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[Etudes] J.P. Morgan AM estime à 394 milliards d’euros le coût de la prudence des épargnants français depuis 2020

Les Français figurent parmi les plus gros épargnants d’Europe, mais leur préférence pour les placements à faible rendement pourrait peser à long terme sur la constitution de leur patrimoine et la préparation de leur retraite. C’est l’un des principaux enseignements du sondage commandité par J.P. Morgan Asset Management « De l’épargnant à l’investisseur : une opportunité pour la France ».

 

Cette étude a été réalisée à partir d’un sondage indépendant mené par Opinium auprès de

2 000 Français sur leurs comportements d’épargne et d’investissement et leurs implications pour leur patrimoine, leur retraite et le financement de l’économie.

 

Les Français épargnent beaucoup, mais investissent peu

Avec un taux d’épargne représentant 18 % de leur revenu disponible, contre 15 % pour l’ensemble de l’Europe et 3 % aux États-Unis, les ménages français disposent d’une capacité d’épargne particulièrement élevée.

Cette épargne reste cependant largement orientée vers des placements liquides. Interrogés sur leur épargne de moyen et long terme, hors épargne de précaution, 35 % des Français déclarent détenir la majeure partie de leur épargne sur des comptes ou livrets, contre seulement 15 % en actions.

Les données nationales confirment cette préférence. Les comptes, livrets et dépôts représentent près d’un tiers du patrimoine financier des ménages français, et près de la moitié de cette épargne (44 %) est placée sur des produits réglementés tels que le Livret A ou le LDDS.

En intégrant également les fonds en euros à capital garanti de l’assurance-vie, près de la moitié (48 %) du patrimoine financier des ménages français est ainsi détenue sur des comptes, livrets ou actifs à faible rendement.

À l’inverse, leur exposition directe et indirecte aux actions, via des fonds d’investissement, ne représente que 10 % de leur patrimoine financier, un niveau très inférieur à la moyenne de la zone euro. Même en intégrant les supports en unités de compte de l’assurance-vie, l’exposition des ménages français aux actifs risqués n’atteint que 17 %.

394 milliards d’euros d’écart de valorisation depuis 2020.

Cette allocation très prudente peut entraîner des conséquences importantes sur la valorisation de l’épargne à long terme. Depuis le début de l’année 2020, les ménages français ont ainsi placé
475 milliards d’euros sur des comptes, livrets d’épargne et autres placements assimilés. Selon les calculs de J.P. Morgan Asset Management, ces 475 milliards d’euros auraient atteint aujourd’hui 921 milliards d’euros s’ils avaient été investis sur les marchés actions mondiaux. Placés sur un Livret A, ils atteignent 527 milliards d’euros, soit une différence de valorisation de 394 milliards d’euros sur six ans.

L’effet de l’inflation accentue également l’écart entre rendement nominal et progression réelle du pouvoir d’achat. L’étude montre ainsi que 100 euros placés sur un Livret A début 2020 auraient atteint 111 euros en valeur nominale à fin 2025, mais seulement 96 euros une fois l’inflation prise en compte. Investis sur les marchés actions internationaux, ces mêmes 100 euros auraient atteint 194 euros en valeur nominale et 168 euros en termes réels sur la même période.

Peur de perdre et manque de connaissances freinent le passage de l’épargne à l’investissement.

La préférence des Français pour les supports d’épargne sécurisés tient en premier lieu à leur perception du risque. Près d’un tiers des personnes interrogées citant la peur de perdre de l’argent comme principal frein à l’investissement en actions.

Mais l’étude fait également apparaître un déficit de familiarité avec l’investissement : 42 % des répondants déclarent n’avoir jamais envisagé d’investir en actions ou ne pas savoir comment s’y prendre.

Cette prudence s’accompagne d’une perception parfois erronée du potentiel de rendement des différentes classes d’actifs. Lorsqu’ils sont interrogés sur le placement susceptible d’offrir le meilleur rendement pour une épargne de long terme,  les comptes ou livrets d’épargne reçoivent le plus de réponses (26%), et les actions sont loin derrière, citées par seulement 12% des Français.

Retraite : une confiance qui contraste avec le manque de préparation.

