Le groupe Altares, expert de la data d’entreprise dévoile aujourd’hui le panorama des retards de paiement en Europe et en France des organisations privées et publiques au 1er semestre 2026. Après une dégradation continue observée en 2024 puis amplifiée en 2025, les comportements de paiement des entreprises françaises se redressent nettement au deuxième trimestre 2026.
Près d'une entreprise sur deux (49,7 %) règle désormais ses fournisseurs à l'échéance, contre
45,2 % un an plus tôt. Avec un retard moyen désormais réduit à 12,3 jours, la France fait mieux que la moyenne européenne (13,1 jours).
La France renoue ainsi avec son meilleur
niveau depuis trois ans et efface progressivement la détérioration enregistrée
depuis la fin de 2023. Cependant, de fortes disparités demeurent selon la
taille des entreprises et les secteurs d’activité.
• Les retards de paiement des
établissements privés ou publics français reculent (12,3 jours contre 14,1
jours un an plus tôt).
• Près d’une entreprise sur deux
paie ses fournisseurs à l’heure (49,7 %).
• La part des retards les plus
sévères, supérieurs à 30 jours, tombe à 7,5 %.
• Les délais moyens dans le privé
approchent les 12 jours, tandis que ceux du public sont au-dessus (14 jours).
• Le recul des retards de
paiement est porté par les TPE (11,7 jours) et les PME de 10 à 49 salariés
(11,1 jours).
• En Europe, les Pays-Bas,
l’Allemagne et la Belgique sont sur le podium des bons payeurs. Le Portugal est
un des plus mauvais payeurs (23,3 jours).
Pour Thierry Millon, Directeur des études Altares : « Le printemps 2026 pourrait marquer le retour à une discipline de
paiement plus vertueuse. Après deux années de dérive, les entreprises
françaises retrouvent leur meilleur niveau depuis trois ans et se situent à
nouveau sous la moyenne européenne. Cette amélioration intervient dans un
contexte favorable où les préparatifs liés à la facturation électronique
conduisent les organisations à moderniser leurs processus et à renforcer la
qualité de leurs données. Elle reflète aussi l'effet d'un cadre réglementaire
plus ferme à l'égard des mauvais payeurs. Plus globalement, ce redressement
traduit l'ancrage progressif d'une conviction désormais partagée : la
ponctualité des règlements n'est plus seulement une question de trésorerie,
mais un enjeu de compétitivité, de confiance économique et de conformité. »
Avec 12,3 jours de retard en moyenne, la France fait désormais mieux que
la moyenne européenne
À l'échelle du continent, le retard moyen recule à 13,1 jours, contre 14
jours un an plus tôt.
Les entreprises européennes réduisent progressivement leurs retards les plus importants mais peinent encore à généraliser le paiement à l'heure : une société sur deux continue de régler ses fournisseurs après l'échéance.

La France fait désormais mieux que la moyenne européenne sur les
principaux indicateurs, avec notamment 12,3 jours de retard moyen. La part des
retards supérieurs à 30 jours, limitée à 7,5 %, est également plus favorable
que celle observée en Europe (8,8 %). Cette performance replace la France parmi
les pays les mieux orientés du continent ; une trajectoire qui apparaît comme
l’une des plus favorables observées en Europe depuis un an.
Les écarts restent néanmoins importants entre partenaires européens. Les
Pays-Bas demeurent la référence absolue avec 82,7 % d'entreprises payant sans
retard et un retard moyen limité à 2,9 jours. L'Allemagne conserve également
une position solide avec 64,1 % de paiements à l'heure et un retard moyen de
seulement 6,5 jours. La Belgique contient un retard moyen à 10,2 jours, tandis
que le Royaume-Uni poursuit son amélioration avec un retard revenu à 11,2 jours
et plus de six entreprises sur dix payant à l'heure.
À l'inverse, plusieurs économies demeurent plus fragiles. Le Portugal
reste le pays le plus exposé avec un retard moyen de 23,3 jours et seulement
21,2 % d'entreprises réglant leurs fournisseurs à échéance. L'Italie peine à
améliorer ses performances et conserve un retard moyen de 16,3 jours. L'Espagne
voit même son retard moyen repasser au-dessus de 14 jours en 2026, malgré une
stabilisation des retards les plus sévères. L’Irlande enregistre la dégradation
la plus marquée : le retard moyen y atteint 15,8 jours contre 12,7 jours un an
plus tôt ; près de 12 % des entreprises accusent désormais des retards
supérieurs à 30 jours.
