Comment le « Gratuit » est devenu la posture de sécurité par défaut.
Une étude récente de NordPass menée dans huit pays (États-Unis, Royaume-Uni, Canada, Australie, France, Allemagne, Italie et Espagne) a révélé que le coût est désormais un facteur plus déterminant que la confiance dans les décisions relatives au stockage des mots de passe.
Environ 30 % des internautes
enregistrent leurs mots de passe dans leurs navigateurs parce que c’est
gratuit, selon une étude récente de NordPass sur les habitudes d’enregistrement
des mots de passe.
L’étude
a révélé que la gratuité revient de manière constante comme un facteur
secondaire, après la commodité et la facilité d’utilisation, sur l’ensemble des
huit marchés étudiés.
Les trois principales raisons pour lesquelles les utilisateurs enregistrent leurs mots de passe dans les navigateurs sont la commodité (51 % des personnes interrogées), la facilité d’utilisation
(44 %) et la gratuité (32 %).
Il est notamment intéressant de noter que
la confiance des utilisateurs dans le fournisseur du navigateur (29 %) et la
conviction que le service est « suffisamment sécurisé » (28 %) se classent
toutes deux derrière le prix. Bien que « pratique, facile à utiliser et gratuit
» semble attrayant, ces raisons représentent en réalité un compromis risqué
entre commodité et sécurité.
Les données sont souvent la monnaie d’échange
« Il semble que de nombreuses personnes prennent des décisions concernant
le stockage de leurs mots de passe sur un coup de tête, lorsqu’un site Web ou
un service qu’elles souhaitent utiliser leur demande de créer un compte. Les
gestionnaires de mots de passe des navigateurs, surtout s’ils proposent
d’enregistrer le nouveau mot de passe, sont généralement les plus faciles
d’accès, explique Karolis Arbaciauskas, chef de produit chez
NordPass et chez sa société mère, Nord Security. Mais cette approche
présente de sérieux risques. Outre les dangers évidents, comme la divulgation
du compte principal, il faut aussi se souvenir que tout finit par se payer.
Lorsque vous utilisez des produits gratuits, vous payez généralement avec vos
données. »
Karolis
Arbaciauskas fait valoir que, même si les gestionnaires de mots de passe dédiés
ne devraient pas être coûteux (ils devraient être des produits accessibles),
les entreprises qui proposent des logiciels gratuits doivent également générer
des revenus d’une manière ou d’une autre. « Elles doivent réaliser des
bénéfices et payer leurs employés, et recherchent donc d’autres sources de
revenus. Certains gestionnaires de mots de passe gratuits monétisent les
données des utilisateurs, tandis que d’autres, comme NordPass, proposent à la
fois des versions gratuites et des versions payantes plus avancées, ce qui
permet d’utiliser un gestionnaire de mots de passe en fonction de ses moyens
financiers. »
L’architecture à divulgation nulle de connaissance
Les
gestionnaires de mots de passe dédiés offrent d’autres avantages, tels que le
chiffrement basé sur une architecture à connaissance nulle. Toutes les données
sont ainsi chiffrées sur votre appareil avant même de quitter l’ordinateur ou
le smartphone. Même les développeurs ne peuvent pas accéder à vos mots de
passe.
Contrairement
aux gestionnaires de mots de passe intégrés aux navigateurs, les outils dédiés
ne sont liés à aucun écosystème : ils fonctionnent uniformément sur tous les
principaux navigateurs et systèmes d’exploitation, ce qui simplifie la
synchronisation des mots de passe entre les appareils. Cela est
particulièrement important si vous utilisez plusieurs navigateurs ou appareils.
C’est aussi un gain de temps et plus de simplicité lorsque vous devez basculer
vers un autre système d’exploitation.
De
plus, les gestionnaires de mots de passe dédiés offrent des fonctions de
sécurité supplémentaires, telles qu’un outil d'analyse des fuites de données,
un vérificateur de la qualité des mots de passe, un alias d’e-mail et un
stockage sécurisé des documents, qui font souvent défaut dans les gestionnaires
basés sur un navigateur.
L’étude
Pour
comprendre les habitudes de stockage des mots de passe, NordPass a récemment
interrogé les consommateurs de huit pays : les États-Unis, le Canada, le
Royaume-Uni, l’Australie, la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne.
L’étude a révélé que la plupart des utilisateurs (environ 40 à 50 % des
personnes interrogées) stockent leurs mots de passe dans le navigateur Web,
privilégiant la commodité et les services gratuits à la sécurité numérique.
Ceci est une habitude risquée, car les identifiants enregistrés de cette manière sont liés au compte principal de l’utilisateur. Si un pirate parvient à accéder à cet identifiant principal, il remporte le gros lot : les clés de tous les comptes que l’utilisateur a enregistrés à cet endroit. Le risque est encore plus grand pour ceux qui réutilisent des mots de passe, car une personne mal intentionnée peut être en mesure de trouver le mot de passe principal à partir d’identifiants volés ailleurs.


