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[Tribune] Méthanisation : les organisations agricoles dénoncent un coup d'arrêt aux projets agricoles

La FNSEA, l'AAMF, Chambres d'Agriculture France et La Coopération Agricole expriment leur profonde incompréhension et une vive inquiétude sur les annonces présentées, sans concertation, par le Gouvernement lors du Groupe national d'échanges sur le biogaz du 25 juin.

 

Les organisations saluent les avancées annoncées sur les certificats de production de biogaz (CPB), qui constituent un signal positif et apportent de la visibilité aux acteurs de la filière.

Ces annonces doivent désormais être rapidement concrétisées par la publication du décret et par l’indexation sur l’inflation du montant de la pénalité appliquée aux fournisseurs de gaz ne respectant pas leurs obligations en matière de CPB.

 

En revanche, les organisations agricoles ne peuvent accepter que ces avancées servent de justification à l’arrêt du tarif d’achat, alors même que les CPB ne sont pas encore pleinement opérationnels.

Elles dénoncent également l’abandon en rase campagne des centaines d'exploitations encore engagées en cogénération.

 

Les organisations demandent la suspension de ces évolutions et l’engagement immédiat d’une concertation, nécessaire à la construction d’une transition crédible. Elles demandent également que les projets ayant déjà engagé des investissements significatifs au 25 juin puissent poursuivre leur développement dans le cadre du dispositif actuel.

 

Le dispositif de soutien actuel a permis de faire émerger une filière championne européenne, largement portée par l’engagement et le travail des agriculteurs. Les organisations agricoles sont prêtes à le faire évoluer, à adapter son encadrement et à poursuivre les efforts engagés pour améliorer la compétitivité des projets. Mais cette évolution doit être construite avec les agriculteurs et non imposée dans la précipitation. Sans agriculteurs, il n'y a ni biomasse, ni retour au sol du digestat. Nous devons renforcer notre capacité à porter des projets de méthanisation, qu’ils reposent sur des effluents d’élevage, sur des intrants agricoles ou d’industries alimentaires ou sur des approvisionnements collectifs portés par les coopératives agricoles.

 

La mise en place d’un appel d'offres marque un changement profond. Un tel mécanisme fonctionne pour des structures plus fortement capitalisées, capables d'absorber les risques et les coûts échoués liés aux projets non retenus, et exclut de facto les agriculteurs. La recherche d'une énergie au meilleur prix est une exigence partagée. En faire le seul critère d'appréciation des projets est une erreur. C’est nier ce qui a fait la réussite de la méthanisation française : des projets de toute taille, fortement ancrés dans leurs territoires, qui créent simultanément de la valeur pour les exploitations et les territoires ruraux, réduisent la dépendance aux engrais importés, contribuent à la décarbonation, et renforcent notre souveraineté énergétique et alimentaire.

 

La force du modèle français de méthanisation ne réside pas uniquement dans sa capacité à produire une énergie renouvelable : elle tient à sa capacité à créer durablement de la valeur pour les agriculteurs, les territoires et à renforcer notre souveraineté agricole, alimentaire et énergétique.

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