Thierry Millon pouruit : « L’Europe
efface progressivement les retards les plus sévères, sans pour autant
enregistrer davantage de paiements à l’échéance. Dans un environnement
économique encore incertain, cette nuance est essentielle : les comportements
de paiement s’assainissent, mais restent un point de vigilance majeur pour les
trésoreries des entreprises. »
En France, les TPE et PME portent le redressement, tandis que les
grandes organisations affichent des délais plus longs
L'amélioration des comportements de paiement concerne l'ensemble du
tissu économique mais les écarts restent marqués selon la taille des
entreprises. Les grandes structures continuent d'afficher les retards les plus
élevés, reportant une partie de la pression financière sur leurs fournisseurs,
une réalité observée de longue date.
Cette trajectoire repose d'abord sur les plus petites structures. Les
TPE de 1 à 9 salariés ramènent leur retard moyen à 11,7 jours, après un gain de
près de deux jours sur un an. Les PME de 10 à 49 salariés affichent un meilleur
résultat encore avec seulement 11,1 jours de retard moyen, contre 13 jours un
an auparavant. Malgré des trésoreries souvent plus fragiles, ces entreprises
apparaissent aujourd'hui comme les plus rigoureuses dans le respect de leurs
échéances fournisseurs.
À l'inverse, le fossé demeure important avec les grandes organisations.
En dépit d’une baisse continue depuis leur niveau le plus haut à 14,4 jours au
printemps 2025, le retard moyen de paiement (13,4 jours) des structures de 50 à
249 salariés est encore nettement au-dessus des valeurs des printemps 2023 et
2024. Les entreprises de 250 à 999 salariés affichent un retard moyen de 15,3
jours, tandis que les sociétés de plus de 1 000 salariés accusent 19,6 jours de
retard, un niveau encore élevé. Même avec cette réduction des délais de
règlement, l'écart avec les petites entreprises avoisine encore huit jours.
Le secteur public progresse mais paye toujours avec plus de retard que
le privé
Le redressement des délais de paiement concerne également le secteur
public. Toutefois, avec un retard moyen de 14 jours, les administrations et
organismes publics continuent de payer avec plus de reports que le secteur
privé, revenu sous les 12 jours. Derrière cette moyenne se cachent des
situations très contrastées.
Le secteur privé retrouve globalement des niveaux proches de ceux
observés avant la dégradation de 2025. Sous 12 jours début 2024, les retards de
paiement des entreprises s’envolaient au-delà de 13 jours dès la fin de l’année
sans parvenir à redescendre sous ce seuil avant la fin 2025. La tendance
positive s’est accélérée en 2026 avec un retard moyen repassant nettement sous
12 jours au cours du deuxième trimestre (11,7 jours).
Dans le détail, les sociétés commerciales signent une belle performance,
repassant sous 11,6 jours, même en dépit de tensions chez les sociétés HLM. Les
entrepreneurs individuels s'inscrivent aussi dans une tendance positive avec un
seuil de 11,6 jours, sans pour autant masquer les difficultés des professions
libérales et exploitants agricoles. Du côté des associations, l’évolution est
moins marquée : sous 11 jours en 2023 puis 12 en 2024, le retard moyen avait
approché 14 jours au printemps 2025. Il est désormais retombé légèrement
au-dessus de 13 jours, avec de fortes tensions qui persistent dans les
associations sportives ou culturelles.
Le secteur public améliore aussi ses performances mais conserve un
retard moyen de 14 jours, soit plus de 2 jours au-dessus du secteur privé.
En forte dégradation en 2025, le retard de paiement s'est stabilisé aux
environs de 14,7 jours tout au long de l'année. En 2026, la situation est mieux
orientée, sans toutefois repasser sous la barre des 14 jours. Dans le détail,
les délais les plus importants concernent particulièrement les hôpitaux, qui
règlent leurs factures avec plus de 24 jours de retard après le délai de
règlement maximum, fixé à 50 jours pour les établissements de santé. Les
établissements publics à caractère industriel ou commercial (EPIC) amorcent un
redressement sensible en 2026, retombant légèrement sous 15 jours de retard au
cours du deuxième trimestre, pour gagner 2 jours en un an. Bons élèves du
secteur public, les collectivités territoriales limitent leur retard moyen à
12,7 jours, proche de la moyenne nationale. Néanmoins, elles sont à leur tour
rattrapées par les effets de taille : si certaines collectivités, généralement
les plus petites, parviennent à payer leurs fournisseurs à l’heure, d’autres
s’écartent nettement de la moyenne.
La construction, le commerce et l’industrie figurent parmi les meilleurs
élèves
Si certains secteurs retrouvent une meilleure discipline de paiement,
les écarts restent parfois très marqués d'une activité à l'autre. Ces écarts
peuvent atteindre trois à quatre semaines entre les activités les plus
vertueuses et celles les plus en difficulté, illustrant des réalités
économiques très différentes selon les branches.
• Les différences restent marquées selon les secteurs d'activité. La construction confirme sa place parmi les activités les plus
vertueuses de l'économie française. Les entreprises du bâtiment limitent leurs
retards à 8 jours en moyenne tandis que les travaux publics repassent sous le
seuil des 12 jours. Seule la promotion immobilière demeure en fort décalage
avec près de 26 jours de retard moyen.
