Observatoire du
deux-roues Solly Azar – AAA Data au 1er semestre 2026.
Après un 1er trimestre en hausse, le marché du deux-roues a rencontré
des difficultés pour maintenir cette dynamique sur le long terme, avec une
baisse de 2% au global sur le 1er semestre 2026 (499 536 immatriculations) vs
le 1er semestre 2025 (510 945 immatriculations).
A noter que la fragmentation porte désormais sur le neuf (+6%) et l’occasion (-5%), et non plus
sur le distinguo moto-cyclo, selon les derniers résultats de l’Observatoire du deux-roues
Solly Azar – AAA Data.
Le marché des deux-roues neufs enregistre une hausse de 6% depuis le début de l’année
(127 651 unités
immatriculées au S1 2026 vs. 120 459 au S1 2025). Le neuf montre sa résilience
et, même s’il reste minoritaire, gagne des parts de marché (26% cette année
contre 24% en 2025). Cette dynamique s'explique principalement par l'offensive
particulièrement active des constructeurs chinois, qui déploient de nombreux
modèles sur l'ensemble des segments et de toutes les cylindrées. Ils affichent
une vitesse de commercialisation inédite, devançant largement le rythme de
renouvellement des constructeurs traditionnels. En plus de proposer un rapport
prix/équipement imbattable, ces nouveaux acteurs ont su rassurer les
consommateurs en collaborant avec des marques de renom pour l'intégration de
pièces spécifiques, un gage de fiabilité déterminant pour le marché.
De son côté, le marché de l’occasion,
poursuit sa trajectoire du 1er trimestre et subit un repli de 5% sur l’ensemble
du 1er semestre 2026 (371 885 unités contre 390 486 en 2025). Avec un usage
moins fréquent, les usagers conservent leur deux-roues plus longtemps. De plus,
le recours à la pièce de réemploi permet entre autres de prolonger la durée de
vie de modèles plus anciens alors que la pièce d’origine n’est plus disponible
chez les constructeurs.
Le segment électrique affiche de son côté un retour à la hausse, avec +3% au 1er semestre
(18 406 unités immatriculées au
1er semestre 2026 vs. 17 887 au 1er semestre 2025). La dynamique du marché
électrique reste scindée entre neuf (+7%) et occasion (-1%) et entre moto (+25%)
et cyclo (-11%). Fait notable, le marché du neuf électrique surperforme par
rapport à celui de l’occasion qui portait jusque-là cette mobilité durable.
Le marché des cyclos n’arrive plus à séduire et poursuit sa course vers le bas, à -9%, passant sous la barre des 100 000 immatriculations sur le 1er semestre (93 021 unités vs. 101 669 au S1 2025), une première depuis la création de l’Observatoire du deux-roues Solly Azar – AAA Data. Néanmoins, une lueur d’espoir subsiste, avec un marché du neuf en hausse de 4% (22 275 unités vs. 21 339 unités au
S1 2025) après s’être
stabilisé au T1 2026. En revanche, le cyclo d’occasion reste en territoire
négatif, avec -12% (70 746 unités vs. 80 330). Étant donné le développement de
nouvelles mobilités, le cyclo observe ces dernières années un rétrécissement
structurel de son marché, entraînant une raréfaction de l'offre en
occasion.
Le marché des motos, quant à lui, se
stabilise au-delà des 400 000 immatriculations sur un semestre (-1%, avec 406
515 unités au S1 2026 vs. 409 276 au S1 2025). Comme pour les cyclos, la
dynamique du secteur est scindée entre occasion (-3% à 301 139 unités) et neuf
(+6% à 105 376 unités). Les constructeurs chinois, avec des véhicules qui
présentent un rapport prix/équipement attractif, tirent leur épingle du jeu et
permettent au secteur de la moto de retrouver de l’allant. A noter que les plus
grosses cylindrées ne sont plus les seules typologies recherchées par les
motards. Si en 1er lieu, les roadsters (-4,5% à 85 683 unités) et les trails
(+12% à 47 066) de plus de 400cc trustent les recherches, les scooters de 50 à
125cc (+2% à 47 274 unités) et de 126 à 400cc (+2% à 17 660 unités) semblent
également avoir attiré l’attention des motards depuis le début de l’année.
Sur les cinq premiers mois de l’année, selon l’Observatoire du deux-roues Solly Azar – AAA Data, les jeunes restent les plus actifs et permettent au marché de renouveler son parc d’utilisateurs, avec
+15% chez les 14-17 ans et +17% chez les 18-25 ans. On observe ensuite une bascule, de plus en plus marquée en fonction de l’âge (-1% chez les 26-40 ans ; -6% chez les 41-55 ans et -9% chez les 56 ans
et plus).
Focus sur les voitures sans permis (VSP)
A l’image du cyclo, dont l’utilisation pourrait s’apparenter, le marché des voitures sans permis est scindé en deux. D’un côté les véhicules neufs sont en nette progression de 11% (11 190 immatriculations vs.
10 060 au S1 2025), de
l’autre le marché de l’occasion est en baisse de 9% (18 798 immatriculations
vs. 20 707 au S1 2025).
