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5%, c'est l'écart de rémunération entre les femmes et les hommes actifs

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Par Delphine Chauffaut, Conseillère en charge de l'égalité professionnelle

Les causes de cet écart sont multiples, mais il est notamment le reflet d'une division sexuelle du travail portée par des stéréotypes véhiculés par toute la société,y compris par les politiques publiques. Les solutions proposées dans l’étude Terra Nova sont plurielles et concernent aussi bien un système d'information publique sur les niveaux de rémunération qu'une meilleure prise en charge des personnes dépendantes.

Synthèse de l’étude

Malgré un encadrement juridique contraignant, les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes actifs atteignent aujourd’hui, en France, environ 25%. Cet écart peut se décomposer en trois grandes catégories de facteurs :
- Le premier, qui représente entre un tiers et la moitié de cet écart, s’explique par la plus grande importance des emplois à temps partiel chez les femmes, qui occupent 80% du total de ces emplois.
- Le deuxième, qui constitue un peu moins d’un tiers de l’écart, reflète les différences dans les métiers exercés par les femmes et les hommes, et les postes atteints.
- Le troisième enfin, qui représente entre 6 et 10% de cet écart selon les études, est un écart inexpliqué par les données statistiques dont nous disposons ; il peut être lié à un écart entre entreprises aux caractéristiques similaires, ou encore au sein des entreprises - une part étant alors de la discrimination. De façon descriptive, on note que ces inégalités sont encore accrues dans certaines zones géographiques (la région parisienne par exemple), dans certains secteurs (le secteur bancaire), ainsi que parmi les plus hauts niveaux de revenus.

Avec des facteurs multiples, les solutions ne peuvent qu’être plurielles. C’est pourquoi les propositions qui influent sur les positions des hommes et des femmes sur le marché du travail (école, branches professionnelles, entreprises mais aussi politique fiscale, politique familiale etc.), et adressées à l’ensemble des acteurs publics ou privés, doivent être mises en place de façon concomitante pour briser les causes porteuses d’inégalités.


Dans cette étude, deux grands types de propositions se dessinent :

- Les premières visent à attaquer le noyau dur des inégalités, leur part « inexpliquée ». L’information des salariés et des entreprises forme le cœur de cet axe. Un système d’information unique sur les salaires dans les entreprises permettrait de détecter des inégalités présumées inexpliquées dans certaines entreprises ; les Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi pourraient alors cibler leur accompagnement auprès de ces entreprises, en matière de discrimination salariale comme de développement de techniques de promotions plus équitables. Par ailleurs, un système d’information publique sur les niveaux de rémunération en fonction des caractéristiques du poste et de l’entreprise donnerait à chaque salarié la possibilité de savoir comment se situe son niveau de rémunération par rapport à la moyenne.
 Les secondes, dont les effets potentiels sont à la fois plus structurels mais aussi plus progressifs, visent à faire évoluer les stéréotypes qui aboutissent à ce que les positions des femmes et des hommes soient différentes sur le marché de l’emploi.  

Pour lutter contre la ségrégation entre les métiers, notamment les métiers les moins qualifiés, il faut prolonger les plans sectoriels engageant tous les acteurs en faveur de la mixité. Cette démarche peut être accompagnée d’une stratégie de rénovation des classifications  permettant de valoriser de façon équitable les métiers.

Pour lutter contre l’inégale répartition des tâches domestiques et parentales, responsables d’une partie du temps partiel, il faut prolonger la politique de valorisation conjointe des parents auprès des enfants, et accélérer la prise en charge des dépendants - jeunes enfants ou parents âgés -, dont la charge pèse essentiellement sur les femmes. A plus court terme, pour lutter contre la double peine provoquée par le temps partiel (moindre rémunération et limitation des possibilités d’évolution), une sur-dotation en matière de formation pourrait être établie.

De façon plus transversale encore, toutes les politiques publiques doivent être repensées au prisme de leurs effets, y compris indirects, sur l’égalité entre les femmes et les hommes. Cette analyse devrait être particulièrement poussée en matière de politique familiale, fiscale, d’emploi - le secteur de l’insertion par l’activité économique étant particulièrement segmenté -, de formation professionnelle - avec une attention particulière pour les femmes à temps très partiel -, ou encore de développement de l’entreprenariat.

 

 

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