Note rapide publiée par l’Institut Paris Region
L'Île-de-France nouveau
territoire du feu
• 24% de l’Île-de-France est recouverte de
forêts, soit 288 000 ha (65% de propriétés privées)
• 90% des incendies sont d’origine humaine
• 7% des surfaces forestières franciliennes
identifiées en risque incendie moyen à fort, 93% en risque faible à modéré
• 1 930 ha potentiellement soumis à obligation
légale de débroussaillement (OLD) en Île-de-France, sur 18 communes
• 6 203 bâtiments, 475,6 km
d’infrastructures de transport et 71,5 km de lignes électriques sont dans des
massifs classés à risque incendie et OLD.
Un risque désormais
bien présent en Île-de-France
Longtemps limité au sud
de la France, le risque de « feu de forêt » concerne désormais pleinement
l’Île-de-France, classée « nouveau territoire du feu » en 2023. Cette évolution
s’explique notamment par le changement climatique et par le fait que les forêts
franciliennes sont très fragmentées, pénétrées par le tissu urbain et
abondamment fréquentées (la forêt de Fontainebleau : près de 15 millions de
visiteurs/an). Or 90 % des incendies de forêt sont d’origine humaine et 70 % se
déclenchent à l’interface entre espaces urbains et forestiers (mégots,
barbecues, travaux, etc.).
Cartographier le risque
incendie
En 2023, la Direction
régionale et interdépartementale de l’alimentation, de l’agriculture et de la
forêt (DRIAAF) a confié la production d’un atlas du risque « feu de forêt » au
CNP Île-de-France Centre-Val de Loire et à L’Institut Paris Region. Cartographier
et classer les massifs franciliens par niveaux de risque, permet de cibler les
secteurs les plus exposés. Il a conduit au classement de bois et forêts
franciliens exposés au risque d’incendie.
L'obligation légale de
débroussaillement, un outil de prévention
Les obligations légales
de débroussaillement (OLD) imposent aux propriétaires de débroussailler autour
des bâtiments et infrastructures situés à proximité immédiate des forêts
classées à risque. Mais les OLD ne doivent pas s’apparenter à des coupes rases
ou à du défrichement, pratiques reconnues comme affectant négativement la
biodiversité forestière, ayant tendance à augmenter la température du sol et à
abandonner d’importants rémanents secs et favorables au feu (branches et
végétation de sous-bois).
En Ile-de-France, le
classement OLD sera mis en place par arrêté préfectoral sur 18 communes
localisées dans et autour des massifs de Fontainebleau, des Trois pignons, de
la Commanderie et de Nemours-Poligny.
Les forêts
franciliennes, un trésor de biodiversité à préserver
Les forêts jouent un
rôle écologique majeur, abritant notamment 60 % des mammifères, 42 % des
oiseaux et 32 % des amphibiens recensés en métropole, et plus de 10 000 espèces
liées au bois mort. Elles stockent du CO₂, aident à la
régulation du climat, la protection contre certains risques naturels, et
offrent des ressources économiques et des espaces de loisirs. Il s'agit dès
lors de ne pas opposer la sécurité des personnes à la préservation de la
biodiversité.
Faire de la
biodiversité un allié de la prévention
La diversité des forêts
apparaît aujourd’hui comme un atout face au risque d’incendie. Elle peut être favorisée par un mélange
d’essences moins inflammables, des peuplements forestiers denses qui freinent
la propagation du feu, des modes de gestion favorisant la diversité, comme la «
forêt mosaïque » mise en oeuvre par l'ONF.
La prévention et la sensibilisation du public, la prise en compte des OLD dans les documents d’urbanisme et d’aménagement, l’intégration de la biodiversité dans les stratégies de gestion forestière, il faut faire feu de tout bois. Le débroussaillement se fait d'ores et déjà dans un cadre réglementaire qui vise à limiter leur impact sur les espèces et leurs habitats. Reste à concilier protection des populations et gestion durable des forêts.