Les constructeurs ont semble-t-il réussi à restaurer l’attractivité de
leurs modèles par l’innovation et des solutions de financement capables de
rivaliser avec un marché de l'occasion devenu compétitif.
« Après les turbulences des dernières années, le marché cherche un
nouvel équilibre au premier semestre 2026. Si les volumes globaux fléchissent
légèrement de 2%, l'attrait pour le neuf ne se dément pas et gagne des parts de
marché. Les acheteurs opèrent des arbitrages rationnels : ils se tournent vers
des véhicules neufs au rapport qualité/prix attractif ou prolongent la durée de
vie de leur monture d’occasion. Cette maturité se reflète aussi dans le segment
électrique, où l'offre de véhicules neufs commence enfin à prendre le relais de
l'occasion pour structurer le marché. »
explique Marie-Laure Nivot, Head of Automotive Market Analysis de AAA Data.
« L'Observatoire met en lumière un véritable passage de témoin
générationnel : la poussée spectaculaire des 14-25 ans démontre que le
deux-roues conserve tout son pouvoir d'attraction auprès de la jeunesse. Cet
élan s'accompagne d'une mutation des usages. Les motards ne jurent plus
uniquement par les grosses cylindrées ; nous observons un vif intérêt pour les
scooters de 50 à 400cc et les voitures sans permis neuves. Face à cette
nouvelle vague de conducteurs plus jeunes et souvent urbains, notre rôle d'assureur
est d'accompagner au mieux cette transition vers des mobilités partagées et
diversifiées. » analyse Maëlle Faure, Cheffe
Produits Auto et Moto chez Solly Azar.
Focus sur la sinistralité du marché du deux-roues
Au-delà des dynamiques de marché, Solly Azar dresse un bilan contrasté
de la sinistralité en 2025 et sur le premier semestre 2026.
Les accidents de la circulation constituent la quasi-totalité des interventions, avec à 82% sur le
1er semestre
2026 (contre 78% des sinistres en 2025). Cette évolution confirme une tendance
à la hausse du poids des accidents, traduisant une vulnérabilité confirmée des
conducteurs de deux-roues.
Une augmentation sensible des accidents corporels : Dans les accidents de la circulation, près de
4 cas sur 10 donnent lieu
à un ou plusieurs blessés (39% au 1er semestre 2026 comme en 2025 et contre
environ 30% auparavant). En revanche, la part des conducteurs assurés
directement blessés lors de ces accidents corporels poursuit sa baisse : elle
passe à 54% en 2025 et à 50% au 1er semestre 2026 (contre 71% en 2024).
Un risque fortement concentré en zone urbaine : La proportion d'accidents en milieu urbain reste globalement stable
mais très élevée, s'établissant à 42% sur la première moitié de 2026 (42%
également en 2025). Le trio des métropoles les plus touchées reste inchangé,
avec une légère modification dans la hiérarchie : Toulouse prend la première
place au 1er semestre 2026 devant Paris et Marseille.
L’environnement comme cause principale :
L'environnement routier et les autres usagers (changement de voie, refus
de priorité, ouverture de portière) restent la cause n°1 et s'accentuent,
représentant 68% des cas en 2026 (65% des cas en 2025 et 59% historiquement).
La maîtrise du véhicule arrive en deuxième position et progresse: les pertes de contrôle grimpent à 16% des causes d’accidents au 1er
semestre 2026 (contre 14% en 2025 et environ 10% les années précédentes).
Les autres causes, telles que l'état de
la chaussée ou la présence d'un animal, occupent désormais une part marginale
(3e position).
Vol : les équipements plus performants
ont entraîné une baisse des sinistres
Si la sinistralité routière s'aggrave, le risque lié au vol s'inscrit
dans une tendance globale à la baisse déjà observée par le passé. Les dossiers
de vol reculent à 16% sur le 1er semestre 2026, contre 19% en 2025.
Des tentatives de vol de plus en plus mises en échec : L'efficacité croissante des dispositifs antivol se confirme de manière
spectaculaire. Les vols échoués (tentatives avortées grâce à la résistance des
équipements) sont en nette progression, à 28% depuis le début de l’année
(contre 23% en 2025).
Un taux de récupération sous pression :
En revanche, une fois le vol commis, le taux de restitution des véhicules est
en retrait par rapport aux excellents niveaux du passé. Le taux de récupération
ressort ainsi à 17% sur le 1er semestre 2026, alors qu’il était de 18% en 2025
et atteignait 27% auparavant.
Recul net des autres sinistres
Enfin, les autres natures de sinistres (incendies, vandalisme,
événements climatiques) connaissent un recul très marqué. Elles ne représentent
plus que 2,7 % de la sinistralité globale en 2026 (contre 3,3% en 2025 et
environ 8% les années précédentes).
« La vitalité du marché s'accompagne de nouveaux défis sur les routes. Le premier semestre 2026 dresse un bilan contrasté : la vulnérabilité en zone urbaine reste préoccupante, avec une hausse du poids des accidents de la circulation et des pertes de contrôle. Heureusement, il y a une excellente nouvelle du côté de la protection des biens, avec une efficacité croissante des dispositifs antivol mettant de plus en plus les voleurs en échec. » conclut Maëlle Faure.


