Le Gouvernement annonce l’adoption par décret de la nouvelle Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte (SNGITC) pour la période jusqu'en 2030, qui constitue désormais le cadre de référence pour anticiper, planifier et accompagner l’évolution du littoral face au changement climatique.
Cette stratégie, consacrée par la loi Climat et Résilience, a été
élaborée en concertation étroite avec les collectivités territoriales, le
Conseil national de la mer et du littoral, la communauté scientifique, les
associations et les acteurs socio-économiques concernés.
Préparer l’avenir des
littoraux : une adaptation devenue incontournable
Avec 20 000 km de
côtes, près de 950 communes littorales, et des phénomènes d’érosion et de
submersion déjà à l’œuvre, l’évolution du trait de côte constitue un enjeu
majeur d’aménagement, de sécurité et de résilience des territoires. La SNGITC
révisée intègre pleinement la trajectoire de réchauffement de référence pour
l’adaptation au changement climatique (TRACC), qui projette une élévation du
niveau de la mer de près d’un mètre d’ici 100 ans.
Une stratégie
construite pour et avec les collectivités
L’ambition de cette
nouvelle stratégie est claire : mieux connaître, mieux anticiper et mieux
accompagner les territoires dans leurs décisions d’aménagement face à
l’évolution du trait de côte. La priorité est désormais de passer à l’action,
en accélérant l’élaboration et l’adoption des cartes locales d’évolution du
trait de côte, indispensables pour permettre la pleine mise en œuvre des outils
réglementaires prévus par la loi Climat et Résilience.
Outre l’expression de 8
recommandations à l’attention de l’ensemble des parties prenantes, cette
stratégie s’articule autour de 5 axes, déclinés en 60 mesures opérationnelles :
AXE 1 — Approfondir et
partager la connaissance
• Mise
à jour de l’Indicateur national d’érosion côtière (INEC 2026), diffusé sur le
site GéoLittoral ;
• Renforcement du Réseau national des
observatoires du trait de côte (RNOTC) et promotion de techniques innovantes
d’acquisition et de traitement des données (images satellitaires, IA,
modélisation, jumeau numérique…) ;
• Développement de démarches prospectives
intégrant l’élévation du niveau de la mer et les phénomènes concomitants.
AXE 2 — Engager les
territoires dans une trajectoire d’adaptation
• Faire de l’élaboration et de l’adoption des
cartes locales d’évolution du trait de côte une priorité, afin de permettre la
pleine mise en œuvre des outils réglementaires prévus par la loi Climat et
Résilience ;
• Accompagnement pour l’élaboration de
stratégies locales, soutenu par un guide pratique co-édité avec le Cerema,
disponible à l’automne 2026.
AXE 3 — Mobiliser des
outils d’adaptation
• Déploiement des solutions fondées sur la
nature (restauration dunaire, renaturation…) ;
• Soutien aux projets de recomposition spatiale
et d’adaptation progressive des territoires ;
• Prise en compte des impacts des ouvrages dans
la durée (digues, enrochements…)
AXE 4 — Impliquer et
sensibiliser les acteurs
• Renforcement de la formation des élus et des
techniciens ;
• Développement d’outils de sensibilisation et
de culture du risque, dont l’application citoyenne « Le littoral de ma commune
» (mise en ligne en juin 2026).
AXE 5 — Financer
l’adaptation des littoraux
• Meilleure mobilisation des outils existants
de financement public des trajectoires d’adaptation, dont le Fonds Vert ;
• Accompagnement des opérateurs de l’Etat et
des collectivités pour mobiliser des financements européens.
Une stratégie nationale
au service de l’action locale
La stratégie réaffirmée
a été conçue pour répondre aux besoins concrets des collectivités littorales.
Elle leur fournit :
• un socle de connaissances fiables, actualisées et
accessibles ;
• des outils opérationnels (protocoles,
référentiels, guides, plateformes) et un appui renforcé des opérateurs de
l’Etat ;
• une meilleure mobilisation des financements
existants
pour leurs études et projets ;
• un cadre clair pour la planification, en cohérence avec les
documents d’urbanisme, la Stratégie nationale pour la mer et le littoral (SNML)
et le troisième Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-3).
Cette stratégie marque
un tournant, et témoigne de l’action du Gouvernement pour anticiper
l’adaptation des zones les plus exposées et privilégier une gestion souple de
la bande côtière porteuse de bénéfices environnementaux, économiques et
sociaux. Elle donne ainsi la priorité à l’accélération de l’action locale, en
particulier à travers l’élaboration et l’adoption des cartes locales
d’évolution du trait de côte, pour rendre pleinement opérationnels les outils
prévus par la loi Climat et Résilience.
Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature a déclaré : « Nos littoraux sont déjà confrontés aux effets du changement climatique. Nous devons donc donner aux collectivités les connaissances, les outils et les moyens nécessaires pour anticiper ces évolutions et prendre les bonnes décisions au bon moment. Cette stratégie doit leur permettre de construire, avec l’ensemble des acteurs concernés, des réponses adaptées à chaque territoire. »
Deux outils pour mieux
comprendre l’évolution du littoral
En complément de la
stratégie nationale, l’État met à disposition deux nouveaux outils sur le site
GéoLittoral.
La mise à jour de
l’Indicateur national d’érosion côtière (INEC 2026) offre une vision actualisée
de l’évolution du trait de côte sur l’ensemble du territoire, grâce à une
cartographie nationale fondée sur plusieurs périodes d’observation.
L’application « Le littoral de ma commune », destinée au grand public et mis en ligne en juin 2026, permet à chacun de visualiser le recul du trait de côte à l’échelle de sa commune et d’accéder simplement aux principales informations sur les dynamiques du littoral, les enjeux locaux et les démarches d’adaptation engagées sur les territoires.


