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[Expertises] Climat : Déphaser l'usage de l'eau de pluie en ville

L'Institut Paris Region publie la Note rapide : Déphaser l’usage de l’eau des précipitations en milieu urbain : une solution d’adaptation au changement climatique.

 

L'eau pluviale, une ressource en période de sécheresse

 

L’Île-de-France, comme on le voit aujourd'hui, ne sera pas épargnée par les impacts du changement climatique, qui se font déjà sentir. La région connaîtra dès le milieu de siècle des alternances problématiques entre des périodes de sécheresse et de pluies intenses (+10% et +30 %). Dès lors les villes doivent trouver des solutions pour s'adapter.

 

L’une d’entre elles peut être de stocker l’eau des précipitations de façon à permettre un « déphasage », décalant l’utilisation de l’eau de pluie recueillie à une période ou l’accès à cette ressource est restreinte à cause de la sécheresse. Dans quelles limites et avec quels réservoirs pouvons-nous stocker l’eau en milieu urbain, et pour quels usages ?

 

La végétalisation est un levier clé pour lutter contre la chaleur (ombre et évapotranspiration), nécessitant de "l’eau verte" (stockée dans le sol). Cependant, les besoins en eau dépassent souvent les apports naturels, entraînant un recours coûteux à l’eau potable, ce qui accroît la pression sur la ressource. D’où l’intérêt de recourir aux eaux non conventionnelles, non potables (ENC).

 

Le déphasage des usages, une solution pour les périodes de sécheresse

 

La gestion intégrée des eaux pluviales, qui s’imposait déjà pour limiter les débordements des réseaux, s’impose désormais avec un objectif en soi de rétention et d’infiltration. Grâce au sol, aux solutions fondées sur la nature (SFN) et à des ouvrages techniques complémentaires, l’eau peut être stockée dans divers réservoirs.

 

Une diversité de réservoirs urbains existe : Réservoirs étanches (cuves, bassins) pour stocker et réutiliser l’eau, ouvrages hybrides végétalisés combinant stockage et végétation, aménagements d’hydraulique douce (noues, mares) ralentissant et stockant l’eau, les sols, réservoirs naturels essentiels, surtout décompacté et enrichi.

 

Pour différents types de déphasage : court (pour un usage immédiat), avec ralentissement

(stockage temporaire), saisonnier (adaptation inter-saison), et pour faire face à une extrême-sécheresse (réserve stratégique).

 

Des exemples en Île-de-France, montrent des solutions innovantes (jardins de pluie, modules végétalisés, chaussées-réservoirs) permettant une autonomie en eau, réduisant les besoins d’arrosage et l’entretien, tout en favorisant la résilience urbaine.

 

L’hydrologie régénérative propose une approche globale fondée sur quatre principes : ralentir, infiltrer, stocker et évapotranspirer. Elle valorise le triptyque sol–eau–végétation pour restaurer les cycles de l’eau et créer des îlots de fraîcheur. L’objectif global est de régénérer les cycles de l’eau en ville et de construire des territoires résilients, sobres et adaptés au changement climatique. Une complémentarité des solutions adaptées aux contextes locaux est à rechercher.

 

Hiérarchiser les usages pour plus de sobriété

 

L’eau doit être gérée au plus près de là où elle tombe, tout en intégrant une gestion saisonnière.  La définition d'une hiérarchie des usages de l'eau à l’échelle annuelle, devrait aider à faire face aux périodes de pénurie.

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