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[Tribune] Assurance cyber : le cyber est un risque bien réel dont l’intensité ne faiblit pas

A l'occasion du mois de la cybersécurité, Emma Pleut, Responsable Cyber France du courtier WTW, analyse* le marché de l'assurance cyber pour 2027.

 

Longtemps considéré comme un risque émergent, le cyber est aujourd’hui un risque bien réel dont l’intensité ne faiblit pas. Parmi les évolutions à surveiller, l’intelligence artificielle occupe une place importante. Elle rendra probablement les attaques plus rapides, plus massives et moins exigeantes en compétences techniques. Pour les organisations, l’enjeu sera celui de la fréquence et de la détection de ces attaques. Cette évolution s’inscrit par ailleurs dans un contexte géopolitique plus tendu où la cybercriminalité ne répond plus uniquement à des motivations financières : elle s’inscrit davantage dans des stratégies étatiques qui rendent le risque plus complexe à anticiper.

 

La dépendance croissante aux prestataires constitue un autre facteur d’exposition : un incident affectant l’un d’eux peut aujourd’hui entraîner des conséquences majeures sans que l’organisation ait été directement visée. La maîtrise de son seul système d’information ne suffit plus.

 

Face à cette exposition élargie, l’enjeu est de savoir anticiper un incident, l’absorber et redémarrer vite. On ne cherche plus seulement à se protéger d’une attaque, mais à être résilient. Cette approche est désormais au cœur des attentes réglementaires. Avec NIS 2 et DORA, un nombre croissant d’organisations doivent être en mesure de notifier les incidents significatifs, démontrer leurs capacités de reprise et mieux encadrer les risques liés aux prestataires.

 

L’assurance cyber accompagne cette évolution : si la gestion de crise a toujours constitué le socle du contrat, les services de prévention se sont largement développés et le périmètre de couverture continue de s’élargir.

 

Du point de vue du marché, les conditions restent encore favorables aux assurés : négociations ouvertes sur les textes, primes et franchises compétitives, garanties larges, capacité abondante et possibilité de sécuriser les conditions dans la durée via des accords pluriannuels (LTA). Ce décalage entre l’évolution de la menace et les conditions de marché constitue l’un des traits les plus marquants de la période.

 

L’approche de souscription reste technique mais s’est assouplie : les organisations les moins matures trouvent plus facilement des solutions qu’auparavant et peuvent parfois bénéficier d’un élargissement progressif des garanties à mesure que leur maturité s’améliore.

 

À ce jour, nous ne constatons pas d’encadrement spécifique de la part des assureurs sur l’usage de l’intelligence artificielle, même si le sujet finira probablement par s’inviter dans les échanges et les renouvellements.

 

Ces tendances de marché ne préjugent pas des situations individuelles : taille, secteur, maturité du risque et conditions déjà obtenues peuvent faire varier cette tendance d’un assuré à l’autre. Les programmes ayant le plus bénéficié du mouvement de ces dernières années disposent désormais d’une marge de progression mécaniquement plus réduite.

 

*Cette analyse est issue de la note de conjoncture « Les marchés de l’assurance en 2027 »

de WTW.

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