Par Olivier Massonnat, CEO de
Sharp DX France, Italie et Espagne.
Lorsque les entreprises
envisagent d'intégrer un agent IA autonome dans leur organisation, cela suscite
souvent des inquiétudes.
Quel sera l'impact sur
l'équipe actuelle ?
Comment encadrer cet
agent et garantir la sécurité des données ?
La réussite de cette
transformation repose sur un changement de paradigme : considérer ces agents
comme des membres à part entière de l'équipe.
Aujourd'hui, l'introduction de l'IA agentique au sein des équipes soulève des questions légitimes sur l'organisation du travail et la sécurité. Pour avancer sereinement, cela implique d’éliminer les craintes.
Les agents IA ne
remplaceront pas les humains : ils vont servir de lien entre les collaborateurs
et les outils technologiques de demain, en devenant une extension directe des
équipes.
Une technologie qui
intègre tous les services
Contrairement aux
technologies plus traditionnelles, l'arrivée des agents IA en entreprise ne
concerne pas uniquement le service informatique. C'est un projet global qui
touche tous les services, des finances aux ressources humaines en passant par
la direction générale.
L'IA doit entrer dans
la culture de l'entreprise. Pour cela, il ne faut pas cacher son utilisation.
Au contraire, il est essentiel de communiquer de manière transparente avec les
salariés sur la façon dont ces agents vont simplifier leur travail quotidien,
accélérer la croissance et améliorer le service client. En confiant les tâches
répétitives à l'IA, les collaborateurs retrouvent du temps pour des missions
plus stratégiques et créatives.
Commencer petit, viser
juste
Avant de se lancer, il
est indispensable de réaliser un audit des méthodes de travail afin de cibler
les besoins. Une fois les processus analysés, il convient d’expérimenter sur
deux ou trois activités stratégiques. Le choix dépend de la réponse technique :
il peut s’agir de concevoir un agent sur mesure pour une tâche spécifique ou de
recourir à une solution d’IA agentique prête à l’emploi déjà disponible sur le
marché.
Pour faire le bon
choix, l'entreprise doit se poser trois questions fondamentales. D'abord, il
convient de se demander s'il s'agit d'un processus essentiel et d'identifier le
résultat précis que l'on souhaite obtenir. Ensuite, cela implique de déterminer
si le besoin s'inscrit dans une catégorie existante ou s'il nécessite plutôt
une solution sur mesure. Enfin, il est indispensable d'évaluer la sensibilité
des données utilisées pour définir les garde-fous nécessaires.
Modèles ouverts ou
fermés : un choix stratégique
La sécurité des informations constitue souvent la principale préoccupation des dirigeants. Pour y répondre, deux grandes options technologiques existent. D’un côté, les modèles de langage ouverts apprennent à partir des informations qui leur sont fournies, lesquelles peuvent alors devenir publiques.
De l’autre, les modèles
fermés sont déployés dans un environnement propre à l’entreprise et
s’entraînent uniquement à partir de données internes.
Parmi les modèles
fermés, la technologie de génération augmentée par récupération, souvent
appelée RAG, se distingue comme une solution pour travailler efficacement et à
moindre coût. Ce système permet d'alimenter directement le modèle avec les
documents et la base de connaissances de l’entreprise. Mais pour garantir une
sécurité et une confidentialité absolues, il est indispensable de réaliser
cette opération au sein d'un modèle fermé.
Accueillir l’agent IA
comme un nouveau collaborateur
Du temps et de
l’énergie sont consacrés à l’accueil et à la formation d’un nouveau salarié. La
même démarche doit s’appliquer à un agent d’IA. Plus la préparation de son
intégration et la définition de règles de fonctionnement claires sont soignées,
plus l’agent gagne en efficacité.
Bien sûr, l'intégration est différente de celle d'un humain car les agents IA doivent toujours rester sous la surveillance des collaborateurs. La meilleure méthode pour démarrer consiste à impliquer toute l'équipe dans la formation de l'agent, tout en formant les salariés à cette nouvelle collaboration. De cette manière, il apparaît clairement dès le premier jour que toutes les décisions restent entre les mains des humains, ce qui facilite grandement l'adoption de la technologie.


