Plus d’un journaliste sur deux (56 %) s’inquiètent d’un risque pour la qualité de l’information
des citoyens.
Six mois après l’annonce de la réduction des dépenses de communication
de l’État par le Premier ministre Sébastien Lecornu, le 23 septembre 2025,
l’agence CorioLink a interrogé les journalistes sur les effets concrets de
cette mesure. Plus d’un journaliste sur deux craint pour la transparence (53 %)
et la qualité de l’information des citoyens (56 %), et une large majorité (60
%) redoute une dégradation durable de l’accès à l’information publique.
Selon Pierre Alibert, co-fondateur de l'agence de communication CorioLink : « Avec cette enquête, nous avons souhaité objectiver les effets de la
réduction des dépenses de communication de l’État auprès d’observateurs de
premier plan que sont les journalistes. Les résultats sont sans appel : ces
arbitrages budgétaires fragilisent directement l’accès à une information
publique fiable, accessible et de qualité. Au-delà de la question des moyens
financiers, c’est un pilier démocratique qui est mis sous tension. Dans un
environnement informationnel saturé, marqué par la montée des fake news et des
manipulations, affaiblir la communication publique revient à laisser le champ
libre aux approximations, aux rumeurs et aux contre-vérités. À l’inverse, une
information publique solide et rigoureuse constitue un rempart indispensable
contre la désinformation. Il est aujourd’hui impératif de la sanctuariser et de
garantir les moyens d’un dialogue entre les institutions, les citoyens et les
médias. »
Une transparence et qualité de l’information des citoyens remise en
question
Si 42 % des journalistes estiment que la coupe des dépenses de
communication est une décision nécessaire dans le contexte budgétaire actuel,
58 % pensent qu’elle induit des répercussions néfastes.
Dans le détail, un tiers (35 %) évoque une décision préoccupante pour le
débat démocratique et l’information des publics et 23 % une décision
compréhensible mais aux effets problématiques.
Autres conséquences des coupes budgétaires : 56 % des journalistes
considèrent que cette mesure nuit à la qualité de l’information des citoyens et
53 % pensent également qu’elle affecte la transparence de l’action publique.
Une perspective de dégradation durable de l’accès à l’information
publique
Appliquée à partir de septembre 2025, la directive de restriction
budgétaire se poursuit en 2026, avec une ambition de réduction de 20 % des
dépenses de communication. Cette mesure fait craindre à 60 % des journalistes
interrogés une dégradation durable de l’accès à l’information publique.
Les relations presse, rouage indispensable de l’information publique
Sur les priorités des investissements à préserver pour l’information des
publics, le maintien les relations presse arrive en tête pour 46 % des
répondants. Les campagnes de communication auprès du grand public (spot TV et
radio, achat d’espaces publicitaires) se placent en seconde position avec 25 %
et l’événementiel complète le podium (8 %). 17 % des journalises estiment que
les efforts doivent portent sur l’ensemble de ces postes. À noter que les
sondages d’opinion ont fait l’objet d’aucune mention.
Si certaines campagnes (santé publique, recrutements de la fonction
publique) ont été pour l’heure exemptées, 44 % des journalistes interrogés
estiment que d’autres thématiques devraient bénéficier d’un maintien des
investissements : actions gouvernementales et services publics, communications
auprès des consommateurs ou encore actualités relatives à l’environnement.
Un risque de détournement des informations officielles
Face à ces nouvelles contraintes, plus de la moitié des journalistes (56
%) ont déjà adapté leurs pratiques en contactant par exemple d’autres sources
ou en utilisant des canaux informels. 24 % le font fréquemment et 32 %
occasionnellement.
Si 53 % des journalistes interrogés n’ont pas observé d’évolution sur la
qualité des réponses transmises par les services publics, 33 % ont relevé des
retours moins précis et moins complets.
Néanmoins, interrogés sur la disponibilité des porte-paroles pour répondre à leurs sollicitations,
59% des journalistes indiquent ne pas avoir remarqué de changement même si 33 % ont observé une légère baisse de leur disponibilité. Enfin, sur les délais de réponses à leur demande, ils sont 24 % à constater un traitement plus long qu’auparavant contre 38 % qui estiment ces derniers globalement inchangés et 36 % très variables en fonction des administrations.


