Connexion
/ Inscription
Mon espace
Etudes & Enquêtes
ABONNÉS
Partager par Linked-In
Partager par Xing
Partager par Facebook
Partager par email
Suivez-nous sur feedly

[Etudes] 81% des professionnels constatent une hausse des signalements de harcèlements depuis 2022

Pourquoi les signalements internes progressent-ils aussi fortement dans les entreprises ?

Les organisations sont-elles réellement mieux armées pour enquêter, conclure et protéger les salariés ? Et jusqu’où l’IA peut-elle aider sans se substituer au jugement humain ?

 

Reversens , cabinet de psychologues dédié aux enquêtes éthiques, a mené l’enquête auprès de

2 011 professionnels impliqués dans le traitement des signalements sensibles au travail.

 

 

Une montée continue des signalements depuis quatre ans

 

Les dispositifs d’alerte occupent une place de plus en plus importante dans les organisations.

Entre 2022 et 2025, la progression des signalements apparaît nettement : 81 % des professionnels interrogés constatent une hausse des remontées sur cette période.

 

Pour près d’un tiers d’entre eux, cette augmentation se situe entre 20 % et 50 %. Un niveau qui traduit à la fois une plus grande visibilité des situations sensibles et une structuration progressive des canaux de signalement au sein des entreprises. Cette évolution suggère également que les salariés, mieux informés et mieux accompagnés, se saisissent davantage des dispositifs mis à leur disposition.

             

 

Le harcèlement moral en tête des signalements

 

Le harcèlement moral apparaît comme la première catégorie de dossiers traités : pour 68 % des professionnels, il représente plus d’un quart des signalements.

Les conflits managériaux ou interpersonnels, souvent qualifiés initialement de harcèlement, occupent également une place importante.

À l’inverse, le harcèlement sexuel, le cyberharcèlement, les agissements sexistes et les propos discriminatoires restent majoritairement minoritaires dans les dossiers recensés.

 

 

Beaucoup de signalements mais très peu menés à terme

 

Le passage d’un signalement à une enquête formelle, clôturée par une conclusion écrite, reste limité :

41 % des professionnels indiquent que moins de la moitié des signalements vont au terme de ce processus. À l’inverse, seuls 20 % estiment que plus des trois quarts des dossiers atteignent ce niveau de finalisation. Cette réalité ne signifie pas pour autant une absence de réponse, l’enquête n’étant qu’un levier parmi d’autres pour protéger la santé des salariés et mettre en place des actions adaptées.

 


Des freins multiples à la finalisation des enquêtes


Lorsqu’une enquête ne démarre pas ou n’aboutit pas à une conclusion claire, les obstacles tiennent d’abord à la qualité des informations disponibles : manque d’éléments exploitables, absence de témoins identifiables ou crainte de représailles. À ces difficultés s’ajoutent des limites organisationnelles, comme la surcharge des équipes RH, le manque de formation des enquêteurs ou l’absence de méthode structurée. Ces facteurs fragilisent la capacité des organisations à instruire les signalements de manière complète et sécurisée.

 


Des pratiques d’enquête encore très inégales

 

La maturité des entreprises en matière d’enquête interne reste très contrastée : seuls 24 % des enquêteurs internes se déclarent pleinement confiants dans la robustesse de leur dispositif, grâce à une méthode structurée et à un accompagnement adapté.


À l’inverse, 43 % des répondants expriment une confiance faible ou moyenne, en raison d’un manque de formalisation, de formation ou d’appui dans la conduite des investigations. Cette fragilité révèle aussi une difficulté à évaluer la solidité des rapports produits, notamment face à d’éventuelles contestations prud’homales, disciplinaires, pénales ou réputationnelles.

 

                

L’IA plébiscitée en appui, pas en arbitre

 

Le sondage révèle une forte acceptation de l’IA lorsqu’elle intervient comme outil d’assistance méthodologique et documentaire, notamment pour centraliser les pièces, assurer la traçabilité, vérifier les étapes ou aider à la rédaction factuelle.

En revanche, les professionnels restent très réservés dès que l’IA entre dans le champ de la décision. Seuls 26 % se disent favorables à une suggestion de qualification juridique, et à peine 8 % à une recommandation de décision disciplinaire.

Lire la suite...


Articles en relation