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[Etudes] En France, 45 % des entreprises ne savent pas quelles compétences il leur faudra dans deux ans

Pour plus d’un tiers des RH, la gestion des effectifs est une priorité.

En Europe, 51% des professionnels RH considèrent la gestion des effectifs comme une priorité majeure en 2026. Pour 38 % des RH français, la priorité est d’avoir assez de personnel et de mieux planifier. Cela peut sembler paradoxal dans un contexte où l’automatisation et l’adoption de l’IA sont massives. Pourtant, c’est justement cette montée en puissance qui pousse 25% des acteurs à renforcer la gestion de leurs équipes.

 

Autre enseignement marquant : actuellement lors des phases de recrutement, les entreprises s’intéressent plus aux compétences et aux aptitudes qu’aux intitulés de poste des candidats. Ces résultats proviennent de la nouvelle étude du prestataire européen de solutions RH, SD Worx, menée auprès de 5 936 responsables RH Europe (300 en France) et 16 500 salariés dans seize pays européens (dont 1 000 Français).


L’IA, les pénuries de talents et d’autres facteurs poussent les RH à se concentrer davantage sur la gestion des effectifs. En France, plus d’un tiers des employeurs (38 %) la considèrent comme une priorité importante pour 2026. Parmi ces 38 %, les raisons invoquées se répartissent autour de plusieurs priorités ; au premier rang desquelles la sécurisation des effectifs et l’efficacité de gestion (43 %). Viennent ensuite l’amélioration de la continuité de service et l’expérience client (41 %) ainsi que l’anticipation des départs à la retraite et des évolutions démographiques (40 %). Les pénuries de talents et l’augmentation du turnover (38 %), puis la conformité à des réglementations complexes (27 %), complètent le top 5. Les évolutions technologiques jouent également un rôle : 25 % renforcent leur focus sur la gestion des effectifs pour se préparer à l’automatisation et à l’IA.

 

Alors qu’en Europe, plus d’un professionnel RH sur deux (51 %) fait de la gestion des effectifs une priorité majeure pour 2026, le niveau plus bas observé en France peut suggérer non pas un désintérêt, mais une façon différente d’aborder le sujet : moins comme un chantier de transformation RH formalisé, et davantage comme une réponse opérationnelle à des tensions immédiates. Cette approche semble être motivée par le pragmatisme et serait centrée sur la continuité d’activité et la capacité à tenir la charge au quotidien.

 

55 % regardent au-delà des intitulés de poste

 

Pour les entreprises, la gestion des effectifs évolue en permanence. Ainsi, plus de la moitié des employeurs français ne se limitent plus aux intitulés de poste et s’intéressent de plus en plus aux compétences des candidats. 31 % privilégient une gestion stratégique des effectifs plutôt qu’opérationnelle, afin d’identifier les besoins futurs en talents et en compétences. Toutefois, seuls
24 % se concentrent sur les deux aspects. Dans le même temps, 45 % des entreprises françaises n’ont aucune vision claire des compétences dont elles auront besoin dans les deux à trois prochaines années.

 

66 % des salariés jugent la mobilité interne « difficile » dans leur entreprise

 

Il semblerait que les entreprises françaises aient une faible connaissance des compétences déjà présentes au sein de leurs organisations. Plus de la moitié des salariés (54 %) estiment que leur talent et leur potentiel ne sont pas pleinement exploités dans leur poste actuel ; seuls 34 % perçoivent des possibilités d’évolution ou de changement de poste au sein de leur structure. Plus des deux tiers (69 %) considèrent également que leur entreprise ne facilite pas l’exploration d’opportunités internes — postes, rôles ou projets — correspondant à leurs compétences et à leurs centres d’intérêt.

 

Les employés portent un regard légèrement plus positif sur la planification quotidienne de leur activité.
59 % parviennent à coordonner efficacement leur travail avec leurs collègues, et 45% estiment que l'équipe s'organise de manière structurée et efficiente. Toutefois, un déficit d'accompagnement persiste dans de nombreuses organisations : plus de six salariés sur dix (62 %) déclarent ne pas disposer d'outils technologiques adaptés pour planifier efficacement leur charge de travail.
 

Trouver le juste équilibre entre l’humain et la technologie

 

Pour 52 % des entreprises françaises, les managers ont aujourd’hui les outils nécessaires pour dimensionner efficacement les effectifs. Ces solutions gagnent aussi en importance, notamment grâce à l’impulsion de l’IA. Pour autant, le rôle de l’humain reste central : à ce stade, seuls un quart des employeurs (24 %) estiment que la gestion des effectifs devrait être entièrement automatisée, tandis que 41 % préfèrent une approche combinant humains et technologie. Concernant l’enregistrement du temps de travail, 34 % se disent ouverts à une automatisation totale via l’IA.

 

« Les entreprises doivent planifier avec soin l’allocation de leurs ressources humaines, dans l’immédiat et à long terme », déclare Jean-Baptiste de Charette, Market Leader France chez SD Worx. « Cela commence par une bonne compréhension du travail à réaliser, des compétences des salariés et du contexte global dans lequel les équipes évoluent. Pour y parvenir, les RH doivent aussi travailler avec d’autres départements, comme l’IT, la finance et les opérations. La gestion des effectifs ne doit pas se faire “au coup par coup” ni dans l’urgence : c’est une démarche continue, tournée vers l’anticipation. Les scénarios permettent de se préparer aux évolutions à venir. Rendez visibles les compétences et missions au sein de votre entreprise, tout en offrant aux collaborateurs des opportunités de mobilité – que ce soit entre équipes, par rôles ou par projets. Cela permet de mieux valoriser les talents et de rendre l’entreprise plus agile. »

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