À l’heure des premiers bilans après un important épisode de chaleur, UTOPIES alerte sur le changement de nature du risque climatique : les chaleurs extrêmes ne sont plus seulement un enjeu environnemental ou sanitaire. Elles deviennent une question de continuité économique, sociale et territoriale pour les entreprises.
Travail, agriculture,
alimentation, logistique, transports, soin, protection des plus fragiles : en
croisant projections climatiques, données économiques, sociales et sectorielles
à l’échelle des départements, UTOPIES montre que la multiplication des canicules
impose déjà de repenser la manière de produire, de travailler, de se déplacer,
de se nourrir et d’habiter les territoires dans un pays dont les organisations
et les infrastructures ont été pensées pour fonctionner dans un climat tempéré.
À partir d’UTORISK, sa
nouvelle plateforme d’analyse des vulnérabilités climatiques territoriales,
UTOPIES a croisé projections climatiques, données économiques, sociales et
sectorielles afin d’identifier les populations, activités, infrastructures et
filières les plus exposées au changement climatique. Cette cartographie fait
apparaître une France très inégalement vulnérable face à la chaleur.
Chiffres clés
• 7,5 % des emplois appartiennent à la
catégorie la plus exposée à la chaleur, 17,4 % à une catégorie intermédiaire,
47,3 % à une catégorie peu exposée et 27,8 % à la catégorie la plus protégée.
• Les emplois les plus exposés représentent 14,6 %
des postes dans l’Aude, contre 5,2 % à Paris.
• À Paris, 50,6 % des emplois relèvent des catégories les plus protégées face à la chaleur, contre
21 % dans l’Aude.
• Dans 17 départements français, plus d’un emploi sur
dix appartient déjà à une catégorie particulièrement vulnérable.
• D’ici 2050, douze départements cumuleraient à la
fois plus de trois jours par an au-dessus de 35°C et plus de 10 % d’emplois
très exposés.
• Certains territoires, comme la Marne,
présentent déjà un taux significatif d’emplois potentiellement très exposés
(14,4 %), alors que les épisodes dépassant 35°C y sont encore relativement
rares.
Pour Elisabeth Laville, fondatrice d’UTOPIES, « ces données dessinent une nouvelle fracture entre les métiers protégés — plus tertiaires, climatisés, flexibles ou numérisés — et les métiers exposés, dépendants de l’effort physique, de l’extérieur, des déplacements, de la logistique, de l’agriculture ou du soin. La chaleur devient ainsi un révélateur des inégalités économiques, sociales et territoriales. »


