À
l’occasion de sa présidence du G7, la France a organisé ce lundi à Paris une
conférence internationale de haut niveau consacrée à la réduction des émissions
de méthane, réunissant ministres, décideurs publics, acteurs économiques,
institutions financières, experts scientifiques et représentants de la société
civile.
Dix ans après l’Accord
de Paris, cet événement vise à accélérer la mobilisation mondiale dans les
principaux secteurs émetteurs : énergie, déchets et agriculture. Responsable
d’environ un tiers du réchauffement climatique actuel, le potentiel de réchauffement
du méthane est plus de 80 fois supérieur à celui du CO₂
sur 20 ans.
Malgré les engagements
internationaux, les émissions mondiales de méthane restent à un niveau trop
élevé. La conférence a ainsi permis de réaffirmer l’urgence d’intensifier les
efforts.
Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, a appelé à une mobilisation collective autour de trois priorités :
• Accélérer les réductions des émissions de
méthane dans les secteurs clés, en particulier dans l’énergie, où des
réductions rapides et à faible coût peuvent être réalisées ;
• Renforcer la transparence et la mesure des
émissions,
grâce aux nouvelles technologies permettant d’identifier précisément les
sources de pollution ;
• Déployer des solutions concrètes et des
cadres réglementaires ambitieux, à l’image de la réglementation européenne
entrée en vigueur en 2024.
Ces priorités ont
notamment donné lieu à plusieurs engagements concrets annoncés lors de la
conférence, ainsi que nourrit la dynamique d’action.
L’initiative Oil and
Gas Methane Partnership 2.0, qui rassemble les entreprises du secteur pétrolier
et gazier qui s’engagent à appliquer les standards les plus stricts sur les
fuites de méthane, continue de s’étendre et couvre désormais près de la moitié
de la production mondiale de pétrole et de gaz. Par ailleurs, une nouvelle base
de données mondiale sur les émissions des mines de charbon est désormais
disponible, renforçant la transparence et le suivi des émissions à l’échelle
internationale.
Dans le secteur de
l’énergie, l’International Methane Emissions Observatory (IMEO) a confirmé
l’extension du système mondial d’alerte et de réponse aux émissions de méthane,
MARS (Methane Alert and Response System), aux secteurs du charbon et des
déchets, en plus du pétrole et du gaz. Cette extension renforce la capacité
internationale de détection et de réponse aux fuites de méthane.
Sur la transparence et
la mesure des émissions, un partenariat entre le Programme des Nations Unies
pour l’environnement et l’Agence internationale de l’énergie continue à
renforcer son système commun de traitement des alertes satellites. L’objectif
est d’accélérer le passage de la détection à la réponse opérationnelle sur le
terrain.
Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature a déclaré : « Nous n’avons plus besoin de débattre de l’importance du méthane : nous avons besoin de décisions, de partenariats et de résultats concrets. Sa réduction est un levier immédiat, efficace et directement mobilisable, au croisement de l’action climatique, de la sécurité énergétique et de la performance économique. La France poursuivra cette mobilisation dans les prochaines échéances internationales, notamment en vue de la COP31, afin de faire du méthane une priorité durable de l’agenda climatique mondial et d’obtenir des résultats rapides et mesurables. »


