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[Etudes] Les investisseurs réapprennent à vivre avec l'incertitude : les CGP réinvestissent l'obligataire et les actions

Observatoire Nortia du 2ème trimestre 2026.


Après un début d'année marqué par un regain de volatilité, le deuxième trimestre 2026 confirme que les marchés apprennent à vivre avec l'incertitude. Malgré la persistance des tensions géopolitiques et un environnement économique contrasté, les investisseurs retrouvent un certain appétit pour les actifs risqués, portés par la résilience des marchés actions et la poursuite de la détente monétaire.

 

Construit sur la collecte (versements initiaux et complémentaires) et sur les mouvements d'arbitrage de plus de 3 200 Conseillers en Gestion de Patrimoine (CGP) partenaires de Nortia, représentant plus de

72 000 clients et 12,6 milliards d'euros d'encours au 30 juin 2026, l'Observatoire brosse un panorama dynamique de leur activité en assurance-vie et en compte-titres.

 

Sur le plan macroéconomique, les signaux restent contrastés. Aux États-Unis, l'économie continue de faire preuve d'une résilience remarquable, portée par une consommation solide et un marché de l'emploi dynamique, tandis que la Réserve fédérale poursuit une politique monétaire mesurée face à une inflation qui se normalise progressivement. En zone euro, la reprise demeure plus hésitante : la désinflation se confirme, mais l'activité peine encore à retrouver un rythme soutenu, notamment dans le secteur industriel.

 

Malgré des épisodes de tension parfois marqués, les marchés financiers ont démontré une capacité de résilience notable : le S&P 500 progresse de +16,67 % sur le trimestre, le Nasdaq de +30,43 %, toujours porté par la dynamique de l'intelligence artificielle, et le CAC 40 de +14,29 %. Le marché obligataire poursuit quant à lui sa normalisation, la détente progressive des taux directeurs redonnant toute leur place aux obligations souveraines et au crédit de qualité dans les allocations diversifiées.


« Les marchés apprennent à vivre avec l'incertitude. Elle demeure, mais elle ne paralyse plus. Après un début d'année chahuté par les tensions géopolitiques, les investisseurs ont intégré ce nouvel environnement. Accompagnés par leurs CGP, ils construisent des allocations plus équilibrées et plus sophistiquées qu'il y a encore deux ou trois ans, où sécurité et performance ne sont plus des choix exclusifs mais des briques complémentaires. C'est un changement de paradigme durable dans les comportements d'épargne », commente Philippe Parguey, Directeur Général de Nortia.

 

Assurance-vie : les UC demeurent largement majoritaires avec 60,50 % de la collecte brute

 

•  60,50 % de la collecte brute est orientée en Unités de Compte (UC), contre 39,50 % pour les fonds en euros. Le deuxième structure confirme l’évolution observée en début d’année, dans des proportions similaires à celles du T1 2026. Malgré un environnement de marché toujours marqué par des incertitudes économiques et géopolitiques, les investisseurs poursuivent leur diversification et réaffirment leur volonté de rechercher des relais de performance au sein de leurs allocations patrimoniales. Les Fonds Euros conservent néanmoins toute leur légitimité dans les allocations.

Les rendements servis par les principaux assureurs demeurent attractifs et continuent d’offrir un socle de stabilité apprécié dans un environnement où les incertitudes macroéconomiques n’ont pas totalement disparu. Ils s’intègrent désormais structure comme une composante complémentaire des portefeuilles que comme une opposition frontale aux supports en Unités de Compte.

 


Source : Nortia. Données arrêtées au 30 Juin 2026.



Sur la poche Unités de Compte (UC) :

 

·       Les produits structurés demeurent la classe d'actifs la plus utilisée dans les versements, avec 26 % de la poche UC. Ils enregistrent toutefois un recul d'environ 4 points par rapport au trimestre précédent, soit leur plus faible proportion depuis le quatrième trimestre 2024. Les souscriptions concernent principalement des produits indexés sur les marchés actions ou sur des indices.

·       Ce sont les fonds obligataires qui profitent en premier lieu de ce rééquilibrage : délaissés au T1, ils signent la plus forte progression du trimestre en regagnant 7 points pour atteindre 16 % de la poche UC, renouant avec la dynamique observée tout au long de 2025. Fait notable, les fonds datés ne représentent plus que 13,50 % de la poche obligataire : la baisse progressive de leurs rendements potentiels incite les CGP à privilégier des fonds de cœur de portefeuille, notamment des stratégies court terme ou exposées aux marchés émergents.

