI travaillent avec un réseau solide de partenaires bancaires, notamment BPCE,
BFCM, Arkéa, La Banque Postale, CEPAC, BRED, Crédit Agricole, qui jouent un
rôle clé dans la distribution des financements auprès des entreprises sur l’ensemble
du territoire. Les projets soutenus couvrent des secteurs essentiels pour
l’économie française : efficacité énergétique des logements, transition
climatique, agriculture et bioéconomie, infrastructures de l’eau, santé,
outre-mer, ainsi que le financement de la chaîne de valeur du secteur de la
défense et de la sécurité.
Le rôle du FEI
En complément de
l’intervention de la BEI, le FEI a consacré en 2025 2,2 milliards d’euros aux
entreprises françaises et environ 200 millions d’euros à des projets
d’infrastructure, pour 120 contrats signés. Le FEI a ainsi puissamment renforcé
son rôle de catalyseur de la croissance avec un volume d’activité total de 2,4
milliards d’euros. Son portefeuille s’est reparti entre ses trois produits :
• Capital-risque et capital-développement (1,2
milliard d’euros)
• Garanties (0,7 milliards d’euros)
• Titrisations (0,5 milliards d’euros)
Par ailleurs, un effort
particulier a été déployé dans le cadre de l’Initiative nationale pour
l’agriculture française (INAF), qui permettra d'allouer, au cours des
prochaines années, 2 milliards d’euros de prêts auprès d’intermédiaires
financiers (Arkéa, BPCE, Crédit Agricole, Crédit Mutuel) pour faciliter l’accès
des agriculteurs au financement bancaire.
Activité de conseil
En 2025, une trentaine d’acteurs ont bénéficié de l’accompagnement de la BEI en matière de conseil technique et financier. Il s’agit d’autorités et entités publiques, d’entreprises innovantes et d’intermédiaires financiers porteurs d’un portefeuille diversifié de projets alignés sur les priorités de l’Union européenne. Parmi les projets phares figure le partenariat avec la Caisse des Dépôts et Consignations, dans le cadre du programme EduRenov, visant à accompagner plusieurs centaines de collectivités territoriales dans la préparation et la structuration de projets de rénovation énergétique des bâtiments scolaires. Par ailleurs, la BEI accompagne le développement d’un cluster « sécurité et défense » dans la Région Sud, en contribuant à structurer un écosystème reliant grands acteurs industriels, PME et acteurs publics.


