Les évolutions observées
depuis la publication de notre cartographie des marchés et des risques 2025
confirment les principaux risques identifiés, en particulier les risques
géopolitiques et cyber. En dépit d'un épisode de correction et de forte
volatilité consécutif au déclenchement du conflit avec l'Iran, les marchés sont
demeurés globalement ordonnés et résilients.
L’instabilité géopolitique s’est imposée comme un contexte structurant pour les marchés financiers.
Les tensions commerciales persistantes, les incertitudes entourant
les politiques tarifaires ainsi que la poursuite du conflit entre la Russie et
l’Ukraine, pèsent sur l’environnement économique mondial. Le regain de tensions
au Moyen-Orient est venu accentuer cette situation, renforçant l’incertitude et
l’imprévisibilité auxquelles les marchés sont exposés.
Les conséquences
économiques du conflit au Moyen-Orient dépendront de l’évolution des évènements
dans la région. Les marchés de l’énergie ont constitué le principal point
d’impact, avec une forte perturbation des approvisionnements en pétrole et en
gaz, entraînant une hausse marquée des prix de l’énergie et un regain de
volatilité. Ces évolutions ont contribué à raviver les tensions inflationnistes
et conduit à une dégradation des perspectives macroéconomiques. Les marchés ont
également révisé leurs anticipations avec des perspectives désormais plus
contrastées sur l’évolution des taux d’intérêt.
Malgré un épisode de
correction et de forte volatilité, les marchés financiers ont fait preuve de
résilience, tant sur le plan opérationnel que financier face à ce conflit. Les
marchés actions ont rapidement rebondi après le déclenchement du conflit et certains
marchés ont retrouvé, voire dépassé, leurs niveaux d’avant crise au
Moyen-Orient. Mais le contexte actuel est venu souligner certaines
vulnérabilités, identifiées dans de précédentes éditions de la cartographie,
notamment les niveaux élevés de valorisation de certains actifs, la
concentration des performances sur un nombre limité de grandes valeurs
technologiques et l’endettement important de certaines entreprises. Ces
éléments pourraient accroître la sensibilité des marchés à une dégradation de
l’environnement macro-financier.
Sur les marchés
obligataires, les conditions de liquidité sont restées globalement favorables.
Les tensions inflationnistes ont néanmoins entraîné une remontée des taux
d’emprunts d’Etat et une hausse des coûts de financement, dans un contexte
marqué par des niveaux d’endettement élevés. Les marchés de crypto-actifs
poursuivent quant à eux leur phase de correction, illustrant une sensibilité
accrue aux évolutions de l’environnement économique et financier.
Les fonds
d’investissement continuent de bénéficier d’effets de valorisation favorables,
soutenus notamment par la progression des marchés actions et l’augmentation des
taux d’intérêt. Les flux de collecte sont restés positifs en France, sans
impact significatif des récentes tensions géopolitiques. Certains segments
demeurent toutefois des points d’attention pour l’AMF, en particulier les fonds
immobiliers, toujours exposés aux fragilités du marché. L’essor rapide des
actifs privés se poursuit et appelle une vigilance accrue afin d’assurer une
protection adéquate des investisseurs. À l’échelle mondiale, les régulateurs
portent notamment une attention particulière à la croissance soutenue de la
finance et du crédit privés. À ce stade, ce segment n’est pas analysé comme une
source de risque significative pour la stabilité financière, compte tenu de sa
taille encore limitée, mais sa croissance soutenue, conjuguée à l’élargissement
de l’accès de ces actifs aux investisseurs particuliers, soulève des enjeux croissants
en matière de liquidité, de valorisation, de levier et d’interconnexions avec
le reste du système financier.
Les risques
opérationnels et cyber continuent également de s’accentuer. Le développement
rapide de l’intelligence artificielle, notamment des modèles avancés (dits «
frontière »), constitue une disruption potentiellement majeure pour la
cybersécurité. S’il offre d’importantes opportunités en matière d’efficacité,
d’innovation et de gestion des risques, il accroît également certaines
vulnérabilités cyber et opérationnelles. Dans ce contexte, le règlement
européen sur la résilience opérationnelle numérique du secteur financier (DORA)
constitue un cadre structurant majeur pour renforcer la sécurité et la capacité
de réaction des acteurs financiers. L’enjeu réside désormais dans l’adaptation
continue des dispositifs de prévention et de réponse afin de limiter les
risques opérationnels et systémiques.
Le taux d'épargne
français est important en 2025 avec un intérêt croissant pour les
investissements financiers, notamment pour les ETF, soutenus par les
néo-brokers et l’arrivée d’une nouvelle génération d'investisseurs plus jeune
(moins de 35 ans) et plus vulnérable de par certaines caractéristiques ou
comportements. Face à cette dynamique, l’AMF reste attentive à la protection
des investisseurs. Elle se mobilise également face à la hausse des arnaques et
sur la professionnalisation des escroqueries s’appuyant sur l’usurpation
d’identité, les nouvelles technologies et les mécanismes de manipulation des
investisseurs.