·       Les fonds actions bénéficient aussi d'un net regain d'intérêt et gagnent un peu plus de 4 points pour représenter 15,80 % de la poche UC, devenant la troisième classe d'actifs des allocations.

La diversification est au rendez-vous : actions émergentes, small et mid caps, fonds sectoriels technologiques portés par l'intelligence artificielle, fonds thématiques sur les financières ou fonds globaux.

·       La gestion alternative continue d'être souscrite dans un environnement toujours incertain et représente 11,50 % de la poche UC. Toutes les grandes typologies de stratégies sont présentes — obligataires, long/short actions, global macro — avec un biais plus marqué en faveur des stratégies event driven.

·       Autre illustration de cette recherche de diversification, les FID représentent désormais 10 % de la poche UC, traduisant une progression régulière de la collecte sur les contrats luxembourgeois, dans un contexte marqué par la perspective de l'élection présidentielle française de 2027 et les incertitudes politiques qu'elle pourrait susciter.

·       Les fonds flexibles représentent toujours près de 8 % de la poche UC, avec une orientation majoritairement dynamique et tournée vers les marchés actions, tandis que les fonds monétaires poursuivent leur tendance baissière, reculant de 1,5 point à 7,40 %.

·       Enfin, le private equity et l'immobilier conservent une place plus marginale, à respectivement

3 % et 1 % de la poche UC. En actifs privés, les fonds intégrant une poche de dette privée continuent de capter une partie de la collecte. Côté immobilier, les souscriptions s'orientent principalement vers des SCPI diversifiées.

 

Côté arbitrages, la dynamique s'inscrit en léger recul avec 3,73 % des encours réalloués sur le trimestre. Les flux sortent des fonds en euros et des monétaires au profit de supports plus rémunérateurs : les fonds mixtes, première classe d'actifs bénéficiaire, permettent de se repositionner progressivement sur les marchés cotés, tandis que l'obligataire s'inscrit dans une logique de renouvellement des fonds datés arrivant à échéance et que les valeurs liées à l'IA attirent de nouveaux flux sur les titres vifs. Seuls les fonds immobiliers poursuivent leur décollecte.

 

 

Compte-titres : 470 M€ collectés depuis le début de l’année, les produits structurés toujours

en tête

 

Le deuxième trimestre se poursuit sur une tendance équivalente au premier en termes de volume, portant la collecte en compte-titres à 470 millions d'euros depuis le début de l'année. L'incertitude géopolitique a une nouvelle fois fait évoluer la construction des allocations :

•   Comme en assurance-vie, les produits structurés restent la classe d'actifs dominante avec

44 % des flux entrants, une proportion en recul ce trimestre mais toujours largement majoritaire La diversité de l'offre ne faiblit pas pour autant : 655 produits différents ont attiré des flux de collecte, un niveau historiquement élevé. Les produits de taux et de type phœnix demeurent les plus utilisés, tandis que de nouveaux sous-jacents apparaissent, sur le luxe, le nucléaire ou la transition énergétique.

•   Derrière eux, les fonds obligataires représentent 15 % des flux, toujours recherchés pour la gestion de trésorerie d'entreprise des personnes morales, avec une préférence pour les produits optimisant le couple rendement/risque.

•   Les fonds monétaires perdent 4 points et ne représentent plus que 11 % des nouveaux investissements. Le contexte géopolitique peut encore inciter à les utiliser temporairement, avec des performances comprises entre 1 % et 1,5 % depuis le début de l'année.

•   Les fonds actions, de gestion alternative et flexibles/diversifiés se partagent, quant à eux,

14 % de la collecte, avec une progression notable des investissements en actions, à 7,5 % des volumes. Dans le détail, 20 % des volumes actions sont alloués à des ETF, principalement sur le MSCI World ou l'Eurostoxx 50 ; côté gestion active, les small et mid caps et les fonds positionnés sur la technologie, l'intelligence artificielle ou l'espace figurent parmi les tops collecteurs.

•   Enfin, 10 % des flux collectés restent sur le compte espèces, en attente d'investissement. Les cinq titres vifs les plus utilisés par les CGP et leurs clients sont Air Liquide, LVMH, Safran, TotalEnergies et Schneider Electric.

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