La CAPEB s’alarme des mesures
budgétaires engagées par le Gouvernement pour 2026 et 2027, et demande de
réviser ses orientations. Dans un contexte de baisse continue de l’activité de
l’artisanat du bâtiment et d’importantes suppressions d’emplois, les coupes
budgétaires arbitrées ou envisagées impacteront directement les entreprises
artisanales du bâtiment.
La liste des mesures
s’accumule de jour en jour : hausse du SMIC avec gel des allègements de
cotisations, coupes des budgets de soutien à l’apprentissage, à la rénovation
énergétique, à l’entretien et la rénovation du patrimoine, au logement social
ultramarin. Ces mesures fragiliseront simultanément l’activité, l’emploi et
l’apprentissage, et pénaliseront en premier lieu l’artisanat du bâtiment et,
plus largement, la croissance du pays.
De nombreuses mesures
budgétaires actées ou envisagées pour 2026 et 2027 suscitent de très vives
inquiétudes des chefs d’entreprises artisanales, qui ne cessent d’alerter sur
les difficultés qu’ils rencontrent dans le contexte économique actuel particulièrement
défavorable.
1. Le gel des allègements de cotisations, décidé simultanément à une hausse significative du SMIC, augmentera brutalement le coût du travail pour des entreprises déjà fortement contraintes par la hausse des coûts du carburant, des matériaux et le ralentissement de l’activité. Cette mesure fragilisera directement l’emploi local du secteur, qui a déjà subi la suppression de plus de 30 000 emplois en
deux ans.
2. Le rabot de 300 millions d’euros de crédits de
MaPrimeRénov’, dédiés aux rénovations énergétiques par gestes pour 2026, participera à la
contraction de l’activité et privera de nombreux ménages d’un accès simple et
efficace à l’amélioration énergétique de leur logement. Par ailleurs, l’arrêt
total des mono-gestes, envisagé en septembre prochain, marquerait un coup dur inacceptable.
Les mono-gestes constituent la voie d’accès privilégiée des Français dans un
parcours de rénovation globale par étapes, permettant des gains immédiats de
confort et de pouvoir d’achat.
3. La coupe drastique de 88 % des crédits alloués
aux régions pour l’apprentissage, avec un passage de 268 millions d’euros en
2025 à seulement 33 millions d’euros en 2026, met en danger la capacité des
centres de formation d’apprentis (CFA) à investir dans les équipements
indispensables à la qualité de la formation des jeunes et à maintenir des
sections de formation en zones rurales. C’est un très mauvais signal pour le
développement de l’apprentissage, en net recul de 7 % dans l’artisanat du
bâtiment à la rentrée 2025-2026.
4. La coupe majeure envisagée de plus de 100
millions d’euros de crédits de la Ligne Budgétaire Unique (LBU) en 2026, destinée à financer
le logement social Outre-mer, aura pour conséquence de contracter fortement le
marché déjà éprouvé de la construction et de la rénovation dans les territoires
ultramarins, avec un impact sur les carnets de commande et la trésorerie des
entreprises. Les inquiétudes sont fortes localement au regard de l’importance
de ce marché pour le secteur et des réductions importantes de budget, jusqu’à
60 % à La Réunion.
5. Les coupes de crédits dédiés au Fonds vert et
à la restauration du patrimoine bâti, notamment en soutien des collectivités locales
dans leurs travaux de rénovation énergétique et de préservation du patrimoine,
participeront également à tarir l’activité locale, pourtant non délocalisable,
au détriment des entreprises locales.
Cumulées, ces mesures
fragiliseront sensiblement l’ensemble de l’artisanat du bâtiment, qui
représente pourtant un pilier essentiel de l’économie française avec plus de
500 000 entreprises, assurant près de la moitié du chiffre d’affaires du
bâtiment, employant la moitié des salariés du secteur et formant la majorité
des apprentis.
Organisation patronale
responsable, la CAPEB est parfaitement consciente des enjeux budgétaires
actuels de l’État. C’est pourquoi elle n’a cessé d’appeler à la concentration
des moyens dédiés à l’apprentissage pour les entreprises jusqu’à 50 salariés,
qui en ont le plus besoin, afin de réaliser des économies substantielles de
l’ordre d’un milliard d’euros. Par ailleurs, un encadrement plus strict du
statut de la micro-entreprise et un abaissement de la franchise en base de TVA
dans le bâtiment pourraient générer de très importantes économies budgétaires.
« Ces arbitrages
budgétaires, pris sans considération des réalités de terrain, risquent
d’asphyxier durablement les TPE du bâtiment. Nous ne sommes pas dans une
logique de rejet des efforts budgétaires, mais dans une exigence de cohérence
et de survie économique pour des entreprises déjà sous forte pression. », conclut
Jean-Christophe Repon, président de la CAPEB
La CAPEB appelle donc le Gouvernement à reconsidérer ses orientations budgétaires afin de ne pas aggraver la santé économique des TPE du bâtiment, l’activité du secteur et, par conséquent, la croissance et l’emploi qu’il génère.


