Le ministère de la Transition écologique, de la
Biodiversité, et des Négociations internationales sur le climat et la nature
lance une nouvelle méthode du Label bas carbone intitulée « Restauration
hydraulique des tourbières dégradées ».
Cette méthode permet de
valoriser les émissions de gaz à effet de serre évitées grâce au label bas
carbone, un modèle pionnier en Europe pour orienter des capitaux privés vers le
financement de puits de carbone forestier et de la décarbonation de l'agriculture.
Elle constitue une
avancée majeure pour la reconnaissance et le financement de projets
constitutifs de solutions fondées sur la nature, capables de répondre
simultanément aux défis climatiques, à l’érosion de la biodiversité et à la
préservation de la ressource en eau.
Restaurer les
tourbières : une solution naturelle à fort impact
Les tourbières figurent
parmi les écosystèmes les plus performants pour le stockage du carbone. En
France hexagonale, elles représentent environ 140 000 hectares et constituent
des réservoirs de carbone accumulés depuis plusieurs millénaires.
Lorsqu’elles sont
dégradées, habituellement suite à un drainage, ces zones humides deviennent des
sources importantes d’émissions de gaz à effet de serre. Leur restauration
hydraulique permet au contraire de stopper la dégradation de la tourbe, de
réduire significativement les émissions de carbone et de restaurer les
fonctions écologiques de ces milieux remarquables. A terme, ces tourbières
pourront redevenir des puits de carbone.
La nouvelle méthode du
Label bas carbone prévoit un potentiel d’évitement compris entre 5 et 20 tonnes
de CO₂ équivalent par hectare et par an, soit
un potentiel national évalué entre 3 et 12 millions de tonnes de CO₂
équivalent évitées sur la durée des projets (en considérant la restauration de
15% des tourbières dégradées).
Une méthode au service
du Label bas carbone
La méthode du Label bas
carbone « Tourbières » repose sur un cadre scientifique particulièrement
exigeant. Chaque projet doit établir son scénario de référence à partir de
mesures réalisées directement sur le terrain, pendant trois années précédant
les travaux de restauration. Les réductions d’émissions sont ensuite suivies et
vérifiées sur une période minimale de cinq ans ou maximale de trente ans,
garantissant la fiabilité des résultats obtenus.
Cette approche
innovante a été saluée lors de la consultation publique, qui s’est déroulée en
septembre et octobre dernier, ainsi que par le Groupe scientifique et technique
du Label bas-carbone, qui a souligné la robustesse de la méthode et la qualité
de ses fondements scientifiques.
Des bénéfices
exemplaires pour la biodiversité et la ressource en eau
Les projets de
restauration hydraulique des tourbières génèrent également des bénéfices
majeurs pour les écosystèmes. La remontée durable des niveaux d’eau permet de
restaurer des habitats naturels rares et menacés, favorables à de nombreuses
espèces végétales et animales. Elle contribue également à améliorer la qualité
de l’eau, à soutenir les ressources hydriques locales et à renforcer la
résilience des territoires face aux effets du changement climatique.
Un outil pour accélérer
la restauration écologique
La méthode « Tourbières
» traduit l’ambition commune de restaurer les écosystèmes dégradés et de
renforcer leur contribution à l’atténuation du changement climatique. Le 4e
Plan national Milieux humides prévoit notamment le développement de méthodes du
Label bas carbone pour mieux valoriser les services rendus par ces milieux.
En proposant un cadre
robuste de financement de la restauration hydraulique des tourbières dégradées,
cette méthode constitue un outil opérationnel au service de la mise en œuvre du
règlement européen sur la restauration de la nature, et du futur Plan national
de restauration de la nature, tout en contribuant à la Stratégie nationale
biodiversité 2030. Par ailleurs, cette méthode contribue directement à
l'atteinte de la troisième Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC-3) de la
France, en renforçant les capacités de séquestration du carbone par les
écosystèmes naturels et en accélérant la restauration des milieux humides
prioritaires.
Mobiliser les acteurs
pour accélérer la restauration des tourbières
Grâce à cette nouvelle
méthode, les collectivités, gestionnaires d’espaces naturels, propriétaires
fonciers, entreprises et financeurs disposent désormais d’un cadre reconnu pour
accompagner la restauration de ces écosystèmes stratégiques.
Le ministère appelle
l’ensemble des acteurs publics et privés à se saisir de cette opportunité afin
d’accélérer la restauration des tourbières françaises, véritables alliées dans
la lutte contre le changement climatique, la diminution de la biodiversité et
la raréfaction de la ressource en eau.
Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, conclut : « Les tourbières sont des puits de carbone exceptionnels : elles captent et stockent durablement le CO₂, tout en jouant un rôle majeur pour la biodiversité et pour la filtration de l’eau. Leur restauration est particulièrement attendue, notamment en Franche-Comté et dans les vallées alpines. J’accueille très favorablement le développement de mécanismes de financement carbone avec des entreprises, ce qui permet de soutenir la protection des tourbières, leur restauration et de financer des activités complémentaires. »


