Connexion
/ Inscription
Mon espace
Etudes & Enquêtes
ABONNÉS
Partager par Linked-In
Partager par Xing
Partager par Facebook
Partager par email
Suivez-nous sur feedly

[Expertises] L’AMF publie sa cartographie 2026 des marchés et des risques

Les évolutions observées depuis la publication de notre cartographie des marchés et des risques 2025 confirment les principaux risques identifiés, en particulier les risques géopolitiques et cyber. En dépit d'un épisode de correction et de forte volatilité consécutif au déclenchement du conflit avec l'Iran, les marchés sont demeurés globalement ordonnés et résilients.

 

L’instabilité géopolitique s’est imposée comme un contexte structurant pour les marchés financiers.

Les tensions commerciales persistantes, les incertitudes entourant les politiques tarifaires ainsi que la poursuite du conflit entre la Russie et l’Ukraine, pèsent sur l’environnement économique mondial. Le regain de tensions au Moyen-Orient est venu accentuer cette situation, renforçant l’incertitude et l’imprévisibilité auxquelles les marchés sont exposés.

 

Les conséquences économiques du conflit au Moyen-Orient dépendront de l’évolution des évènements dans la région. Les marchés de l’énergie ont constitué le principal point d’impact, avec une forte perturbation des approvisionnements en pétrole et en gaz, entraînant une hausse marquée des prix de l’énergie et un regain de volatilité. Ces évolutions ont contribué à raviver les tensions inflationnistes et conduit à une dégradation des perspectives macroéconomiques. Les marchés ont également révisé leurs anticipations avec des perspectives désormais plus contrastées sur l’évolution des taux d’intérêt.

 

Malgré un épisode de correction et de forte volatilité, les marchés financiers ont fait preuve de résilience, tant sur le plan opérationnel que financier face à ce conflit. Les marchés actions ont rapidement rebondi après le déclenchement du conflit et certains marchés ont retrouvé, voire dépassé, leurs niveaux d’avant crise au Moyen-Orient. Mais le contexte actuel est venu souligner certaines vulnérabilités, identifiées dans de précédentes éditions de la cartographie, notamment les niveaux élevés de valorisation de certains actifs, la concentration des performances sur un nombre limité de grandes valeurs technologiques et l’endettement important de certaines entreprises. Ces éléments pourraient accroître la sensibilité des marchés à une dégradation de l’environnement macro-financier.

 

Sur les marchés obligataires, les conditions de liquidité sont restées globalement favorables. Les tensions inflationnistes ont néanmoins entraîné une remontée des taux d’emprunts d’Etat et une hausse des coûts de financement, dans un contexte marqué par des niveaux d’endettement élevés. Les marchés de crypto-actifs poursuivent quant à eux leur phase de correction, illustrant une sensibilité accrue aux évolutions de l’environnement économique et financier.

 

Les fonds d’investissement continuent de bénéficier d’effets de valorisation favorables, soutenus notamment par la progression des marchés actions et l’augmentation des taux d’intérêt. Les flux de collecte sont restés positifs en France, sans impact significatif des récentes tensions géopolitiques. Certains segments demeurent toutefois des points d’attention pour l’AMF, en particulier les fonds immobiliers, toujours exposés aux fragilités du marché. L’essor rapide des actifs privés se poursuit et appelle une vigilance accrue afin d’assurer une protection adéquate des investisseurs. À l’échelle mondiale, les régulateurs portent notamment une attention particulière à la croissance soutenue de la finance et du crédit privés. À ce stade, ce segment n’est pas analysé comme une source de risque significative pour la stabilité financière, compte tenu de sa taille encore limitée, mais sa croissance soutenue, conjuguée à l’élargissement de l’accès de ces actifs aux investisseurs particuliers, soulève des enjeux croissants en matière de liquidité, de valorisation, de levier et d’interconnexions avec le reste du système financier.

 

Les risques opérationnels et cyber continuent également de s’accentuer. Le développement rapide de l’intelligence artificielle, notamment des modèles avancés (dits « frontière »), constitue une disruption potentiellement majeure pour la cybersécurité. S’il offre d’importantes opportunités en matière d’efficacité, d’innovation et de gestion des risques, il accroît également certaines vulnérabilités cyber et opérationnelles. Dans ce contexte, le règlement européen sur la résilience opérationnelle numérique du secteur financier (DORA) constitue un cadre structurant majeur pour renforcer la sécurité et la capacité de réaction des acteurs financiers. L’enjeu réside désormais dans l’adaptation continue des dispositifs de prévention et de réponse afin de limiter les risques opérationnels et systémiques.

 

Le taux d'épargne français est important en 2025 avec un intérêt croissant pour les investissements financiers, notamment pour les ETF, soutenus par les néo-brokers et l’arrivée d’une nouvelle génération d'investisseurs plus jeune (moins de 35 ans) et plus vulnérable de par certaines caractéristiques ou comportements. Face à cette dynamique, l’AMF reste attentive à la protection des investisseurs. Elle se mobilise également face à la hausse des arnaques et sur la professionnalisation des escroqueries s’appuyant sur l’usurpation d’identité, les nouvelles technologies et les mécanismes de manipulation des investisseurs.

 


 

Lire la suite...


Articles en relation