L’Autorité des marchés financiers publie une édition spéciale de son Baromètre de l’épargne et de l’investissement, consacrée aux placements financiers des femmes. Cette étude analyse leurs attitudes et leurs perceptions face à l’investissement.
En 2025, elle met de nouveau en évidence un écart
significatif : les femmes sont deux fois moins nombreuses que les hommes à
investir.
Un sous-investissement
persistant des femmes
En 2025, les femmes
demeurent nettement moins nombreuses que les hommes parmi les investisseurs :
elles représentent seulement 38 % des investisseurs en bourse, 36 % des
investisseurs en financement participatif et 26% des investisseurs en
crypto-actifs. Cette place très minoritaire résulte, en partie, de situations
financières différentes, les femmes déclarant dans le cadre du baromètre AMF
des niveaux de revenus et de patrimoine financier inférieurs à ceux des hommes.
Notre enquête montre aussi une moins grande confiance dans l’évolution de leur
situation économique et financière (28 % des femmes se disent confiantes,
contre 39 % des hommes en 2025).
Si les femmes restent
massivement moins nombreuses à investir, on observe toutefois, depuis 2023, une
légère tendance à la hausse de la part des femmes déclarant détenir des
produits d’investissement : en 2025, 24 % des femmes ont déclaré investir en
bourse depuis un compte-titres ou un PEA ou en crypto-actifs ou dans le cadre
du financement participatif (45 % des hommes), après 23% en 2024 et 21% en
2023. Les femmes qui investissent sur ces produits sont le plus souvent des
jeunes femmes de catégories socio-professionnelles supérieures (48 % des femmes
CSP+ de moins de 35 ans y investissent).
Des comportements
différents face à l’investissement
Les données du
baromètre montrent qu’en 2025, plus de la moitié des femmes interrogées
refusent toute prise de risque en matière d’investissement (51 %, contre 31 %
des hommes).
Les chiffres confirment
également une moindre confiance des femmes dans leurs connaissances financières
: seules 28 % d’entre elles se déclarent compétentes en matière d’épargne et de
placements, contre 51 % des hommes. Cependant, lorsque leurs connaissances sont
testées, les réponses apportées par les femmes montrent qu’elles surestiment
moins leur niveau que les hommes : 9% répondent correctement aux trois
questions posées dans le cadre du baromètre, contre 15 % des hommes.
En 2025, une femme sur deux a déclaré ne pas s’informer sur la Bourse et les marchés financiers
(50 %
contre 27 % des hommes). De façon cohérente, elles sont moins nombreuses à dire
s’intéresser aux placements en actions (25 % contre 45 % des hommes) et à faire
confiance à ce type d’investissement (24 % contre 44 % des hommes).
Des différences
apparaissent selon les profils. Les femmes CSP+ de moins de 35 ans sont plus
nombreuses que les autres femmes à accepter un peu de risque pour leurs
placements (61 % d’entre elles, contre 32 % pour les autres femmes). Elles sont
aussi bien plus nombreuses à envisager d’investir en actions (69 % d’entre
elles, contre 31 % pour les autres femmes).
Une autonomie
croissante des femmes au moment de choisir un placement
En l’espace de trois
ans, la part des femmes déclarant choisir seules leurs placements a
sensiblement augmenté. Elles sont aujourd’hui aussi nombreuses que les hommes à
le déclarer (46 % contre 43 % des hommes). Parallèlement, la part des femmes
indiquant choisir leurs placements en suivant la recommandation d’un
professionnel a fortement baissé, passant de 32 % en 2023 à 23 % en 2025.
Au sein des détenteurs
et détentrices de produits d’investissement, les écarts sont moins marqués
Parmi les détenteurs de
produits d’investissement, les femmes sont aussi nombreuses que les hommes à
détenir des actions cotées (33 %), des fonds d’investissements (23 %) ou à
avoir investi dans le financement participatif (22 %).
En revanche, des écarts subsistent concernant certains supports : elles sont proportionnellement moins nombreuses à détenir des ETF (10 %, contre 18 % des hommes) ainsi que des crypto-actifs (20 %,
contre 33 %).
Logiquement, les femmes qui investissent sont presque aussi nombreuses que les hommes à rechercher de l’information sur la bourse (86 % contre 93 % des hommes qui investissent) et partagent une vision similaire des placements en actions : elles sont 59 % à déclarer s’y intéresser (66 % des hommes),
58 % à avoir confiance dans ce type
de placement (63 % des hommes) et 77 % à les juger intéressants à long terme
(79 % des hommes).
« Le
sous-investissement des femmes est un problème majeur : je tire la sonnette
d’alarme ! C’est un manque à gagner pour les femmes qui sont moins armées pour
assurer leur autonomie financière et leur avenir. C’est un manque à gagner pour
l’économie qui a besoin de plus d’investissements. Il est donc essentiel que le
monde financier s’intéresse davantage aux femmes et les encourage à prendre en
main leurs finances. » Marie-Anne Barbat-Layani, la présidente de l’AMF.


