Avec un solde
positif de +19 en 2025, la France continue d’ouvrir et d’agrandir davantage
d’usines qu’elle n’en ferme, portée par une dynamique qui se maintient grâce
aux extensions significatives. Toutefois, dans un contexte international
dégradé, le ralentissement se confirme, avec un solde en recul par rapport à
2024 (+88).
Le Baromètre industriel
de l'État est un indicateur coordonné et élaboré par la Direction générale des
Entreprises (DGE), dont l'objectif est de mesurer, de manière semestrielle,
l'évolution de la réindustrialisation en France. Les ouvertures et extensions
significatives, ainsi que les fermetures et réductions importantes, sont
comptabilisées sur la base de l'effectivité, c’est-à-dire à partir de la
première ou de la dernière production sortie de l'usine.
Avec un solde positif de +19 en 2025, la France poursuit une dynamique où les ouvertures et extensions d’usines demeurent supérieures aux fermetures. Si les ouvertures d’usine tendent au ralentissement, ce sont les extensions qui tirent cette dynamique positive qui résiste, à un niveau proche de celui observé
en 2024.
En effet, les 158
extensions significatives1 d’usines recensées en 2025 permettent d’obtenir un
solde d’usines positif. Elles sont comptabilisées au même titre que les
ouvertures d’usines dès lors qu’elles ont un impact substantiel sur le tissu
économique territorial. Sont ainsi comptabilisées les extensions qui
représentent une augmentation de plus de 40% de la capacité de production, de
la valeur ajoutée et/ou des effectifs salariés et/ou une augmentation pérenne
de 50 salariés.
Les projets industriels
continuent de se développer sur le territoire. Cela se traduit notamment par un
niveau élevé de projets soutenus par le crédit d’impôt pour l’industrie verte
(C3IV), l’appel à projets Première usine du plan d’investissement France 2030
ou encore les annonces issues des dernières éditions de Choose France. En 2026,
ces seuls dispositifs représentent plus de 150 projets d’usines en construction
ou en préparation.
La stratégie
industrielle du Gouvernement en matière de soutien aux industries de
souveraineté se traduit par des ouvertures d’usines en France : la défense,
l’aéronautique et le spatial (+19) se distinguent parmi les plus dynamiques,
aux côtés de l’électronique (+12). S’y ajoute l’ouverture d’usines liées aux
politiques d’électrification et en faveur de la transition écologique de
l’industrie.
Si la dynamique reste
positive, les tensions mondiales et l’essor des surcapacité asiatiques tendent
à la ralentir. Certains secteurs, comme le transport, la chimie, la mécanique
ou la métallurgie, présentent des soldes négatifs. Face à cela, la France garde
le cap de sa politique de compétitivité industrielle, de soutien à l’innovation
couplée, au niveau européen, par un renforcement inédit des mesures de défense
commerciale.
Par ailleurs, la
réindustrialisation passe par une politique volontariste de soutien à nos
usines et à leurs emplois via la mise en oeuvre d’une préférence européenne qui
doit leur donner un avantage sur les productions étrangères.
Enfin, le cap de la décarbonation est maintenu mais couplé à un principe de juste concurrence que permet la mise en oeuvre, depuis le 1er janvier 2026, du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), afin d’éviter tout contournement préjudiciable aux industries européennes.


