Au lendemain des
engagements pris par le G7 pour sécuriser les chaînes d'approvisionnement en
minerais critiques, un sondage Norstat réalisé pour l'École de Guerre
Économique révèle que les Français ont, eux aussi, pleinement intégré ces
nouveaux enjeux de souveraineté industrielle.
Les minerais critiques ne sont plus un sujet réservé aux spécialistes
des matières premières ou de la géopolitique. En adoptant une déclaration
commune consacrée à la sécurisation des chaînes d'approvisionnement, les
dirigeants du G7 ont placé cette question au cœur de leur stratégie économique
et industrielle.
Un sondage réalisé par Norstat pour l'École de Guerre Économique montre
que cette prise de conscience est largement partagée par l'opinion publique
française : 65 % des Français estiment que la France est aujourd'hui trop
dépendante de pays étrangers pour son approvisionnement en matières premières
stratégiques.
Un sujet qui sort du cercle des experts
Pendant longtemps, les minerais critiques sont restés un sujet
technique, essentiellement abordé par les industriels, les économistes ou les
spécialistes de géopolitique. L'étude montre qu'ils sont désormais perçus comme
une question de souveraineté nationale.
Mais si les Français identifient désormais la dépendance, ils ne perçoivent pas encore toujours l'ensemble des rapports de force qui l'entourent. Ainsi :
• 52% estiment que la Chine a
pris une avance importante dans la bataille mondiale des matières premières
stratégiques,
• 48% considèrent que la France
a perdu de son influence auprès des pays producteurs,
• 39% seulement parlent
explicitement de guerre économique entre puissances.
« Les résultats de cette enquête montrent qu'un basculement est en train
de s'opérer. Les Français identifient désormais la dépendance comme un problème
stratégique. En revanche, ils ne perçoivent pas encore pleinement que les
minerais critiques sont devenus l'un des principaux terrains de la guerre
économique entre grandes puissances »,
Arnaud de Morgny, Directeur d’études de l'École de Guerre Économique
Les Français veulent un État stratège
L'étude révèle également une attente très forte d'une politique
industrielle assumée pour sécuriser les approvisionnements stratégiques :
• 73% souhaitent relancer
l'activité minière et les capacités françaises de raffinage,
• 67% veulent que l'État
accompagne financièrement les entreprises stratégiques,
• 60% souhaitent protéger ces
entreprises contre les prises de contrôle étrangères.
Pour les Français, la France a surtout manqué de vision
L'un des enseignements les plus marquants de cette étude concerne les
causes du recul français dans les matières premières stratégiques.
Pour 57% des personnes interrogées, ce recul s’explique d’abord par un
manque d’investissements, de vision et de soutien de l’État, devant la
concurrence internationale (53 %).
Autrement dit, l’opinion publique considère que la perte d’influence
française n’est pas une fatalité économique mais le résultat d’un décrochage
stratégique.
La souveraineté se joue sur toute la chaîne de valeur
Les Français en appellent à une approche globale, qui articule extraction, transformation et circularité.
Pour eux, celle-ci repose sur
plusieurs leviers complémentaires :
• 46 % citent le recyclage des
métaux,
• 42 % les capacités françaises
de raffinage et de transformation,
• 42 % la présence d'industries
clientes sur le territoire,
• 40 % l'accès direct aux
ressources.
L’étude montre enfin que les Français attendent une traduction concrète
des engagements du G7 en actions coordonnées entre alliés.
• 54% souhaitent une coordination
accrue entre pays partenaires pour sécuriser l'approvisionnement en matières
critiques,
• 47% appellent à la mise en
place de normes communes de traçabilité.
Pour l'opinion publique, la déclaration du G7 ne doit pas rester un
simple constat diplomatique : elle doit ouvrir la voie à des outils
opérationnels partagés entre puissances alliées.
Présentation des résultats
Les résultats complets de ce sondage ont été présentés le 7 juillet 2026 par Raphaël Clave, directeur général de Norstat France lors du colloque : « Consolider notre souveraineté industrielle – Minerais, métaux critiques, de l'accès à la ressource aux usages : quelle stratégie pour les vingt prochaines années ? » organisé en présence de Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l'Industrie.


