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Les dirigeants des PME, moins optimistes mais plus innovants en 2013

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Une enquête portant sur 3 000 petites entreprises européennes et américaines met en lumière leurs comportements et leurs attentes à l’égard des pouvoirs publics

  • 38% des patrons de PME se disent optimistes pour l'année à venir, contre 48% il y a un an.
  • Près des deux tiers des entrepreneurs pensent éviter de recourir à des licenciements sur les 12 prochains mois et un sur dix prévoit même d’embaucher.
  • Près d’un entrepreneur sur trois (29%) a mis au point un nouveau produit ou service durant l’année écoulée et deux tiers d’entre eux projettent d’en lancer un autre au cours des 12 prochains mois. En effet, les petites entreprises cherchent constamment à innover pour gagner en compétitivité.
  • Malgré les mesures de prêts incitatifs, plus des trois quart des répondants (78%) affirment que les sources de financement restent difficiles à trouver.
  • Si le dirigeant d’une petite entreprise travaille en moyenne 41 heures par semaine (42,1 heures pour les français). les Britanniques ont la semaine de travail la plus courte avec 37,6 heures. Ils ont néanmoins la définition la plus élastique du « travail ».
  • Les patrons de PME ont des attentes précises à l’égard des autorités : réduire les taux des impôts directs, simplifier les règles comptables et stimuler le crédit.

Une étude internationale de l’assureur Hiscox met en évidence la détermination dont font preuve les dirigeants des petites entreprises qui lancent de nouveaux produits ou améliorent leur efficacité en réaction au climat économique défavorable. Telles sont les conclusions de la cinquième enquête annuelle ADN d’un entrepreneur, qui s’appuie sur les réponses de 3000 patrons de PME en France, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, aux Pays-Bas, en Allemagne, et en Espagne.

Bronek Masojada, CEO de Hiscox, déclare : « Les conclusions de notre enquête confortent l’idée selon laquelle les petites entreprises s’adaptent à ‘la nouvelle donne’. Elles préfèrent anticiper des conditions commerciales rudes plutôt que d’espérer un retour des années fastes. Elles font ainsi face aux évolutions du marché en faisant preuve de détermination et d’inventivité (lancement de nouveaux produits ou services qui les positionnent en avance de la concurrence et en investissant dans la formation). Elles ont aussi une idée très précise de ce qu’elles attendent des pouvoirs publics, ce sur quoi les responsables politiques seraient bien avisés de méditer puisqu’elles œuvrent pour sécuriser une reprise certaine et durable dans chacun de ces pays.»

 

Un combat épuisant et réduit à sa plus simple expression

Les conclusions de l’enquête mettent en lumière le contexte défavorable aux affaires pour les entrepreneurs. Un peu plus d’un tiers des sondés (37%) ont indiqué que leur chiffre d’affaires avait augmenté durant l’année écoulée, ce pourcentage est néanmoins en recul par rapport à 2012 (46%). Parallèlement, un peu moins de la moitié des participants (47%) ont fait état d’une progression du nombre de clients, contre 60% en 2012, et un peu plus de la moitié (51%) ont constaté un allongement des délais de paiement de la part de leurs clients, ce qui pèse encore davantage sur des structures déjà vulnérables.

En outre, il est toujours difficile de trouver des financements. Pour plus des trois quarts des sondés (78%), il est délicat pour une nouvelle entreprise d’obtenir des financements, sauf pour les Anglais qui ont appréhendé cette étape plus facilement cette année.

Dans ce contexte, les niveaux d’optimisme ont généralement reculé depuis l’enquête de l’an dernier, même si les optimistes demeurent plus nombreux que les pessimistes. Si 38% des participants se sont dits optimistes pour l’année à venir, contre 48% l’année précédente, le nombre de sondés ne se déclarant pas optimistes est passé de 27% à 33%. La baisse la plus marquée a concerné les Pays-Bas, avec une chute de 19 points de pourcentage entre cette année et l’an dernier (61% en 2012, contre 42% cette année). L’Espagne est le seul pays dans lequel les niveaux d’optimisme sont restés inchangés, à 28%.

