Commentaire de Javier Molina, Market Analyst pour etoro.
La proposition de la
SEC renforce l’idée selon laquelle les cryptomonnaies évoluent d’un simple
marché d’actifs vers une véritable infrastructure financière.
Après les ETF, la
conservation institutionnelle, les stablecoins et la tokenisation, une
proposition vise désormais à établir un cadre spécifique permettant aux projets
crypto de lever des capitaux et de développer leurs activités dans un périmètre
réglementaire clairement défini. La proposition prévoit jusqu’à 5 millions de
dollars pour les projets en phase de démarrage, et jusqu’à 75 millions de
dollars sur une période de 12 mois pour des levées de fonds plus importantes.
Ce qui est
véritablement nouveau, c’est que la SEC commence à reconnaître le cycle de vie
d’un cryptoactif. Un token peut initialement être considéré comme un
investissement parce que sa valeur dépend de la capacité de l’équipe à tenir
ses promesses et à développer le projet. Cependant, cette relation peut cesser
d’exister une fois que ces efforts essentiels ont été accomplis.
La « Rule 400 » propose
un cadre réglementaire spécifiquement conçu pour faciliter cette transition.
Cela apporte quelque chose qui faisait jusqu’ici défaut à l’écosystème :
davantage de clarté sur la manière dont un projet peut passer d’une phase de
financement et de développement à une phase où l’actif fonctionne avec
davantage d’indépendance vis-à-vis de ses promoteurs.
Il s’agit d’une
nouvelle étape vers un marché crypto de plus en plus institutionnel, même si
cela n’a pas d’impact direct sur le bitcoin. La première phase des
cryptomonnaies était principalement axée sur l’achat de tokens. La prochaine
consiste à construire les mécanismes permettant de les financer, les conserver,
les distribuer, les échanger et les intégrer au système financier.
Mais cela introduit
également un risque : nous pourrions nous retrouver avec des actifs de plus en
plus décentralisés, tandis que le capital et la liquidité transiteraient par un
nombre relativement limité de dépositaires, de plateformes d’échange, de market
makers et d’intermédiaires.
Davantage de
réglementation pourrait favoriser l’arrivée de nouveaux capitaux et l’adoption
des cryptomonnaies, mais elle pourrait aussi entraîner une concentration accrue
de l’infrastructure financière.


