Le Citepa, organisme
indépendant chargé du suivi des émissions de gaz à effet de serre (GES) de la
France, publie son baromètre du quatrième trimestre 2025,
permettant ainsi d’avoir la première estimation provisoire des émissions de
l’année 2025 entière.
Les émissions annuelles
de GES sont estimées en baisse de 1,5 % en 2025 (soit -5,5 Mt CO₂e)
par rapport à 2024, et s’établiraient à 363,7 Mt CO2e. Ce résultat confirme une
précédente estimation provisoire publiée en janvier. Même si les émissions
atteignent leur niveau le plus bas depuis 1990, cela confirme un ralentissement
après les fortes baisses enregistrées en 2022 (-3,9 %) et 2023 (-6,8 %).
Cette réduction reste
inférieure au rythme nécessaire, qui est de -5 % par an d’ici 2030, pour
respecter nos engagements climatiques.
En réponse, le projet
de Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) 3, publié en décembre dernier, fixe
le cadre pour renforcer la trajectoire de décarbonation et sécuriser l’atteinte
des objectifs climatiques à horizon 2030. Ce document stratégique entre dans sa
phase de finalisation, à la suite des avis des rendus par les instances, et
devrait être adopté d’ici cet été.
Une baisse des
émissions qui se confirme aux deuxième, troisième et quatrième trimestres après
un début d’année en hausse.
Après une faible hausse
au premier trimestre 2025 (+0,8 %), les émissions de gaz à effet de serre ont
ensuite baissé au deuxième (-2,5 %), au troisième (-3,3 %) et au quatrième
(-1,5 %) trimestres 2025 par rapport aux mêmes périodes en 2024.
Cette baisse des
émissions sur l’année 2025 s’explique principalement par une baisse des
émissions pour :
- L’industrie (-3,5 %, soit -2,2 Mt
CO2e), en raison d’un probable ralentissement d’activité sur certaines branches
fortement émettrices ;
- Le secteur des
transports
(-1,4 %, soit -1,7 Mt CO2e), dont la réduction est principalement portée par la
baisse des émissions des poids lourds diesel ;
- L’agriculture (-1,2 %, soit -0,9 Mt
CO2e), expliquée notamment par la réduction des émissions liées à l’élevage
bovin ;
- Le secteur des
bâtiments
(-1,5 %, soit -0,9 Mt CO2e), du fait d’une réduction de la consommation de gaz
naturel et, dans une moindre mesure, d’une baisse de consommation de fioul
domestique ;
- Le secteur de
l’énergie
connaît pour sa part une légère hausse (+0,5%, soit +0,2 Mt CO2e), liée à la
reprise d’activité du sous-secteur raffinage en 2025.
- Le sous-secteur de la production d’électricité connaît quant à lui une baisse moins marquée
(-0,5 MtCO2e
; soit -5 %) que celle observée en 2024, du fait d’un mix énergétique qui a
poursuivi sa décarbonation.
Accélérer la transition
pour respecter la trajectoire 2030
Les émissions estimées
pour l’année entière 2025 permettraient le respect du budget carbone annuel
indicatif 2025 de la SNBC 2 en vigueur (374 Mt CO2e).
Mais ce rythme est encore insuffisant. Le projet de la 3ᵉ édition de la SNBC est clair : pour atteindre
-50% d’émissions brutes d’ici 2030 par rapport à 1990, la France
doit réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 5 % par an d’ici 2030. Il
est donc urgent d’accélérer ce rythme des baisses des émissions.
La décarbonation n’est
plus seulement un impératif climatique, mais aussi une question de souveraineté
et de compétitivité. Les énergies fossiles, en plus d’alourdir notre empreinte
carbone, affaiblissent notre économie, en raison des 60 milliards d’euros
d’importations annuelles qu’elles représentent. Elles exposent les ménages et
les entreprises à la volatilité des prix et nous rendent dépendants des crises
géopolitiques, comme la crise actuelle au Moyen-Orient et avant la guerre en
Ukraine.
Le plan
d’électrification annoncé par le Gouvernement lors de l’adoption de la PPE sera
une réponse concrète pour offrir des solutions aux ménages et aux entreprises
pour accélérer l’électrification des usages et réduire notre dépendance aux
énergies fossiles importées. Il concerne les transports, les bâtiments, le
numérique et l’industrie. Il ciblera en priorité les publics les plus fragiles,
les professions les plus dépendantes des énergies fossiles.
Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature déclare : « La baisse des émissions en 2025 se confirme : c’est une bonne nouvelle, mais elle demeure insuffisante. Pourtant, nous connaissons déjà les solutions. La crise énergétique que nous vivons depuis quelques semaines et le plan d’électrification récemment annoncé rappellent l’urgence de renoncer aux énergies fossiles. Une telle transition réduirait nos émissions de gaz à effet de serre tout en consolidant notre indépendance énergétique, en améliorant notre balance commerciale et en abaissant les coûts pour les citoyens et les entreprises. »
Le Citepa publie chaque trimestre un baromètre portant notamment sur les émissions de gaz à effet de serre. Il permet de suivre l’évolution des émissions au fil de l’année en cours et de comparer les émissions par trimestre avec l’année précédente. Il s’agit de données provisoires et tous les secteurs ne sont pas estimés (les déchets et les secteurs de l’utilisation des terres, de leur changement d'affectation et de la forêt, pour lesquels les émissions sont reportées de l’année précédente).
En complément, le Citepa propose des estimations prévisionnelles des émissions de gaz à effet de serre de l’année en cours, en collaboration avec l’Insee, afin de permettre d’anticiper l’atterrissage annuel.