• Les acteurs du commerce et de la réparation automobile figurent parmi les secteurs les plus vertueux avec seulement 10,2 jours
de retard moyen, une performance tirée par les garagistes.
La plupart des activités du commerce de détail adoptent de meilleures habitudes de paiement.
Les enseignes de sport et loisirs ramènent leur retard
moyen à seulement 7,4 jours, tandis que le bricolage-équipement du foyer
descend à 8,5 jours. Le commerce alimentaire revient à 11,4 jours et
l'habillement à 13 jours, en nette amélioration.
Dans le commerce interentreprises, la branche textile-habillement butte
encore sur le seuil des 18 jours, tandis que les activités de machines &
équipements et les matériaux de construction destinées à l’industrie et la
construction contiennent leurs retards proches de 10 jours.
• Dans l'industrie manufacturière, les retards sont globalement contenus. Plusieurs branches restent sous le
seuil des 10 jours, notamment le bois et matériaux de construction (8,8 jours),
la réparation-maintenance (9,1 jours), les machines et équipements (9,4 jours)
ou encore la métallurgie-mécanique (9,8 jours).
• Dans les services aux entreprises, plusieurs activités affichent des retards particulièrement élevés. C'est notamment le cas de la sécurité avec 26,9 jours de retard moyen, des activités de production de films ou de sons (23 jours), ou de diffusion de programmes (22 jours). Les comportements de paiement s’améliorent dans les activités du voyage mais le retard moyen est encore au-delà de
17 jours. Le secteur du numérique
reste également au-dessus de la moyenne nationale : les éditeurs de logiciels
affichent un retard moyen de 17,9 jours et les services informatiques de 15,5
jours.
• Dans les transports, le transport routier de marchandises connaît une amélioration régulière de ses comportements de paiement depuis plus d’un an. Après avoir dépassé 17 jours en début d’année 2025, le retard moyen retombe sous 15 jours désormais à 14,5 jours. Le transport de voyageurs, était dans une situation encore plus dégradée en 2025 avec près de 20 jours de retard jusqu’en été. En 2026, les comportements de paiement se redressent rapidement et reviennent eux-aussi sous 15 jours
(14,4 jours).
• Longtemps parmi les secteurs les plus en difficulté, l'hébergement-restauration confirme sa trajectoire positive. Les
retards de paiement dans la restauration reculent très rapidement mais
demeurent encore proches de 16 jours (15,8 jours). Les débits de boissons et
l'hébergement retombent légèrement au-dessus de 11 jours. Cette évolution
traduit le retour progressif à des conditions d'exploitation parfois encore
très compliquées mais globalement plus favorables, après plusieurs années
particulièrement difficiles pour ces professions.
• Les services aux particuliers affichent des évolutions
remarquables. En particulier dans les activités
de coiffure, soins de beauté et bien-être, qui affichaient encore environ 25
jours de retard en 2025 jusqu’en été avant de redescendre à 15,2 jours au
deuxième trimestre 2026. Les activités de réparation, à 8,8 jours, comptent
parmi les meilleurs résultats de l'économie française.
• Le monde agricole reste sous surveillance. Les activités d'élevage ne parviennent pas à redescendre sous des
retards de 13 jours depuis 2025 mais les activités de culture sont plus en
peine encore avec des retards supérieurs à 14 jours. Cette fragilité s'inscrit
dans un contexte de pression durable sur les revenus agricoles et les
trésoreries d'exploitation.
• Parmi les autres activités, celles de la santé humaine ont réduit les retards de paiement fournisseurs de trois jours sur un an mais, à 15,1 jours, elles restent nettement au-dessus de la moyenne nationale. L'action sociale suit une trajectoire similaire avec des reports de règlement redescendus à
13,4 jours, après avoir dépassé 16 jours en
2025.
Les activités culturelles, qui se situaient au-delà de 17 jours de retard depuis début 2025, reviennent un peu au-dessus de 16 jours au deuxième trimestre 2026.
L'enseignement réduit ses retards à 13,5 jours au deuxième trimestre 2026, après avoir approché 16 jours un an plus tôt. La tendance est clairement orientée à la baisse mais le secteur reste encore au-dessus de ses valeurs 2023.
Thierry Millon, conclut : « Le redressement observé ne doit pas conduire à relâcher l'attention pour autant. À plus de 12 jours, le retard moyen reste éloigné des performances observées avant la crise sanitaire, lorsqu'il était tombé sous 11 jours en 2018. Dans un contexte où les perspectives économiques demeurent fragiles, entre tensions commerciales, instabilité géopolitique et défaillances d'entreprises toujours à des niveaux élevés (plus de 71 700 à fin août), la capacité à inscrire cette amélioration dans la durée constituera le véritable test de résilience du tissu économique français. »


