Alors que la France connaît un nouvel épisode de canicule, la CAPEB fait le constat de l’ampleur du défi que la France doit relever pour pouvoir faire face à des aléas climatiques qui s’inscrivent dans une tendance durable transformant progressivement les conditions de vie dans les bâtiments comme les conditions de travail des entreprises.
Les épisodes actuels de fortes chaleurs mettent de nouveau en évidence les limites du parc bâti actuel et l’urgence de se donner les moyens de le rénover.
Les aléas climatiques sont désormais une réalité concrète pour les
entreprises artisanales du bâtiment, avec
une exposition particulièrement forte à la chaleur.
Les premiers enseignements de l’enquête CAPEB menée auprès de plus de
2.200 entreprises artisanales du bâtiment confirment une tendance nette : les
aléas climatiques impactent directement l’organisation des chantiers, les
conditions de travail des salariés et la continuité de l’activité.
• 91 % des entreprises sont
exposées aux épisodes de chaleur
• 7 sur 10 constatent une
intensification des aléas au cours des cinq dernières années
• 58 % déclarent des retards de
chantiers liés aux conditions climatiques
• 62 % des chefs d’entreprise
font état d’un stress accru
• 70 % ont déjà adapté leurs
horaires de travail
Au-delà des chiffres, l’enquête met en évidence un point central :
l’impact des aléas climatiques est d’abord organisationnel avant d’être
matériel. Il pèse directement sur la capacité des entreprises à maintenir leur
activité dans des conditions soutenables.
Des impacts concentrés sur l’organisation du travail
L’impact principal des aléas climatiques ne se traduit pas par des
sinistres matériels, mais par une dégradation des conditions d’exercice de
l’activité.
Si 81 % des entreprises déclarent n’avoir subi aucune conséquence sur
leurs locaux ou équipements, les perturbations organisationnelles sont, elles,
massives.
Elles concernent principalement :
• 58 % : retards de chantiers
• 55 % : horaires décalés de la
main-d’œuvre
• 53 % : fatigue, démotivation ou
arrêts
• 49 % : désorganisation du chef
d’entreprise
Le stress des dirigeants apparaît également comme un indicateur majeur,
cité par 62 % des répondants.
Certains métiers sont plus exposés, notamment la maçonnerie et le
carrelage, tandis que d’autres, comme l’électricité ou la plomberie-chauffage,
apparaissent relativement moins affectés.
Des premières solutions d’adaptation
Face à l’intensification des aléas, les entreprises développent des
réponses concrètes : une majorité d’entreprises a commencé à ajuster son
organisation.
70 % déclarent avoir déjà adapté les horaires de travail, et près de la
moitié suit régulièrement l’évolution des conditions météorologiques via des
applications dédiées. Ces pratiques témoignent d’une capacité d’adaptation
concrète des entreprises artisanales, souvent fondée sur l’expérience de
terrain et la réactivité.
Pour autant, cette adaptation demeure encore principalement pragmatique
et démontre que l’accompagnement de ces entreprises vers une démarche
d’anticipation plus structurée, proportionnée à leurs moyens et à leurs
réalités de terrain constitue un enjeu majeur.
Les aléas climatiques modifient la nature de la demande adressée aux
entreprises
Une part significative des répondants constate déjà l’émergence de
nouveaux besoins, liés à la fois à la réparation après sinistre et à
l’anticipation des risques.
Les travaux concernés portent notamment sur :
• la remise en état des toitures
après sinistre
• l’amélioration du confort d’été
(rafraîchissement)
• les travaux d’isolation et de
chauffage
Cette évolution confirme l’émergence d’une demande nouvelle, encore
hétérogène, qui appelle à structurer davantage l’offre de travaux d’adaptation
et à accompagner le passage de l’intention à la réalisation.
Protéger les salariés sans fragiliser les entreprises
La CAPEB rappelle que la protection de la santé des salariés est une
priorité absolue. Lorsque les autorités prennent des mesures exceptionnelles en
cas de canicule, les entreprises artisanales les appliquent et adaptent leur
organisation.
Pour autant, la CAPEB souligne que les conséquences économiques de ces
interruptions ou réductions d’activité ne peuvent reposer uniquement sur les
TPE artisanales.
Face à la multiplication des épisodes de fortes chaleurs, la CAPEB
estime nécessaire de mieux accompagner les entreprises lorsqu’elles sont
amenées à ralentir ou interrompre leur activité pour des raisons climatiques.
Elle appelle notamment à adapter les dispositifs existants (régime
intempéries, activité partielle) afin que ces mécanismes soutiennent
concrètement les TPE et leur permettent de couvrir les heures non travaillées
et de préserver leur trésorerie.
« La santé des salariés n’est pas négociable. Lorsque les conditions
climatiques imposent de ralentir ou d’interrompre un chantier, les entreprises
doivent pouvoir le faire sans mettre en péril leur équilibre économique. Si la
société impose ces adaptations, elle doit aussi en partager les conséquences », souligne Jean-Christophe Repon, président de la CAPEB.
Adaptation du bâti : le monogeste au cœur d’un parcours de enovation par
étapes
La CAPEB rappelle le rôle essentiel des entreprises artisanales du
bâtiment dans l’indispensable adaptation et rénovation du parc immobilier.
Ce défi d’ampleur ne pourra être relevé uniquement par approches
globales, souvent complexes et difficilement accessibles pour une large partie
des ménages.
La CAPEB défend une logique de parcours de rénovation par étape, fondé
sur des mono gestes cohérents et complémentaires (isolation de la toiture,
remplacement des menuiseries, ventilation, régulation thermique…), permettant
d’aboutir finalement à l’amélioration recherchée de la performance et du
confort des logements.
« Face à la montée des aléas climatiques, nous devons privilégier une rénovation par étapes, fondée sur des mono-gestes cohérents réalisés dans le bon ordre. Cette approche, simple et efficace, permet d'adapter durablement les logements en s'appuyant sur les artisans du bâtiment. Les pompes à chaleur ont toute leur place, mais elles ne remplacent pas les travaux sur l'enveloppe du bâtiment, dont dépend leur performance. » conclut Jean-Christophe Repon.