Sans surprise, les sondés se sont déclarés très attentifs à leurs effectifs. Seul un sur dix a l’intention d’augmenter le nombre de salariés durant l’année à venir, contre 15% il y a un an. Signe encourageant, 63% de l’ensemble des participants pensent éviter de recourir à des licenciements, soit une légère progression par rapport à l’an dernier (60%).

La riposte : l’innovation et la détermination

L’étude montre que près d’un sondé sur trois (29%) a mis au point un nouveau produit ou service au cours des 12 derniers mois. C’est aux Etats-Unis que ce pourcentage est le plus faible (19%) et en Espagne qu’il est le plus élevé (39%). Plus de la moitié (51%) des entrepreneurs innovants ont indiqué que leurs prévisions de ventes avaient été atteintes et près des deux tiers (64%) projettent de poursuivre sur la voie de l’innovation au cours des douze prochains mois.

Plus de la moitié des sondés ou de leurs collègues (55%) ont participé à des modules de formation ou de perfectionnement professionnel durant l’année écoulée. C’est en France que cette proportion est la plus faible (40%), tandis qu’aux Pays-Bas (67%) et en Espagne (66%) elle est la plus élevée. La durée moyenne consacrée à la formation et au perfectionnement dépasse légèrement six jours mais, une fois encore, les Espagnols sont les plus mobilisés dans ce domaine, avec une moyenne de 9,9 jours. Le développement des compétences commerciales, techniques ou professionnelles a été particulièrement prisé puisqu’il a concerné pas moins de 41% des sondés.

Malgré les difficultés rencontrées, plus de la moitié des participants préfèrent toujours mener leur propre barque, plutôt que d’être salarié d’une entreprise. Les avantages les plus couramment cités sont les horaires de travail plus souples, la possibilité d’influer sur l’orientation de l’entreprise, une plus grande maîtrise et un travail plus valorisant.

Les attentes des petites entreprises à l’égard des pouvoirs publics

Dans ce contexte tendu, 38% des entrepreneurs ont indiqué que l’absence de soutien des pouvoirs publics constituait leur plus grande crainte pour l’année à venir. En outre, et pour la première fois, les sondés ont été invités à noter sur une échelle de un à dix les principales initiatives que les autorités devraient prendre selon eux. La réduction des impôts directs, la simplification des règles comptables et la stimulation du crédit ont figuré en tête des priorités. Fait intéressant, les Britanniques ont été les moins critiques envers les lourdeurs administratives et le droit du travail. Sur ces questions, ainsi que sur la fiscalité et la culture nationale, ils sont devenus moins critiques au cours des deux dernières années. Ils forment le seul groupe qui s’est comporté ainsi sur l’ensemble des quatre thèmes. A l’inverse, les Français (70%) se distinguent des autres pays notamment par le manque de culture du risque. Cette tendance trouve sa source dans leur perception du système éducatif, qui, pour 79% d’entre eux, n’encourage pas les idées et les rêves individuels.

En quoi consiste le « travail » ?

Les sondés ont aussi été invités à préciser quelles activités constituaient selon eux le « travail ». L’enquête a mis en évidence de grandes disparités entre les pays.

De manière surprenante, 45% de l’ensemble des participants ont assimilé à du travail les déplacements vers et depuis le lieu de travail et 37% ont estimé qu’ils travaillaient lorsqu’ils déjeunaient dans leur bureau. Les Français ont une définition très pragmatique du travail puisqu’ils ne considèrent pas réellement comme du « travail » la formation, le réseautage ainsi que les déjeuners clients.

Enfin, si le dirigeant d’une petite entreprise travaille en moyenne 41 heures par semaine, les Britanniques ont la semaine de travail la plus courte avec 37,6 heures, soit 4,5 heures de moins que les Français.

 

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