Le point de vue du Syndicat des Indépendants et des TPE (SDI).
Face à la flambée des
prix de l’énergie et du carburant, le gouvernement privilégie des mesures
ciblées à destination des secteurs les plus exposés, notamment les
transporteurs, agriculteurs ou pêcheurs.
Ces derniers jours, la
hausse des prix du carburant à la pompe, parfois de plusieurs dizaines de
centimes en quelques jours, ravive les inquiétudes des petites entreprises
quant à l’évolution de leurs charges d’exploitation.
En rappelant que l’État
n’était plus dans une logique de « quoi qu’il en coûte », la porte-parole du
gouvernement, Maud Bréjon, a posé le cadre des réponses publiques.
Pour Marc Sanchez,
secrétaire général du SDI : « Un gouvernement qui se contente d’expliquer
qu’il n’a plus d’argent est un gouvernement qui clame son impuissance, ce qui
finit toujours par coûter très cher aux Français. À force de renoncer à agir,
il laisse les TPE absorber seules les chocs.
Dans un pays qui
demeure la septième puissance économique mondiale et l’un de ceux où les
prélèvements sont les plus élevés, une telle situation interroge directement la
capacité de l’action publique à répondre efficacement aux crises économiques —
et révèle des défaillances manifestes dans la manière dont elle est aujourd’hui
conduite.
Ce que les
entrepreneurs attendent aujourd’hui, ce ne sont pas des constats ni des visites
symboliques dans des stations-service, mais des décisions, des réformes et une
stratégie. »
Des annonces limitées
face à l’ampleur de la crise
Les dispositifs
reposent principalement sur des facilités de trésorerie (délais de paiement,
reports de charges), jugées insuffisantes pour compenser la hausse des coûts
énergétiques.
Plusieurs secteurs
concernés ont d’ailleurs déjà exprimé leurs réserves quant à l’impact immédiat
de ces mesures.
Une grande partie des
TPE de proximité reste ainsi sans solution adaptée.
Des TPE
particulièrement exposées à un risque de bascule rapide
Commerçants, artisans,
indépendants, professions libérales cumulent plusieurs fragilités : coûts
énergétiques incompressibles, faible pouvoir de négociation et trésoreries
limitées.
Dans ce contexte, la
hausse des prix de l’énergie exerce une pression immédiate sur les marges,
alourdit les charges et accentue les tensions de trésorerie, au risque de
fragiliser durablement les activités locales.
Une question de
priorités publiques
Les annonces sur la
réduction des dépenses publiques ou la relance de la productivité n’ont pas
donné lieu à des traductions concrètes dans les lois de finances 2024, 2025 et
2026.
Dans un contexte de
crise énergétique, cette situation interroge la capacité à orienter
efficacement les moyens publics vers l’économie réelle et les entreprises de
proximité.
Le risque est désormais clair : une crise énergétique peut se transformer en crise des TPE de proximité.