L’étude met également en évidence un décalage entre la confiance des Français dans leur avenir financier et leur niveau de préparation. Près des deux tiers des personnes interrogées se disent au moins assez confiantes dans leur capacité à disposer du niveau de vie souhaité à la retraite, une proportion supérieure à la moyenne européenne. De même, plus de 70 % se déclarent confiantes dans leur capacité à prendre leurs propres décisions d’investissement.

Pourtant, seuls 22 % des Français interrogés disposent d’un plan d’épargne précis pour atteindre leurs objectifs de retraite, tandis que près d’un quart n’a pas encore commencé à y réfléchir. Ce manque de planification concerne également des ménages plus proches de la retraite : 24 % des répondants appartenant à la génération X, âgés de 46 à 61 ans, n’ont pas encore établi de plan d’épargne pour leur retraite.

Une épargne retraite encore très orientée vers les supports à faible rendement.

Les choix d’allocation prudents se retrouvent également dans l’épargne destinée à la retraite. 27 % des Français interrogés déclarent épargner dans le cadre d’un dispositif individuel de retraite, contre 14 % dans le cadre d’un dispositif d’entreprise. Selon les données nationales analysées dans l’étude, l’assurance-vie représente 85 % de cette épargne retraite individuelle.

Or, malgré la progression des unités de compte ces dernières années, les fonds en euros à capital garanti représentent encore 72 % des encours d’assurance-vie. Leur rendement moyen s’est établi autour de 
2,5 % ces dernières années.

Une forte concentration sur les placements à faible rendement qui peut limiter le potentiel de croissance de l’épargne sur des horizons longs, en particulier lorsqu’il s’agit de préparer plusieurs décennies de retraite.

L’immobilier, autre pilier du patrimoine des Français.

La prudence des ménages français ne se traduit pas uniquement par leur attachement aux comptes et livrets. L’immobilier occupe également une place particulièrement importante dans leur patrimoine.

Après les comptes et livrets d’épargne, il constitue le placement privilégié des Français : un quart des répondants considère l’immobilier comme la classe d’actifs susceptible d’offrir les meilleurs rendements à long terme. 60 % anticipent par ailleurs une hausse des prix de l’immobilier résidentiel au cours des vingt prochaines années superieure à celle observée au cours des vingt dernières.

L’immobilier représente aujourd’hui 58 % du patrimoine total des ménages français, contre 50 % au Royaume-Uni et 55 % en Belgique.

Mieux orienter l’épargne pour soutenir à la fois les ménages et l’économie.

Au-delà de ses conséquences sur le patrimoine individuel, l’étude souligne que la manière dont l’épargne est allouée constitue également un enjeu pour l’économie française.

Une épargne abondante peut contribuer au financement de l’économie lorsqu’elle est orientée vers les entreprises et l’investissement. À l’inverse, une part importante de l’épargne conservée sur des comptes et livrets ne remplit pas directement cette fonction. Depuis la pandémie, la consommation des ménages comme l’investissement des entreprises ont ainsi nettement moins progressé en France et dans la zone euro qu’aux États-Unis.

Favoriser le passage d’une partie de l’épargne de long terme vers l’investissement pourrait donc répondre à un double objectif : permettre aux ménages de mieux préparer leurs projets financiers, et notamment leur retraite, tout en mobilisant davantage de capitaux au service du financement des entreprises et de la croissance.

Lilia Peytavin, Stratégiste des marchés mondiaux chez J.P. Morgan Asset Management, explique : « Les Français ont une forte capacité d’épargne, mais une part importante de leur patrimoine reste placée sur des supports liquides ou à faible rendement. Notre étude montre surtout un décalage entre leurs objectifs de long terme et la manière dont cette épargne est aujourd’hui investie. Le chiffre de 394 milliards d’euros illustre l’écart de valorisation qui s’est créé depuis 2020 entre une épargne placée sur un Livret A et un investissement sur les marchés actions mondiaux. L’enjeu n’est évidemment pas de remettre en cause l’épargne de précaution, mais d’aider les épargnants à mieux diversifier leur patrimoine et à faire travailler davantage leur épargne de long terme, notamment pour préparer leur retraite. »

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