Par
François Poulet, CEO de Youzer.
La gestion des
identités et des accès est longtemps restée un sujet technique, traité par les
équipes IT en marge des priorités stratégiques. Cette époque touche à sa fin.
Dans les organisations en croissance, un constat s'impose : à partir d'un
certain volume d'utilisateurs, d'applications et de mouvements internes, les
processus manuels ne tiennent plus. Et lorsqu'ils cèdent, ce n'est pas la
sécurité qui flanche en premier : c'est la capacité de l'entreprise à se
développer.
Un effet ciseau
silencieux
Trois courbes se
croisent dans la plupart des ETI françaises. La première est celle des
effectifs, portée par la croissance et les recrutements. La deuxième est celle
des applications SaaS, qui se multiplient au rythme des besoins métiers. La
troisième est celle des mouvements internes : mobilités, changements de poste,
départs, prestataires. Pendant ce temps, les équipes IT, elles, ne grandissent
pas au même rythme, quand elles grandissent.
Le résultat est
mécanique. Chaque entrée, chaque mobilité, chaque départ génère des tâches
manuelles de création, modification ou suppression de comptes. Multipliez ces
opérations par le nombre d'applications concernées, et vous obtenez une charge
qui sature progressivement les équipes. Les délais s'allongent, les erreurs
s'accumulent, les comptes orphelins se multiplient.
Le point de bascule
À un moment précis, le
modèle artisanal ne passe plus à l'échelle. Ce point de bascule arrive plus tôt
qu'on ne le pense, et la plupart des organisations le franchissent sans s'en
rendre compte. On le repère à quelques signaux : un nouveau collaborateur attend
plusieurs jours ses accès, les revues d'habilitations sont reportées d'année en
année, les audits deviennent des épreuves redoutées, les licences inutilisées
s'accumulent dans les contrats SaaS.
À ce stade, le problème
change de nature. Il ne s'agit plus d'un inconfort opérationnel : il s'agit
d'un frein à la croissance. L'IT, perçue comme un goulot d'étranglement,
devient un sujet pour la direction générale. Et le coût du rattrapage croît
avec chaque mois de retard.
De la sécurité à la
scalabilité
L'Identity Governance
& Administration (IGA) a longtemps été présentée sous l'angle de la
conformité et de la maîtrise du risque. Ces dimensions restent essentielles,
mais elles masquent un changement de regard plus profond : l'IGA est
aujourd'hui une condition de scalabilité. Industrialiser le cycle de vie des
identités : onboarding, mobilité, offboarding, c'est rendre la croissance
soutenable sans démultiplier les ressources IT.
Les offres SaaS
souveraines ont rendu cette industrialisation accessible. Là où un projet IAM
représentait autrefois plusieurs mois de déploiement et un investissement
lourd, les plateformes IGA dédiées permettent aujourd'hui d'obtenir des
bénéfices mesurables en quelques semaines : réduction du temps IT consacré aux
tâches sans valeur, fiabilisation des accès, nettoyage des licences dormantes.
Le bon moment, c'est
avant
La question n'est plus
de savoir s'il faut structurer la gouvernance des identités, mais quand. Et la
réponse est simple : avant le prochain audit, avant le prochain incident, avant
le prochain palier de croissance qui rendra le rattrapage encore plus coûteux.
Reprendre le contrôle des identités n'est pas un projet de confort. C'est la
condition pour que l'IT redevienne ce qu'elle doit être : un accélérateur, pas
un frein.


