Par Grégory Rogé chez SNOM France.
Un numéro s’affiche sur
l’écran de notre téléphone et nous pensons reconnaître la personne qui appelle.
C’est précisément sur cette confiance que repose l’usurpation d’identité de
l’appelant : le numéro affiché est falsifié pour faire croire que l’appel provient
d’une autre source.
Un numéro affiché ne
peut pourtant pas être assimilé à une identité vérifiée. Les mesures adoptées
dans plusieurs pays européens montrent à quel point le sujet est pris au
sérieux. Fin 2022, l’Allemagne a mis en œuvre des mécanismes techniques pour
protéger les numéros allemands contre leur falsification lors d’appels
provenant de l’étranger. L’Espagne et l’Italie ont considérablement renforcé
ces mesures en 2025, tandis que le Royaume-Uni durcit sa réglementation. En
France, l’Arcep et les pouvoirs publics ont également instauré des mesures
strictes visant à bloquer les appels frauduleux. Malgré des approches
différentes, une même conclusion s’impose : un numéro affiché ne constitue pas,
à lui seul, une preuve fiable de l’identité de l’appelant.
L’usurpation d’identité
ne s’arrête pas à la périphérie du réseau
Pour les entreprises,
l’usurpation d’identité ne relève pas uniquement des réseaux téléphoniques
publics ou de la réglementation. La communication moderne repose désormais sur
une chaîne complexe associant protocole SIP, services cloud, fournisseurs d’accès,
contrôleurs de session en périphérie (SBC), systèmes téléphoniques,
applications et terminaux. La sécurité ne consiste donc plus seulement à
garantir la disponibilité d’une connexion et une bonne qualité vocale. Il faut
également déterminer quelles informations transmises peuvent être considérées
comme fiables et comment vérifier techniquement cette fiabilité.
Le numéro affiché joue
notamment un rôle opérationnel : il peut servir à identifier les clients,
prioriser les appels, orienter les interlocuteurs ou déclencher certains
processus. S’il est manipulé, les conséquences dépassent le simple malentendu.
Des collaborateurs peuvent être induits en erreur, avec le risque de divulguer
des informations internes ou de permettre une utilisation abusive de données.
La sécurité des communications IP doit donc être envisagée dans sa globalité.
Le central
téléphonique, élément du modèle de confiance
Le central
téléphonique, ou PBX, constitue un maillon essentiel entre le réseau et le
terminal. Au-delà de l’établissement et du transfert des appels, il peut
assurer différentes fonctions de sécurité : authentification, contrôle des
autorisations, sécurisation des connexions SIP, chiffrement ou configuration
des terminaux. Les fournisseurs d’accès, les SBC et les PBX contribuent ainsi à
l’authentification des interlocuteurs et à la sécurisation des connexions.
Cette approche doit toutefois s’appliquer de bout en bout : une infrastructure
sécurisée perd une partie de son efficacité si la communication reste exposée
sur le dernier tronçon.
Le terminal n’est pas
un récepteur passif
Le téléphone IP fait
lui aussi partie intégrante du dispositif de sécurité. Ce n’est pas simplement
le dernier maillon de la connexion, mais un appareil connecté doté de ses
propres logiciels et paramètres, qui communique directement avec le PBX.
Côté terminaux, la
sécurité repose sur des mécanismes éprouvés tels que TLS, SIPS/SRTP, 802.1X,
l’authentification du serveur et du téléphone, ainsi que la gestion des
certificats. Des mises à jour régulières du micrologiciel permettent également
de corriger les vulnérabilités connues et de maintenir les fonctions de
sécurité à jour. Ces mécanismes sont notamment pris en charge par les terminaux
Snom actuels.
Le provisionnement
constitue un autre point sensible. Les appareils doivent être configurés de
manière automatisée et contrôlée et disposer du firmware approprié. Snom
propose à cette fin le « Secure Redirection and Provisioning Service » (SRAPS),
un service cloud permettant le déploiement et la gestion automatiques et
sécurisés des téléphones IP. Dès sa connexion à Internet, un nouveau
téléphone peut ainsi recevoir automatiquement le firmware et la configuration
appropriés, sans intervention sur site.
L’interaction avec le
système téléphonique est tout aussi importante. Les mécanismes de sécurité ne
déploient pleinement leur efficacité que si le PBX et le terminal sont
techniquement compatibles. Snom collabore ainsi avec différents fournisseurs de
PBX et propose, selon les plateformes, des certifications ou des guides de
déploiement adaptés.
Une sécurité maximale
tout au long de la chaîne
Même un téléphone IP
sécurisé ne peut empêcher qu’un numéro soit usurpé sur le réseau téléphonique
public. C’est à ce niveau qu’interviennent les autorités de régulation et les
opérateurs de réseau. Mais la sécurité ne s’arrête pas non plus au réseau. Elle
repose sur l’interaction de l’ensemble des éléments de la chaîne : réseau,
fournisseurs d’accès, PBX, SBC, applications et terminaux. Chacun contribue à
sécuriser les communications et à préserver la fiabilité des données
transmises.
La question essentielle
n’est donc plus seulement : « Que voit-on à l’écran ? », mais : «
Dans quelle mesure pouvons-nous être certains que les informations qui nous
parviennent sont fiables ? » À mesure que la téléphonie, le cloud, les
applications et les terminaux s’interconnectent, cette question devient
déterminante.
La sécurité n’est plus une fonction isolée : elle est une propriété de l’ensemble de la chaîne de communication.


